C'est le petit nom
caractéristique de cet adorable oiseau que j'appelle un toucan.
C'est en fait un calao pie. Il appartient à la famille des
Bucérotidés qui compte 13 genres et 59 espèces. Celui ci vit en
Asie, dans un territoire délimité par le Népal, le Bangladesh,
l'Inde, l'Indonésie, le Vietnam et la Chine. C'est un oiseau d'une
envergure de 60 cm qui pèse entre 550 et 900 g. Il aime les zones
découvertes et sèches. Il ne s'aventure jamais dans la jungle.
C'est pour ça qu'on ne le trouve sur Koh Tarutao qu'au niveau de Ao
Pante, le quartier général du parc. Ici sur Adang, il squatte le
camp, avec ses filaos et surtout son drôle d'arbre couvert de baies
blanches à la base des branches dont il raffole. Ils sont très
nombreux le matin à prendre le petit déjeuner par là. Ils ont un
cri qui suit la mesure et qui va fortissimo pour s'achever dans un
crève tympan :
Quand il s'aventure au sol, il a l'air d'un jouet, un gros corps dodu sur deux pattes cachées par son corps, un peu à la manière d'un pingouin. Quand il s'envole c'est de toute beauté, ses ailes ornées de pointes blanches donnent l'impression d'admirer un éventail géant. Je n'arrive toujours pas à le photographier en vol, avec le zoom c'est impossible à cadrer et surtout les vitesses d'obturation associées sont trop faibles pour avoir le sujet net, comme figé en plein vol. Mais j'ai espoir. Je guette, toujours prêt à dégainer l'appareil.
La fille qui vend des
noix de coco, c'est Da. Elle porte bien son nom. Elle ponctue tout ce
qu'on dit par des « AahhhhOoooohh ». Elle est très
curieuse. Tout y passe : où je vis, si je suis marié, quel est
mon travail, combien de temps je reste, quel est mon âge, où je
campe.... Elle m'a même proposé de les accompagner ce soir pour une
virée sur Koh Lipe. Ils vivent tous ensemble dans une bicoque à 20
pas de son stand de cocos, de style Thaï qui ne paye pas de mine et
qui ne doit pas avoir l'eau courante. Elle va faire la vaisselle à
une pompe à côté des toilettes. Quant aux douches, j'ai
régulièrement la visite de thaïs qui n'ont rien de campeurs. Ils
sont je ne sais combien dans la bicoque.
Il y a tous les âges, on ne sait quel môme est à qui, qui est frère, sœur, parent, femme ou mari. La proposition d'aller s'encanailler sur Koh Lipe est touchante pour l'attention mais ça ne me dit rien qui vaille. Comme on sait je déteste cette île et puis dépendre d'un groupe pour prendre le bateau de retour à je ne sais quelle heure, bof... J'ai donc botté en touche, en réservant ma réponse pour plus tard, question de pas la froisser.
Il y a tous les âges, on ne sait quel môme est à qui, qui est frère, sœur, parent, femme ou mari. La proposition d'aller s'encanailler sur Koh Lipe est touchante pour l'attention mais ça ne me dit rien qui vaille. Comme on sait je déteste cette île et puis dépendre d'un groupe pour prendre le bateau de retour à je ne sais quelle heure, bof... J'ai donc botté en touche, en réservant ma réponse pour plus tard, question de pas la froisser.
Il n'y a pas que moi qui
n'aime pas Koh Lipe. Il y a un couple qui s'est échappé pour finir
sur Koh Adang, au hasard d'un pécheur qui leur a proposé de les
amener là. Ils n'en reviennent pas comme c’est bien ici. Quel
contraste avec Koh Lipe alors qu'il suffit de 10 minutes en barcasse.
Il doit même pas y avoir deux kilomètres, pour un peu on pourrait y
aller à la nage. La fille est grecque ; et devinez quoi :
elle passe ses vacances en Crète! Le monde est petit. On a pas mal
parlé de la Crète et je leur ai donné plein d'infos sur Adang :
le point de vue, la cascade, les coraux, les bungalows, le camping.
