C'est la deuxième fois
que je fais la balade à Chado Cliff. C'est ce point haut rocheux qui
domine le camp. Vu d'en bas ça a l'air très près, un truc à faire
les doigts das le nez. Pour y arriver c'est une autre paire de
manches. J'y suis allé juste après le déjeuner, pour profiter au
maximum des eaux turquoises qui entourent Koh Adang. Je me suis
débarrassé de mes sacs au stand aux cocos. Da a préféré que je
les dispose sur la terrasse de sa maison, derrière. Ainsi je peux
gravir le rocher d'un pas léger. Le sentier ne fait que grimper tout
du long, n'espérez pas un faux plat pour souffler. Par chance, le
sentier est la plupart du temps à l'ombre mais ça ne suffit pas.
Marcher dans la jungle n'est pas du tout rafraîchissant, il n'y a
pas d'air.
Je m'y attendais un peu à faire ça en plein cagnard de
14 heures. Surtout que les températures montent en flèche depuis
quelques jours. J'ai croisé un lézard bariolé, ces gros qui
furètent toute la journée derrière la plage. Ils ne sont pas très
farouches. Curieux même je dirais. Celui là, quand il a vu que je
ne bougeais pas et ne lui ferais pas de mal, il est venu voir de plus
près c'est hurluberlu couché à sa hauteur. Peut être était ce
pour admirer son reflet dans l'objectif...
Tout le long du parcours
il y a des cordes car ça grimpe sec. Mais les racines des arbres
offrent un véritable escalier. A un quart du trajet, on quitte la
forêt dense pour se retrouver dans une espèce de pampa sèche qui
surplombe mon camp. On a une très belle vue sur la fin de la plage
et les îlots en direction de Tarutao. Je ne me suis pas arrêté au
points de vue 1 et 2. Je sais que le clou c'est le dernier. Il y a
une portion aussi aux deux tiers du parcours où l'on se retrouve sur
une corniche qui domine une vallée couverte de forêt. C'est très
beau de s'arrêter un long moment pour contempler le paysage, à
scruter les différentes essences d'arbres. C'est au bas de cet
écrin, de ce poumon vert, que je campe. C'est de là que me
parviennent les chants d'oiseaux et tous ces sons dont je me nourris
dans le hamac. C'est grandiose vu d'en haut.
Bon, je me suis encore
trompé sur la meilleure heure pour Chado Cliff. Le soleil est encore
trop en face. Koh Lipe ressort dans un halo bleuté et légèrement à
contre jour. La prochaine fois, j'irai le matin. Vers 11 heures je
pense que ce doit être bon. Je n'ai pas pris du tout de flotte, ne
voulant pas m'encombrer dans l'ascension. Je compte me désaltérer
avec une des noix de Da à la descente. Il n'y a pas que les sacs
qu'elle me garde. J'aurais quand même dû emporter une petite
bouteille car je me sens complètement déshydraté. Pourtant j'avais
bien bu en partant. Je ne sais pas si c'est à cause de ça mais la
descente a été très compliquée. Arrivé à mi parcours, les
mollets se sont mis à trembler comme quand on a peur au bord d'un
précipice. Je sentais que mes jambes ne me portaient plus. Je n'ai
jamais eu ça dans le passé. Bon on mettra ça sur le compte d'un
coup de chaud. Et puis passer de journées dans le hamac à un effort
comme ça, ça doit jouer aussi. Quand Da m'a vu, elle m'a demandé
de m'asseoir tout de suite sur sa chaise en plastique, à l'ombre.
Je
ruisselais, je devais faire pale figure, avec mes jambes qui
vacillaient. Elle m'a donné une grosse noix de coco à boire et m'a
dit de ne pas bouger, qu'elle allait chercher mes sacs. Elle est très
gentille, Da. Pendant ce temps il y avait un petit gamin de sa tribu
assis dans son hamac, tout croquignolet. Je ne pouvais pas ne pas le
prendre en photo. Au final j'ai mis deux heures pour la balade. Mais
avec l'épisode lézard et l'arrêt de près d'une demie heure au
point de vue, on peut faire ça en moins. Mais ce serait dommage de
ne pas profiter des efforts accomplis. Voir pour voir, ce n'est plus
mon truc. J'ai besoin de m'imprégner des choses, et de ne repartir
qu'une fois bien repu...













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