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| Djemaa el-Fna |
Sur la route de
Marrakech, j'ai retrouvé le trafic que j'aime bien, avec ses taxis
et camions au diesel nauséabond. Heureusement la route est à deux
voies, ce qui permet de doubler tout ça. Par contre la traversée
des bleds reste toujours anarchique. Il y a des flics embusqués à
l'entrée ou à la sortie de chacun, avec des jumelles pour contrôler
la vitesse, sans compter les barrages mobiles. Ils feraient mieux de
verbaliser les mobylettes qui slaloment, les camions qui reculent,
les passants qui se jettent sous les roues, les voitures qui
s'arrêtent en plein milieu de la voie pour décharger un truc ou
dialoguer avec quelqu'un. Les ânes, eux, ça se verbalise pas.
Conduire au Maroc est d'un stress absolu. On se fait arrêter en se
demandant toujours si l'on n'a pas oublié quelque chose, un
clignotant ou un panneau que l'on n'aurait pas vu.
N'ayant rien à me reprocher je me suis fait mettre sur le bas côté plusieurs fois : et d'où venez vous, où allez vous, c'est votre première fois au Maroc, bienvenue... Bilan : je suis arrivé à Marrakech noué et il a fallu que je me précipite aux toilettes pour me soulager tout ça !
N'ayant rien à me reprocher je me suis fait mettre sur le bas côté plusieurs fois : et d'où venez vous, où allez vous, c'est votre première fois au Maroc, bienvenue... Bilan : je suis arrivé à Marrakech noué et il a fallu que je me précipite aux toilettes pour me soulager tout ça !
Se repérer en voiture
dans Marrakech est un jeu d'enfant. Un jeu de massacre. Rien n'est
indiqué à part « Préfecture de Police » ou autres
trucs dont on n'a rien à faire. Rien sur le centre ville ou la place
Djemma el-Fna, cœur de la médina où tous les touristes se rendent.
Pour le nom des rues, c'est toujours pareil, pas de panneau non plus.
Heureusement j'ai un plan de la ville et c'est en passant sur un
boulevard que j'ai pu me repérer, en raison de sa particularité :
à un endroit les deux voies se séparent pour former une espèce de
nœud. J'étais pile au bon endroit.
Cela m'a mené au niveau de la mosquée de la Koutoubia derrière laquelle j'ai trouvé un parking privé où j'ai pu laisser la voiture pour les deux jours où je vais rester à Marrakech. Il y a peu d'endroits où se garer et le centre est interdit à la circulation, aussi j'ai eu de la chance de trouver ça de suite, à deux pas de la place.
Cela m'a mené au niveau de la mosquée de la Koutoubia derrière laquelle j'ai trouvé un parking privé où j'ai pu laisser la voiture pour les deux jours où je vais rester à Marrakech. Il y a peu d'endroits où se garer et le centre est interdit à la circulation, aussi j'ai eu de la chance de trouver ça de suite, à deux pas de la place.
L'hôtel où je loge est un
riad impossible à trouver. Il se trouve derrière la place, dans une
des innombrables ruelles qui se coupent, se recoupent et finissent en
cul de sac. J'ai bien le nom de la rue mais il ne m'est d'aucune
aide, il n'y a pas de plaque avec le nom des rues. J'ai fini par
trouver par miracle le petit riad.
Mais le réceptionniste quant à lui n'a pas retrouvé ma réservation. Pas étonnant, j'étais au mauvais endroit. Ben quoi, riad Taghazout ou Tamazouste, c'est pareil non ? Il m'a fait un plan sommaire sur un bout de papier. « C'est juste derrière, il suffit de contourner ! ». Facile à dire mais on contourne comment ? Ça va à gauche, puis à droite puis ça repart à la perpendiculaire, pour retourner dans l'autre sens où ça coupe deux rues qui se ressemblent. On en essaye une. Impasse. Puis une autre. Impasse. Pendant ce temps il faut scruter toutes les enseignes accrochées aux façades. Et il y en a légion. Ce ne sont pas les hôtels et les riads qui manquent. En plus il faut marcher d'un pas décidé et ne surtout pas avoir le nez en l'air. Sinon il y a quelqu'un qui vous hèle pour vous demander où vous allez, ou bien pour venir faire un tour dans son riad.
Mais le réceptionniste quant à lui n'a pas retrouvé ma réservation. Pas étonnant, j'étais au mauvais endroit. Ben quoi, riad Taghazout ou Tamazouste, c'est pareil non ? Il m'a fait un plan sommaire sur un bout de papier. « C'est juste derrière, il suffit de contourner ! ». Facile à dire mais on contourne comment ? Ça va à gauche, puis à droite puis ça repart à la perpendiculaire, pour retourner dans l'autre sens où ça coupe deux rues qui se ressemblent. On en essaye une. Impasse. Puis une autre. Impasse. Pendant ce temps il faut scruter toutes les enseignes accrochées aux façades. Et il y en a légion. Ce ne sont pas les hôtels et les riads qui manquent. En plus il faut marcher d'un pas décidé et ne surtout pas avoir le nez en l'air. Sinon il y a quelqu'un qui vous hèle pour vous demander où vous allez, ou bien pour venir faire un tour dans son riad.
Quand ce n'est pas pour proposer du haschich à tout va. Je
décline toutes les invitations, secoue la tête, tend une main en
signe de refus, rien n'y fait, ils sont autours de moi, ne me lâchent
pas, comme une nuée de mouches. C'est donc avec mon essaim que j'ai
fini par arriver au riad, au fond d'une impasse où les deux
bâtiments sont si proches qu'ils peuvent se passer la couscoussière
sans descendre. C'est très tranquille, l'enseigne toute noire ne
paye pas de mine et il faut sonner à la porte pour qu'on vienne nous
ouvrir après avoir jeté un œil par dessus la terrasse sur le toit.
