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| Ça mérite bien qu'on y passe une demie heure non? |
Ou plus en hauteur aussi, avec une petite escalade de la colline rocheuse qui borde la plage. L'occasion d'avoir un aperçu différent sur la côte. C’est très facile de grimper, les parois ne sont pas raides du tout et il y a des arbres auxquels se tenir, positionnés juste dans les bons endroits. Avec la sécheresse ils n'ont plus de feuilles, ce qui permet d'avoir un point de vue. Par contre, on ne peut pas avoir un aperçu de la plage dans sa longueur, juste une portion.
Le camp est moins anonyme
que je ne pensais. Du personnel du parc que je n'avais pas remarqué
avant, me voyant récupérer mes sacs à la réception, me demandent
si je m'en vais et quand je reviendrai. J'ai droit à plus
d'attention.
Comme quoi ils avaient dû repérer que cela faisait un moment que j'étais là. Si j'étais resté plus longtemps, peut être que j'aurais réussi à dérider le clown triste. La fille aux bras ballants qui sert les plateaux esquisse déjà un sourire timide, c’est pour dire !
Comme quoi ils avaient dû repérer que cela faisait un moment que j'étais là. Si j'étais resté plus longtemps, peut être que j'aurais réussi à dérider le clown triste. La fille aux bras ballants qui sert les plateaux esquisse déjà un sourire timide, c’est pour dire !
Hier midi, c'était la
razzia au restaurant. Des asiatiques en excursion ont débarqué sans
prévenir. Ils s'en sont mis plein la panse et ont laissé la moitié
des plats. Les tables débordaient de nourriture avec plein de trucs
différents, comme dans un banquet orgiaque. Et quand ils débarquent,
ce n'est pas à moitié. Ils ont pris toutes les tables et même
celles en terrasse. Quand je suis arrivé pour me rassasier, j'ai
trouvé les cartes de menu enlevées, avec un papier sur le
comptoir : « Basil leaves on rice with chicken ».
Il n'y a plus que ça, ils ont tout bouffé ces goinfres ! Même plus à manger pour ceux qui résident ici. J'avais envie de fruits, j'ai fait la queue devant une table où personne ne touchait à la pastèque, comme un chien attend qu'on lui jette un truc par terre – on ne sait jamais. Quand ils ont enfin levé leur gros cul, j'ai foncé sur le plat à pastèque mais l'équipe qui débarrassait en même temps s'en était déjà saisi. Tel un macaque, j'ai pris l'assiette, glissant un « Can I ? », qui n'était de toute façon pas une option. Sans doute peinés que j'en vienne à piquer les restes, j'ai eu droit plus tard à une assiette de pastèque, pendant qu'ils s'en allaient jeter celle que j'avais subtilisée. Sans doute pour des raisons d'hygiène.
Sinon, en temps normal,
le soir, ça devient de plus en plus calme. On voit qu'on arrive en
fin de saison. Il y a une vraie différence avec une dizaine de
jours. Pour preuve hier soir, nous n'étions que 8 à dîner. Certes
tout le monde n'était pas là à manger en même temps, mais
normalement, quelle que soit l'heure, il y a toujours au moins une
bonne vingtaine de personnes attablées. Pourtant il n'y a pas
forcément moins de tentes. Il faut dire que celles que l'on voit
sont là à demeure. J'en ai la certitude. Je suis retourné
inspecter le coin. Il n'y a aucun touriste. L'espace autour des
tentes est nickel, parfaitement ratissé, il y a des blocs cuisines
sous des bâches et même un fil qui court et qui mène à un panneau
solaire, large et encombrant. Je vois mal des touristes se trimbaler
ça.
Pour autant ce ne sont pas des pécheurs, plus des espèces de
hippies de la mer, cheveux longs noués avec un bouc au bout du
menton, vêtus juste d'un pantalon, de ceux aux jambes larges qui se
nouent autour de la taille jusqu'à ce que ça serre. Ils ont une
guitare et passent leur journée à faire des mobiles en nouant du
fil de pêche à des morceaux de corail. Il y en un peu partout
accrochés aux arbres au bord de la plage. Une tente en est couverte
tout autour au point de faire comme ces rideaux de plastique – qui
sont eux absolument ignobles – que l'on plaçait jadis aux entrées
de maison pour laisser entrer l'air mais pas les mouches. Ils sont
très amicaux, quand on passe à côté ils saluent spontanément. On
ne les voit jamais au restaurant, ils ont de grands sacs de riz et
des provisions de conserves.
Il n'y a plus que ça, ils ont tout bouffé ces goinfres ! Même plus à manger pour ceux qui résident ici. J'avais envie de fruits, j'ai fait la queue devant une table où personne ne touchait à la pastèque, comme un chien attend qu'on lui jette un truc par terre – on ne sait jamais. Quand ils ont enfin levé leur gros cul, j'ai foncé sur le plat à pastèque mais l'équipe qui débarrassait en même temps s'en était déjà saisi. Tel un macaque, j'ai pris l'assiette, glissant un « Can I ? », qui n'était de toute façon pas une option. Sans doute peinés que j'en vienne à piquer les restes, j'ai eu droit plus tard à une assiette de pastèque, pendant qu'ils s'en allaient jeter celle que j'avais subtilisée. Sans doute pour des raisons d'hygiène.
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| Les dents de la jungle |
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| Le coin des hippies |
J'ai décroché le hamac.
