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dimanche 21 janvier 2018

Vaincu par un gecko !

Cela fait deux nuits que j'ai un gecko perché dans un arbre à côté de la tente qui fait exprès de crier tous les quarts d'heure toute la nuit. La journée on ne l'entend pas, il dort ! Moi c'est l'inverse la nuit j’aimerais bien dormir. J'ai beau taper dans les mains, grogner, faire tout un tas de bruits ridicules, la bestiole n'en a cure. Je suis chez lui, je n'ai pas été invité, tant pis pour moi. Je voudrais juste qu'il aille crier dans un autre arbre. Non, celui là lui plaît mieux, pourquoi en changer ? Ces créatures ont leurs habitudes. Je ne sais pas pourquoi avant je ne l'entendais pas. J'ai essayé de localiser l'arbre, seulement je suis resté à poireauter dans la jungle au milieu de la nuit en attendant que Monsieur veuille bien se manifester. Pour qui ne connaît pas les geckos, leurs cris te réveilleraient un mort aussi des boules Quies n'y suffisent pas. J'en ai enregistré un sous le kiosque de là où j'écris :



J'ai lu qu'ils pouvaient vivre jusqu'à vingt ans. Alors je ne vais pas attendre qu'il clamse pour avoir la paix. Mes nerfs commencent à lâcher. Vaincu par une petite bestiole de 30 centimètres, j'ai changé d'endroit au petit jour. Toujours dans le même secteur mais plus près de la plage, là où la végétation est plus éparse. En plus ça m'éloigne de la jungle qui part à l'assaut des montagnes et d'où surgit le crissement strident d'insectes tous les matins au lever du jour. J'ai identifié l'insecte en question. En fait je ne m'étais pas rendu compte mais ça commence et finit comme le chant des cigales. C'est donc bien une cigale. Sauf que l'espèce ici émet deux sons. Le classique pour s'échauffer puis le crissement ininterrompu en rythme de croisière.
L'autre zinzin au biniou il commence à me les briser menues. De huit heures à midi, c'est réglé comme du papier à musique. Je déteste ce qui est récurrent, on sait qu'à telle heure on ne va pas y couper. Ses gammes sont un supplice. Ça fait disque rayé. Toujours le même truc qu'il prend et reprend encore là où il a échoué ou veut s'améliorer. Des espèces de mélopées sans air, qui montent et qui descendent. Il a beau avoir mis sa chaise à 200 mètres, c'est comme s'il était à côté.
Pourquoi tous les jours ? Pourquoi 4 heures à chaque fois ? Et puis pourquoi toujours près de moi ? Il ne peut pas aller enquiquiner un autre sur le camp ? Il trouverait peut être ça charmant, lui. Les dingos d'instruments de musique, ça me connaît et ça me poursuit. C'est un chauve qui se fout des turbans sur la tête pour faire roots, qui me salue en me souriant comme il ferait une grimace, et qui pue le fennec. Pourtant sa tente est à côté des toilettes, il pourrait faire un effort ! En attendant, je passe la matinée dans le hamac avec des écouteurs sur les oreilles qui diffusent un bruit rose, un bruit continu comme celui d'une cascade. Je met le volume bas, je ne l'entends plus. Ni les vagues du reste. Bon, j'ai au moins les après midis pour m'imaginer en Robinson.
D'ailleurs j'ai eu de la visite pendant que je me baignais. Une pousse de palétuvier qui dérivait au gré des courants, prête à s'ancrer dès qu'elle trouvera un endroit où s’échouer. Juste à côté il y avait une noix de coco qui poursuivait sa traversée, prête à coloniser un rivage. Elle transportait à bord un petit crabe qui voyageait à l’œil et qui tournicotait désespérément autour de la noix de coco pour rester toujours immergé. Car une noix de coco portée par le courant ne reste pas immobile. Elle tourne en rond sur elle même comme une machine à laver. Le pauvre crabe, il devait avoir le mal de mer! C'est ainsi que la vie commence sur les îles désertes...


Nouvelle place

La plage à 2 pas

Vue du hamac

Lave-mains du resto


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