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mercredi 24 janvier 2018

Grande première

J'ai depuis très longtemps envie de dormir dans le hamac. Il paraît que contrairement aux idées reçues on y dort très bien. Certaines populations comme en Amazonie ne dorment du reste qu'ainsi, ainsi que les militaires en Guyane, lors de leurs expéditions dans la jungle. Car le hamac sur le papier n'offre que des avantages par rapport à une tente : pas besoin de chercher un coin plat et de le débarrasser des petites pierres et autres branchages. On a juste besoin de deux arbres, pas trop proches l'un de l'autre mais pas non plus trop loin. S'ils sont trop proches, le hamac pendouillera et n'offrira pas une surface de couchage plane et on se retrouvera engoncé comme dans un cocon. S'ils sont trop loin, le hamac sera trop tendu, donc inconfortable, et il offrira un espace en largeur nettement diminué du fait de la tension. C'est la seule contrainte qui existe pour suspendre un hamac. Avec celle bien sûr qu'il y ait des arbres. Même si certains arrivent à les accrocher autour de rochers pour dormir dans des criques, comme en Méditerranée par exemple. Le gros avantage du hamac est que l'on peut l'accrocher dans des terrains pentus et humides. On n'est plus en contact avec le sol, adieu humidité qui remonte et adieu les visites nocturnes de bestioles qui font du raffut autour de la tente ou entre les deux toits. 
Comme par exemple si on a posé la tente au dessus d'un trou de crabe. Le hamac ne convient pas par temps froid, car dépourvu d'isolation, le froid remonte par le dos. Pour les climats tropicaux comme ici, c'est l'idéal. Et puis voyager avec un hamac c'est ne plus s'encombrer d'une tente, d'un matelas et d'un oreiller. Cela permet de gagner au moins 2 kilos. C'est pour ça que j'avais envie de dormir en hamac de longue date, pour voyager léger. Et pour ne plus craindre que la tente soit visitée et saccagée par un macaque.
Depuis quelques nuits j'ai une douleur vive au niveau du dos qui me réveille au bout de 5 heures de nuit. Le changement de position n'y fait rien. C'est une douleur nouvelle, derrière le sternum. 
Trop tentant de ne pas se servir
Je pense que c'est dû au nouveau matelas que j'ai inauguré cette année. C'est un matelas auto-gonflant que j'ai choisi pour sa bonne épaisseur de 7,5 cm pour le confort ; mais que je le gonfle à bloc ou que je laisse légèrement gonflé, ça ne change rien. J'ai même essayé d'ajouter un autre matelas par dessus, tout fin (précaution au cas où l'autre lâche ou soit mangé par les macaques) : pas mieux. En désespoir de cause j'ai volé un matelas au parc. Il y a un local sur le camp où ils entreposent matelas, sacs de couchage et oreillers pour les gens qui veulent camper et qui n'ont pas de tente. Dans ce cas ils fournissent le matériel. Les affaires sont tout le temps sur un fil à respirer et le soir ils les rentrent dans un local sans le fermer à clef. 
C'est là où je me suis servi, un matin, alors que tout le monde dormait. Ce n'est pas du vol, c'est un emprunt. Leur matelas est en fait un truc en accordéon constitué de plaques de polystyrène à l'intérieur. Il est donc très dur. Peut être cela me fera-t-il du bien. J'ai mis par dessus le gros matelas, dégonflé, qui dans cet état offre une couche de mousse douillette. Eh bien tout ça pour rien. Ce matin je suis allé le remettre là où je l'avais pris.
La seule solution c'est de me replier vers le hamac. C'est d'ailleurs là où j'ai fini la nuit. Cela m'a fait beaucoup de bien. Désormais, j'ai retiré le tarp au dessus de la tente pour le positionner au dessus du hamac. Je ne refais pas l'erreur de le tendre à plat pour espérer une plus grande surface de protection vis à vis de le pluie. 
Un orage arrive, tous aux abris!
C'est crétin car la pluie s'abat sur les côtés mais surtout elle ne peut pas ruisseler. La bâche se transforme alors en piscine, et sous le poids elle s'affaisse, se déchire au niveau des fixations ou des coutures. Toute neuve, elle est déjà endommagée. Pour le hamac j'ai fait les choses bien : le tarp est tendu en mode canadienne avec les pans qui descendent le plus possible pour m'abriter des rafales de pluie latérales. Sur un côté, j'ai prévu un système d'accroche en deux positions : une position beau temps avec le pan relevé en mode auvent, pour un accès plus simple qu'en rampant, et qui me permet de jouir du paysage. En cas de pluie il me suffit de dénouer deux attaches et d'arrimer les œillets du bas à des cordes nouées autour de gros cailloux.
En attendant que ça passe...
Pour Tarutao, j'ai aussi une moustiquaire de hamac. Ce n'est pas la même que celle de l'an dernier car celle ci laissait passer les sandflies. Cette fois elle a un maillage très serré. J'ai mis du temps à la trouver. Pour ceux que ça intéresse la marque est Unigear. J'en ai besoin ici à cause des moustiques, si je ne veux pas me faire dévorer pendant la nuit. Pour l'accrocher, rien de plus simple : une corde est fournie pour faire faîtière. Il suffit de la tendre sous la bâche puis de suspendre la moustiquaire grâce à des crochets en forme de U. Pratique. Les extrémités sont formées de deux manchons qui se resserrent grâce à une cordelette autour de la corde du hamac. En position jour, il suffit de faire coulisser la moustiquaire pour la laisser en vrac à une extrémité. J'ai lu que pour les nuits sous pluie, il est conseillé d'effectuer une dérivation des gouttes d'eau qui pourraient ruisseler le long des cordes du hamac et donc le mouiller. Le truc c'est de prendre deux chaussettes et de les nouer en début de corde, sous le tarp bien évidemment, pour faire gouttière. Me voilà paré. Comme les nuits sont plus fraîches sous le hamac, j'ai volé un sac de couchage. Et tant qu'à faire un petit oreiller raplapla, parfait pour le hamac. Reste plus qu'à tester. Résultat au prochain épisode...

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