Ça fait tout vide, je ne reconnais plus le camp. Je m'étais bien
étalé et chaque chose était à la bonne place. Le fil à linge
vers la paroi rocheuse pour que ça sèche plus vite, la torche
solaire à charger sur un morceau de corail juste à côté, face au
soleil, la tente au milieu des feuilles mortes que j'avais ramassées,
bien à l'abri du vent, le hamac sous les filaos, avec une bâche
parfaitement positionnée qui me procurait de l'ombre toute la
journée. Même pas besoin de la repositionner dans la journée, car
le hamac est dans le sens de la trajectoire du soleil. Tout ça avec
un mélange de sable et d'aiguilles de filaos au sol où je marchais
toujours pieds nus. J'avais pris mes marques, j'avais mes habitudes.
A poil sous le paréo noué à la taille j'allais ainsi jusqu'au bord
de l'eau avant de tout laisser en boule sous un morceau de corail
pour me baigner. Un gros plouf et je me retrouvais dans un bain, en
train de jouer avec des branches de corail mort.
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| J'ai pas envie de partir de là! |
Rares sont les personnes
à venir jusque là ces derniers jours. Le plus souvent juste pour
une balade. Comme je dois pas avoir l'air malheureux à barboter
comme un gamin dans mon lagon, avec chapeau et lunettes (précaution
indispensable si on y reste longtemps, soit une bonne demie heure qui
doit être ma moyenne), y a un type qui m'a lancé l'autre jour en
plaisantant : « Too cold ? ». A part ça j'ai
le bout de la plage pour moi tout seul, plus encore qu'à Tarutao.
Il peut se passer des heures sans que je n'entende d'autre bruit que les vagues, le chant des oiseaux, des bruits de bêtes non identifiées dans la jungle ou le vent dans les arbres qui fait grincer quelques troncs et s’entrechoquer d'autres. C'est sûr je reviendrai à Koh Adang. Chaque fois j’apprécie un peu plus cette île. Elle est différente de Tarutao, il y a moins de choses à y faire mais pour qui veut avoir les doigts de pieds en éventail au bord de l'au il n'y a pas mieux. Sable blanc, belle végétation le long de la plage, eau turquoise, petits poissons, coraux, pas grand monde (les gens restent en face du camp), et surtout pas de sandflies ! Donc jambes et bras à l'air sans crainte ! Seul désagrément : des moustiques dès que le soleil disparaît de l'autre côté de l'île, vers 17 heures. Certaines nuit il y a aussi des long tails boats. Ça dépend si la mer est calme et si c'est la pleine lune, comme ces derniers jours où l'on voit de mieux en mieux la nuit.
Il peut se passer des heures sans que je n'entende d'autre bruit que les vagues, le chant des oiseaux, des bruits de bêtes non identifiées dans la jungle ou le vent dans les arbres qui fait grincer quelques troncs et s’entrechoquer d'autres. C'est sûr je reviendrai à Koh Adang. Chaque fois j’apprécie un peu plus cette île. Elle est différente de Tarutao, il y a moins de choses à y faire mais pour qui veut avoir les doigts de pieds en éventail au bord de l'au il n'y a pas mieux. Sable blanc, belle végétation le long de la plage, eau turquoise, petits poissons, coraux, pas grand monde (les gens restent en face du camp), et surtout pas de sandflies ! Donc jambes et bras à l'air sans crainte ! Seul désagrément : des moustiques dès que le soleil disparaît de l'autre côté de l'île, vers 17 heures. Certaines nuit il y a aussi des long tails boats. Ça dépend si la mer est calme et si c'est la pleine lune, comme ces derniers jours où l'on voit de mieux en mieux la nuit.
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| Koh Tarutao à gauche et Langkawi à droite |
Le retrour à Koh Lipe
est rude. Le type du long tail boat n'a pas voulu me déposer devant
le Bundaya Resort, là où a lieu le check-in du ferry pour Langkawi.
J'ai dû descendre au plus court, à Sunrise Beach, et j'ai dû
traverser toute l'île avec mes gros sacs. Et tout ça pour le même
prix. La soit disant « walking street », est pleine de
monde, de bruit, de ces motos taxis avec un chariot sur le côté où
mettre ses bagages. Ils klaxonnent pour se frayer un chemin en
slalomant. Les touristes hébétés à la tong molle se poussent
lentement en se retournant d'un œil torve. Et pourtant Koh Lipe
pourrait faire illusion. Avec ses eaux translucides et ses coraux,
quand on arrive on pourrait penser qu'on a trouvé un petit paradis,
si on met de côté tous les bateaux et qu'on ne fait pas attention
aux bungalows derrière, ni aux antennes de téléphone. Dire qu'il y
a seulement 15 ans il n'y avait rien !
Plus que Koh Lipe, c'est
Langkawi qui me fait un choc. Je me retrouve dans un taxi à regarder
le paysage. Mon Dieu, qu'ont-ils fait de cette île ? La grande
sœur de Tarutao, juste à côté, devait être magnifique à la
base. Quand je dis la base, ça doit être très longtemps. Car je
retrouve des voitures en veux tu en voilà, des routes à deux fois
deux voies, des carrefours, des feux rouges, des enseignes, de grand
panneaux publicitaires, des stations services, des immeubles en
construction, des centres d'affaires ou commerciaux, avec des
Starbucks et des KFC, tout cela dans une complète anarchie. Comme
c'est laid ! Pourtant c'est ça le monde. Après deux mois
sortis de ce « standing », je me sens comme un petit
amazonien à qui l'on fait découvrir la ville. Et chose étrange, le
retour à la « civilisation » me fait toujours un choc,
ce qui n'est jamais le cas dans l'autre sens. J'ai toujours dans ces
moments envie de faire demi tour au plus vite. Après, on finit par
s'habituer. Et puis je reviendrai. Tester la vie à la source...












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