Les riads sont une spécialité de Marrakech. Ce sont des demeures de
brique rouge sur plusieurs niveaux, aménagées autour d'une petite
cour où s'ouvrent toutes les fenêtres et qui possèdent une
terrasse qui fait jardin sur le toit où l'on prend ses repas ou un
bain de soleil.
Beaucoup se sont transformés en hôtels ou ont été
achetés par des français qui en raffolent comme pied à terre ou
pour en faire des chambres d'hôtes. J'ai une chambre au rez de
chaussée, juste à côté du vestibule et de la sonnette...
Sitôt déposé mes
affaires je suis allé explorer la place. C'est plein de touristes,
surtout des anglo-saxons. Il y a de nombreux vols low-cost depuis
l’Angleterre, ce qui explique cela. C’est aussi un repère de
jeunes routards en sacs à dos venus en tribu. La place est pleine de
stands ambulants, qui portent tous un numéro. Il y a les vendeurs de
jus d'orange, les charmeurs de serpents, des saltimbanques, des
calèches, des ânes qui font les livraisons. C'est un vrai bordel
plein d’effervescence.
Un côté de la place se prolonge par une
promenade qui mène à la mosquée de Koutoubia. Sinon il y a
plusieurs minarets tout autour de la place avec leur muezzin que vous
ne manquerez pas d'entendre. On trouve aussi de nombreux cafés
restaurants bon marché pour touristes qui offrent l'avantage d'une
vue imprenable sur la place, notamment ceux sur plusieurs niveaux qui
possèdent des terrasses sur le toit. C'est là que j'ai pris un menu
tajine végétarien. Après quoi je suis allé me perdre dans les
souks des ruelles alentour. Je pensais que le mot se perdre tel que
décrit dans mon guide était une formule, au sens de se laisser
prendre par l'ambiance. Mais non, on s'y perd vraiment.
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| Un des nombreux passages du labyrinthe. Le gamin dealait... |
Pour bien
faire il faudrait aller dans une direction bien précise et faire
ensuite demi tour. Pas comme moi qui suis parti dans un sens, ai pris
une ruelle prometteuse avec ses façades de couleur rouge qui se
termine le plus souvent en impasse. Mais pas tout de suite. Alors on
essaye, on se casse le nez, on essaye une autre rue pour sortir de là
et on se recasse le nez. Le plus souvent ce sont des gamins qui vous
disent « pas par là, il n'y a pas de sortie ». Pourtant
j'ai un bon sens de l'orientation. Mais là même un pigeon voyageur
n'y retrouverait pas son chemin. Je ne sais pas comment ils ont conçu
la ville et comment font les gens pour rentrer chez eux. Tout cela
est fort charmant mais au bout d'un moment c'est fatiguant d'être
sollicité tout le temps pour du hachisch, par des « pas par
là », « la place par ici » (indications
contradictoires évidemment), « que fais tu là ? »,
« que cherches-tu ? », « viens voir par ici »,
« y a rien par là », « c'est que pour les
marocains »...
Qu'on me laisse tranquille ! Si j'ai envie
de visiter comme il me chante, en quittant les étals de souk à
touristes, Inch Allah. On parle de l'hospitalité des marocains,
encore mainte fois décrite dans mon guide, même à Marrakech. Moi
tout ce que je vois c'est qu'ils vous considèrent comme un
portefeuille sur patte qu'il faut délester au plus vite par la
combine la plus facile. Même les gosses s'y mettent. C'est aussi eux
qui dealent le plus souvent. Moyenne d'âge : 10 ans. J'ai fini
par me laisser guider par l'un d’eux. Mon plan n'est pas assez
précis et dès que j'ai le malheur de le sortir ils se jettent tous
sur moi pour m’emmener quelque part. A force de ne plus oser sortir
le plan, je suis perdu pour de bon.
Il n'y a plus un seul touriste
depuis un bon moment et les ruelles ont été remplacées par des
rues étroites où je me fais klaxonner par des mobylettes qui me
renversent à moitié. C'est ainsi que je suis arrivé devant un
hôpital, endroit parfait pour se situer, sauf qu'il n'est pas sur le
plan. Sans doute que je suis allé trop loin. Comme aujourd'hui il
fait gris, il est impossible de s’orienter avec le soleil. Je suis
complètement désorienté, ne sachant plus quelle direction prendre.
Sans le gamin je n'y serais jamais arrivé. Pourtant je n'en voulais
pas, je l'ai chassé à plusieurs reprises, lui disant que je savais
où j'allais. Jusqu'à ce qu'il me voit butter sur un cul de sac !
Je l'ai alors suivi.
Un coup à droite, un coup à gauche, puis deux
coups à droite et un tout droit. Il trace, j'ai même du mal à le
suivre. Bizarrement pour un chemin censé me ramener vers la place,
il y a de moins en moins de monde. D'ici qu'il m'attire dans un coupe
gorge... Main non, il m'a laissé là, tendant sa main pour que j'y
glisse un billet qu'il voulait toujours plus gros. « Tu tournes
à droite, après c'est tout droit ». Sauf que rien n'est droit
là dedans. Il y a des fourches, des tournants, et je me suis encore
paumé. Surtout qu'un type ne voulait pas que j'aille vers là où
j'allais prétextant qu'il n'y avait plus rien. Le con m'a fait aller
dans l'autre sens où je suis sorti de la médina au niveau de la
station des bus. Au moins j'ai pu me repérer sur le plan. J'étais à
l'opposé de la place. Pour revenir, j'ai longé les remparts. Plus
facile. Et je suis rentré à l'hôtel sur les coups de 17 heures,
épuisé !











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