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jeudi 18 janvier 2018

Un intrus dans le hamac

Il est beau mon gecko!
J'ai des nouvelles de Tarutao par Esther et Akki. Ils sont 4 actuellement à Ao Molae. Pour manger il faut marcher 5 km vers Ao Pante ou Ao Son. Le soir une cuisinière prépare un truc pour les téméraires qui restent. Car les gardes doivent bien manger. Aussi ils ont la même chose, sans choix je suppose. Esther se débrouille le midi. Il faut dire que ce sont de vrais Robinson, ils pèchent et collectent les coquillages. Personne ne sait dire quand le cuisine du restaurant sera terminée. Quelques jours... Mais personne ne s'avance sur une date. On a vu ce que ça donnait l'an dernier avec les travaux de voirie ! Donc je vais rester là sans doute plus que prévu.
Car ce matin après le petit déjeuner, j'ai trouvé quelqu'un dans mon hamac ! C'est un habitué, qui vient chaque année et se met toujours là. Il pensait que les gens avaient laissé le camp comme ça, partis quelques jours sur d'autres îles. Mouais... et avec mon linge qui pendouillait ? Il va passer les deux mois sur Adang et me demande quand je pars. Car il veut s'installer quand je pars. Mon petit coin secret, y en a d'autres qui l'ont donc découvert.... Ça me pose un petit problème : je comptais passer les deux premières semaine de mars sur Adang, avant mon départ. Mais il sera là. Ce qui veut dire le coin pris. Ce n'est pas que je sois psycho rigide, mais cet endroit est celui qui me procure du plaisir, où j'aime me relaxer, qui offre une petite clairière parfaite pour accueillir un hamac à l'ombre et qui dispose de petits arbustes tout autour qui me coupent du vent. En plus c'est en bout de plage, rare sont ceux qui viennent jusque là ; bref c'est l'endroit parfait. Tout le charme de Adang est rompu si je n'ai pas ce coin là. Et y en a pas d'autres autour. Il faut rester sur le camp dédié, vaste, sous un bois de filaos, mais en plein vent, avec les toilettes derrières, dominées par les huttes des gardes. Donc pas très tranquille. Du coup, je vais rester jusqu'à ce que je sois repu de l'île.
Pour les massues torture du Moyen Age?
Le type qui squattait mon hamac est un joueur de biniou. Il s'est déplacé plus loin sous un arbre mais je l'entends bien trop. C'est très désagréable, j'ai l’impression d'avoir un charmeur de serpents à côté, même quand il a fini je l’entends encore pendant une dizaine de minutes dans ma tête. Pour se relaxer et faire le vide, c'est pas top. Et puis ça couvre le murmure des vagues et du vent dans les arbres, du coup ça ruine un peu mon expérience. Je suis allé le voir pour lui dire tout ça. C'est pas comme s'il était là que pour la journée. Ça tous les jours... En plus il compte jouer de 8 à 12 tous les matins. Mais, compréhensif, il a mis sa chaise un peu plus loin.
Je disais l'autre jour que je n'avais pas vu un macaque. Eh bien, j'aurais bien fait de me taire. Ils vaquent autour du dépôt d'ordures, avec les varans. Mais ils s'aventurent plus loin. J'ai découvert ce matin mon chapeau par terre, grignoté. De même que le sac en plastique où j'avais mis la lessive spéciale mains. Le sac était éventré et le carton de lessive scalpé. Ils ont pas dû en prendre beaucoup. Tout ce qui ressemble à ce qui peut contenir de la bouffe est systématiquement saccagé. C'est la loi des macaques. C'est donc désormais avec 4 sacs que je fais mes allées et venues sur le camp. Une vraie mule. Un pour le matériel électronique, les sous et le passeport. Un autre pour les affaires de toilette, pyjama, thé, bouquins... le troisième pour des habits de rechange et le dernier pour l'appareil photo. Pas très pratique.
J'avais oublié l'alarme du matin. Tous les insectes se mettent à lancer un cri strident et continu comme celui d'une scie, très fort. Ça te réveillerait un mort. J'ai enregistré un extrait ici.



Heureusement ça s’arrête comme ça a commencé, d'un coup d'un seul, au bout de 15 minutes. Et le soir ils remettent ça, avant le coucher du soleil. Ils ont une horloge incorporée ou quoi ? Donc 6h30 est l'heure limite de lever. A moins de se rendormir après.
Les couchers de soleil sur Adang sont fabuleux. Le soleil se pose sur la mer à exacte distance entre Koh Lipe et Koh Adang. Tout le camp s'embrase alors. Les troncs des filaos flamboient et le vert de la végétation ressort fluorescent. Après, les geckos descendent de sous les toits pour se rapprocher des lampes où ils guettent les bestioles ailées. J'aime leur ricanement sarcastique. Ils côtoient d'autres lézards à la peau diaphane qui grimpent aux murs. Ceux là sont tous petits et couinent très forts eux aussi. Comment un si petit truc peut il sortir un son pareil? Bon, les geckos c'est encore pire. J'en ai un dans un arbre dans le secteur de la tente qui vit dans un arbre assez loin mais que j'entends quand même.
Pour bien commencer mon séjour, je renoue avec les valeurs sûres. Mon premier plat du soir c’était le poulet aux noix de cajou. Aujourd'hui c'est le curry vert. Je ne regarde toujours pas la carte, elle n'a pas changé, ni les prix d'ailleurs. Je me remet dans le bain , j'ai l'impression d'être chez moi. J'ai mes repères, mes habitudes. Comme un vieux, quoi...

Petite visite virtuelle en vidéo du camp










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