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mercredi 31 janvier 2018

Chado Cliff II

C'est la deuxième fois que je fais la balade à Chado Cliff. C'est ce point haut rocheux qui domine le camp. Vu d'en bas ça a l'air très près, un truc à faire les doigts das le nez. Pour y arriver c'est une autre paire de manches. J'y suis allé juste après le déjeuner, pour profiter au maximum des eaux turquoises qui entourent Koh Adang. Je me suis débarrassé de mes sacs au stand aux cocos. Da a préféré que je les dispose sur la terrasse de sa maison, derrière. Ainsi je peux gravir le rocher d'un pas léger. Le sentier ne fait que grimper tout du long, n'espérez pas un faux plat pour souffler. Par chance, le sentier est la plupart du temps à l'ombre mais ça ne suffit pas. Marcher dans la jungle n'est pas du tout rafraîchissant, il n'y a pas d'air.
Je m'y attendais un peu à faire ça en plein cagnard de 14 heures. Surtout que les températures montent en flèche depuis quelques jours. J'ai croisé un lézard bariolé, ces gros qui furètent toute la journée derrière la plage. Ils ne sont pas très farouches. Curieux même je dirais. Celui là, quand il a vu que je ne bougeais pas et ne lui ferais pas de mal, il est venu voir de plus près c'est hurluberlu couché à sa hauteur. Peut être était ce pour admirer son reflet dans l'objectif...
Tout le long du parcours il y a des cordes car ça grimpe sec. Mais les racines des arbres offrent un véritable escalier. A un quart du trajet, on quitte la forêt dense pour se retrouver dans une espèce de pampa sèche qui surplombe mon camp. On a une très belle vue sur la fin de la plage et les îlots en direction de Tarutao. Je ne me suis pas arrêté au points de vue 1 et 2. Je sais que le clou c'est le dernier. Il y a une portion aussi aux deux tiers du parcours où l'on se retrouve sur une corniche qui domine une vallée couverte de forêt. C'est très beau de s'arrêter un long moment pour contempler le paysage, à scruter les différentes essences d'arbres. C'est au bas de cet écrin, de ce poumon vert, que je campe. C'est de là que me parviennent les chants d'oiseaux et tous ces sons dont je me nourris dans le hamac. C'est grandiose vu d'en haut.
Le « view point 3 » marque la fin du parcours. C'est cul de sac. Mais pas pour moi, c'est mal me connaître. La vue est superbe à ce niveau, mais il y a mieux. Et puisque je suis déjà venu, autant profiter d'un autre angle. On a la meilleure vue qui soit sur le bras de mer aux eaux turquoises qui sépare Koh Adang de Koh Lipe. S'il n'y avait pas leur ombre projetée sur le sable, les long tails boats sembleraient accostés sur un banc de sable tellement la mer est limpide. Pour jouir d'une meilleure perspective sur le camp, je mes suis écarté sur la droite, en marchant sur une dalle rocheuse en pente qui se termine en précipice. Ne pas glisser... Ensuite on marche dans des herbes qui arrivent jusqu'à hauteur de cuisse puis on rejoint un bel arbre. C'est là qu'est le plus beau point de vue.
J'ai laissé mon sac avec tous mes papiers, espérons que des singes ne viennent pas par là chercher misère. Quant à mon T-shirt, totalement trempé, il pendouille au soleil comme un drapeau sur le panneau du point de vue.
Bon, je me suis encore trompé sur la meilleure heure pour Chado Cliff. Le soleil est encore trop en face. Koh Lipe ressort dans un halo bleuté et légèrement à contre jour. La prochaine fois, j'irai le matin. Vers 11 heures je pense que ce doit être bon. Je n'ai pas pris du tout de flotte, ne voulant pas m'encombrer dans l'ascension. Je compte me désaltérer avec une des noix de Da à la descente. Il n'y a pas que les sacs qu'elle me garde. J'aurais quand même dû emporter une petite bouteille car je me sens complètement déshydraté. Pourtant j'avais bien bu en partant. Je ne sais pas si c'est à cause de ça mais la descente a été très compliquée. Arrivé à mi parcours, les mollets se sont mis à trembler comme quand on a peur au bord d'un précipice. Je sentais que mes jambes ne me portaient plus. Je n'ai jamais eu ça dans le passé. Bon on mettra ça sur le compte d'un coup de chaud. Et puis passer de journées dans le hamac à un effort comme ça, ça doit jouer aussi. Quand Da m'a vu, elle m'a demandé de m'asseoir tout de suite sur sa chaise en plastique, à l'ombre.
Je ruisselais, je devais faire pale figure, avec mes jambes qui vacillaient. Elle m'a donné une grosse noix de coco à boire et m'a dit de ne pas bouger, qu'elle allait chercher mes sacs. Elle est très gentille, Da. Pendant ce temps il y avait un petit gamin de sa tribu assis dans son hamac, tout croquignolet. Je ne pouvais pas ne pas le prendre en photo. Au final j'ai mis deux heures pour la balade. Mais avec l'épisode lézard et l'arrêt de près d'une demie heure au point de vue, on peut faire ça en moins. Mais ce serait dommage de ne pas profiter des efforts accomplis. Voir pour voir, ce n'est plus mon truc. J'ai besoin de m'imprégner des choses, et de ne repartir qu'une fois bien repu...









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