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mardi 30 janvier 2018

Un trésor en poste restante

Tandis que je me baignais ce matin mon attention a été attirée par un truc sur la plage, à moitié enfoui, quelque chose qui ne ressemblait pas à un de ces morceaux de corail avec lesquels je joue. C'est un beau coquillage, et surprise : il est entier. Il m'a été délivré juste en face de la tente, petit trésor laissé en poste restante. Il est tout beau, le dos blanc et l'intérieur nacré de saumon. C'est un lambis, mais pas aussi monstrueux que ceux qu'ils mangent dans les Caraïbes. Il me plaît bien, c'est devenu mon trophée. Il siège autour de ma tente et me ser de déco. Je compte bien le ramener. Je sais bien qu'il est interdit un peu partout dans le monde de ramener des coquillages, quand bien même il serait trouvé échoué. Mais bon, il est trop gros pour que je vole la maison à n'importe quel bernard l'ermite. Je vais donc le cacher discrètement au fond de mon sac, entre des T-shirts.
Lever de soleil sur Langkawi
Il n'y a pas que des coquillages qui m'arrivent quand je me baigne. Il y a aussi des poissons très curieux qui batifolent autour de mes pieds. Il sont allongés, blancs, striés de vert et de rose. Je me méfie de ce genre de poissons. Je les retrouve aussi en Crète, dans les eaux des plages sableuse et ils attaquent. Ils mordent tout ce qui bouge. Du coup, je suis tout le temps à les chasser du pied mais rien n'y fait, ils reviennent aussi sec. J'ai même réussi à shooté dans l'un d'eux. J'ai beau me mettre au bord du rivage dans 30 centimètres d'eau, ils continuent de s'approcher. Je ne sais pas s'ils me grignoteraient si je me laissais faire, mais je n'ai pas envie de tenter l'expérience. Alors je ne reste pas longtemps dans l'eau, je fais juste trempette. C'est bizarre parce que je n'ai pas souvenir les avoir vus l'an dernier. Je me rappelle plutôt que je restais des demies heures à barboter.
Da ne se paye pas ma tête. Depuis qu'elle sait que je vais sur Tarutao dans quelques jours, elle me réserve les noix de cocos les plus grosses. Elle me dit : « Stay ! No coconut Tarutao !». C'est vrai. Ça va me manquer. J'ai le cœur gros à quitter ce coin. Plus je regarde le campement plus je me dis que j'ai de la chance d'être là et de pouvoir jouer les Robinson comme ça, tout en ayant le confort d'un restaurant à 10 minutes … et d'une vendeuse de cocos ! Mais c'est bien aussi là bas. C'est différent. Plus sauvage, plus tranquille. Mais le campement y est moins beau et puis surtout il y a ces fichues sandflies. Adieu short et T-shirt, bonjour les vêtements longs et la moustiquaire de hamac. C'est pour ça que je voulais aller sur Tarutao en premier. Pour pouvoir être les doigts de pieds en éventail sur Adang après. Dans l'autre sens je traîne des pieds... En tout cas je reviendrai. Ce coin est trop bien. Y a pas d'autre endroit où l'on puisse camper comme ça au bord d'une belle plage sauvage. J'avais prévu de retourner aux Caraïbes l'an prochain. Ça me manque aussi. Mais les prix ont explosé. Pour une location de véhicule au mois, il faut compter 800 euros. D'ailleurs il est conseillé pour ceux qui restent plus longtemps d'acheter un véhicule sur place et de le revendre en partant. 
C'est ce que font tous les antillais en congé bonifié. Du coup, y a pas moyen, ce sera retour en Thaïlande l'an prochain. Et puis, que dire de ces levers de soleils sur Langkawi? Et de la pleine lune avec Koh Lipe au fond ? On a la civilisation au loin mais on ne l'entend pas. C'est sécurisant car on peut aller d'un coup de long tail boat pour médecin, pharmacie, distributeur... Tout en vivant quand même une aventure complètement déconnectée. Bref, j'aime Koh Adang ! Je comprends le fou du biniou qui y reste deux mois, il est pas si fou...





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