Ils sont sur Lipe dans un dortoir, le pire qui soit selon eux, le
plus bruyant en tout cas, avec du bordel à toute heure. Ils se
sentent revivre sur Koh Adang et s’imaginent déjà lire tranquille
sous un arbre, au calme. Et quand je leur ai annoncé le prix du
bungalow ils n'y croyaient pas. C'est le prix de leur dortoir pourri
pour un truc moderne avec vue sur mer et adossé à la jungle. Ils
sont allés réserver illico un bungalow.
Hélas ils sont à présent complets. En effet un groupe thaï de Chang Mai est en vacances et a réquisitionné tous les bungalows. Le camping se remplit aussi à vue d’œil. On voit que février approche. La période de pointe du 15 février au 1er mars sera bientôt là, il sera temps pour moi de m'enfermer sur Tarutao à Ao Son.
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| Langkawi au fond |
Hélas ils sont à présent complets. En effet un groupe thaï de Chang Mai est en vacances et a réquisitionné tous les bungalows. Le camping se remplit aussi à vue d’œil. On voit que février approche. La période de pointe du 15 février au 1er mars sera bientôt là, il sera temps pour moi de m'enfermer sur Tarutao à Ao Son.
Il se pourrait d'ailleurs
que je rejoigne Tarutao plus vite que prévu. Quand on a goûté au
calme inhabituel de Janvier sur Adang, c'est dur de voir le monde
arriver. Côté recrues, on a le couple d'Italiens avec la femme bien
cambrée aux seins comme des obus qui donnent l'impression d'être
prêts à péter à la gueule si t'y passes trop près. Je les avais
vus sur Tarutao la première fois et depuis, chaque année sur Adang.
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| Un gros varan |
Depuis quelques jours il y a aussi un truc qui me chagrine. Des
speedboats mouillent là les après midis, une fois leur traversée
effectuée. C'est plein de jeunes bruyants là dedans, qui poussent
la radio et crient. Cet après midi c'était le pompon. Des basses
sourdes auxquelles il est impossible de se soustraire où que l'on
aille. 4 speedboats ont jeté l'ancre au milieu des coraux, à
l’intérieur de la zone de snorkeling, juste en face de mon hamac,
à 50 mètres du rivage. J'ai fait la police, je suis allé voir un
ranger. Ce n'est pas normal qu'ils soient là. C'est un parc national
et donc ça devrait être protégé. Attendez de voir comment ça se
passe en Thaïlande. Déjà pour trouver un ranger ici il faut se
lever de bonne heure. Ce sont tous des petites mains, dévolues à
des tâches bien précises : cuisine, plonge, comptoir,
réception, ménage, noix de cocos...
Pour le service d'ordre y a
personne. Je suis quand même allé à la réception. La fille a
daigné m'accompagner, traînant le pas, pour s'arrêter net une fois
qu'elle a vu les bateaux : trop loin, elle ne peut pas nager
pour leur dire, « sorry, very sorry ». Pendant ce temps
là les types foutent le bordel, détruisent les coraux et pèchent,
mais c'est pas grave. Qu'à cela ne tienne, je suis allé les voir à
la nage, en pipotant un peu, en leur disant que j'avais parlé à un
garde, qu'ils n'avaient pas le droit d'être là à cause des coraux
et qu'ils devaient se déplacer ailleurs. Goguenards, ils m'ont
répondu qu'ils péchaient. Merci, javais vu. De peur de
représailles, ils sont tout de même allé un peu plus loin au bout
de dix minutes, pour revenir quelques temps plus tard, une fois
qu'ils ont vu que personne ne venait leur dire quoi que ce soit. Déjà
j'ai le fou du biniou du matin, maintenant les speedboats l'après
midi, mon petit paradis commence à se perdre. Pourquoi personne ne
respecte rien, ce silence et cette nature ? Parce qu'elle n'a
pas de valeur, que c'est une beauté discrète ? On dirait que
je suis le seul à m'en soucier et m’enivrer des chants
d'oiseaux...








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