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lundi 22 septembre 2014

Vallée de l'Ourika

Pour les trois derniers jours qui me restent, j'ai décidé de ne pas partir du Maroc fâché avec l'Atlas. Je vais donc retourner dedans, moins pressé que le premier jour, et surtout moins loin. Hier encore je ne savais pas quel coin choisir. J'avais initialement prévu une virée à l'est, avec les cascades d'Ouzoud et la vallée de l'Aït Bougoumez. Mais il y a un équivalent au sud de Marrakech, deux fois moins loin avec des sites à voir comme la vallée de l'Ourika, le parc national du Toubkal qui abrite le plus haut sommet de toute l'Afrique du nord avec ses 4167 mètres, les gorges de Moulay Brahim et d'autres routes pittoresques. Une recherche de photos sur internet m'a convaincu d'explorer le sud. En plus, comme c'est moins loin, je n'aurai pas le stress jeudi d'arriver à temps à l'aéroport pour rendre la voiture sur les coups de 10 heures.
Ce matin c'est la petite forme, je me suis levé avec des crampes abdominales. Un petit tour aux toilettes a confirmé ce que je pensais : la tourista ! Et une carabinée, tant qu'à faire. Il fallait bien qu'elle arrive, pourtant je faisais attention, ne m'octroyant que des truc bien cuits. L'avantage c'est que ça me purge !Je pense savoir où je me suis chopé ça. A un café restaurant de la place Djemaa el-Fna, juste avant le café de France. Pour atteindre la terrasse panoramique on traversait des couloirs et des escaliers lugubres qui donnaient l'impression de mener à l'arrière des cuisines. Arrivé sur la terrasse il n'y avait que 3 ou 4 personnes. Les toilettes n'étaient pas bien brillantes et la table où je me suis assis a été nettoyée d'un coup de manche. 
Le type, peu aimable, m'a refusé le menu sous prétexte que c'était dimanche, alors que rien ne l'indiquait sur la carte. Sans doute pour faire monter son chiffre d'affaires. J'avais commandé une tajine aux olives et citron et un thé vert. Rien qui à priori puisse me rendre malade. Mais le faible débit du restaurant doit être responsable du truc. Si ça se trouve c'est préparé à l'avance, gardé dans un frigo la porte ouverte et réchauffé à la dernière minute. On va dire que je l'ai bien cherché. Pas forcément, j'ai évité tous les snacks de rue et les banquets nocturnes de la place et leurs barbecues en plein air. Au final, il y avait peut être moins de risque vu le nombre de personnes qui s'assoient autour de ces grandes tables communes. 
La tourista ça ne m'est arrivé que deux fois dans ma vie, la première étant l'Inde. Ce qui achève de confirmer la ressemblance que je trouve entre les deux pays.
Du coup plus question de restaurants. Avant de quitter Marrakech, je suis passé au Carrefour. Ce sera crackers et fruits secs pour les trois derniers jours. Retour aux basiques. Seules deux caisses étaient ouvertes mais avec quatre caissières autour de chaque, regardant l'objet comme un truc indomptable. Il faut bien ça pour arriver à les faire fonctionner ! La vallée commence après Dar-Caïd Ouriki, un bled pouilleux comme tous les autres, gorgé de monde qui marche au milieu de la route et d’animaux qui traversent, le tout dans une odeur pestilentielle. 
L'entrée de la vallée est très verte, avec de nombreux amandiers et oliviers qui forment comme une forêt le long du lit de la rivière. En raison des pluies d'hier, le débit de la rivière est impressionnant et tumultueux. L'eau a une couleur boueuse et charrie tout ce qu'elle a pu trouver sur son chemin depuis les pentes du Jebel Toubkal, le fameux sommet de 4167 mètres de haut. Sur les hauteurs, des villages pittoresques en terre cuite avec leur mosquée au milieu semblent suspendus dans les airs. Puis la vallée se rétrécit, formant comme une gorge. De l'autre côté de la rive, il y a de nombreux restaurants auxquels on accède par des ponts suspendus branlants, en bambou, qui ne demandent qu'à se retourner dès qu'on pose le pied dessus. Il y a un monde fou qui visite la vallée. 
Beaucoup de navettes touristiques venues de Marrakech pour une sortie à la journée. Dans le souk, on ne compte plus le nombre d'agences de voyages spécialisées dans ces excursions. Du coup, ça ne roule pas, 30 à 40 km/h au mieux.
La vallée de l'Ourika s'achève par des cascades dont je n'aurai rien vu. En effet elles se trouvent dans le village de Setti Fatma et dès que l'on arrive là dedans des jeunes suivent en courant derrière la voiture comme des clebs, pour vous faire garer à leur parking privé. Les gens font barrage pour qu'on ne puisse pas continuer. Il est plus facile d'avancer dans un troupeau de brebis. C'est des grands signes de bras façon flics pour vous indiquer de vous garer là. 
Ils vous disent « Où vas tu, la route est finie », « Il n'y a plus rien », « non, non, pas par là, ici les cascades »... Sourd à leurs remarques, je continue à la limite d'en écraser plusieurs. On verra bien où elle s'arrête cette route, j'ai le droit de savoir. Ce que je cherche c’est surtout à quitter ce village maudit et à me rapprocher le plus possible du Jebel Toubkal dont on aperçoit la cime enneigée dès l'entrée du village. Les cascades, je m'en fiche. Je préfère m'en passer que d'avoir une meute à mes trousses pour m'y conduire. La route finit bien en cul de sac mais c'est plusieurs kilomètres après les cascades. 
Et c'est la partie la plus jolie de la vallée. Personne ne vient par là, les barrages des jeunes ayant bien fonctionné pour tout ceux qui arrivent aux cascades. Quelques personnes ont réussi à s'extraire du village, attirées par des vues merveilleuses sur la vallée et frustrées d'être garées si loin. Après la route un chemin continue en fait, au delà de noyers dont les villageois sont occupés à remplir de gros sacs. Il grimpe en lacets sur les pentes d'une montagne dénudée. Je l'ai emprunté un peu pour bénéficier d'une vue panoramique sur la vallée mais j'ai dû faire demi tour très vite, le chemin étant plein d'ornières et impraticable avec un véhicule normal.

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