Parfois je me demande si
je visite le même pays que ce qui est décrit dans le guide de
voyage ou bien que ce que les gens m'en ont raconté. L'hospitalité
et la gentillesses des marocains, je n'ai pas trop vu. Ou alors je me
focalise sur les sujets qui fâchent. En tout cas c'est un pays de
trafics en tout genre. Dans les rues c'est un festival de mines
renfrognées, la bouche ouverte à gober les mouches. Aux ronds
points des jeunes vous font signe en tendant un trousseau de clef.
J'ignore quelle combine se cache sous ce signe. Plus direct, on vous
propose du haschich à tout va. On vous taxe de tous côtés.
Impossible de se garer sans que surgisse quelqu'un au moment de
partir qui vous réclame quelques dirhams prétextant avoir gardé
votre voiture.
Sur la plage, on vous taxe votre bouteille d'eau,
quant elle n'est pas piquée tout simplement. Pour se baigner, j'en
suis réduit à mettre mon sac au bord de l'eau et à devoir m'en
rapprocher, prêt à bondir dessus dès que quelqu'un d'approche de
trop près. Des individus louches vaquent nuit et jour dans les
endroits les plus improbables et les plus reculés. A croire que
personne ne dort. Partout ailleurs dans les autres pays, la nuit
venue, les gens restent chez eux ou se rassemblent dans des lieux
dédiés. Ici ça s'éparpille, ça furette le moindre coin comme des
clebs. On croise presque plus de monde la nuit que le jour. De ce
fait, trouver un endroit pour dormir relève du défi impossible.
Le
moindre endroit qui pourrait être idéal partout ailleurs est ici
squatté par des gens assis qui téléphonent ou attendent le mauvais
coup.
Le coin que j'avais
déniché le premier jour, après avoir tournicoté près d'une heure
en faisant plusieurs dizaines de kilomètres, était prometteur.
J'aurais dû me méfier. Le bord du chemin est bordé d'immondices et
de verre cassé, sans compter les plastiques qui font parti du décor
et dont on finit par ne plus faire attention. Le chemin s'achève
par un bâtiment encerclé de hauts murs avec du barbelé en haut où
trois clebs montent la garde derrière une grille. Plus loin on
distingue de la lumière à travers des fenêtres.
Hier soir, j'ai trouvé
un petit coin dans le sable sous des cyprès. Mais à deux heures du
matin, des cloches se sont mis à retentir. Des cloches de plusieurs
sons, presque une mélodie. Ça a duré des heures, ça s'arrêtait
puis ça recommençait et ça a fini par des bruits métalliques
d'objets qu'on traîne sur le bitume. Je me suis même demandé s'ils
n'étaient pas en train de désosser la voiture. Quant à la nuit
dernière, j'ai choisi de dormir à nouveau dans la voiture, mieux
isolée des bruits. Et là, à 5 heures du matin, j'ai entendu une
forte détonation, comme un coup de feu. Tout de suite après, un
pick-up est passé avec des individus debout dans la benne braquant
un projecteur sur les bosquets.
Dès qu'ils ont vu ma voiture ils se
sont arrêtés et ont parcouru tout l'intérieur avec leur torche.
Ils sont partis puis sont revenus en reculant. Je croyais que mon
heure était venue et que j'allais me prendre un coup de pistolet
entre les deux yeux ou que j'allais me faire dévaliser. Du coup je
suis démasqué. Impossible dans ces conditions de rester là, je
vais devoir me mettre en quête d'un nouveau coin. Mais où ? On
va me dire, je n'ai qu'à aller à l'hôtel. Mais à Essaouira ils
sont chers ou bruyants avec les souks à deux pas. Non le Maroc, à
part le climat, la cuisine et les palmiers, il n'y a pas grand chose
à sauver. Et leur langue! Ça m'écorche les oreilles, je
crois qu'ils ont la plus moche du monde. On dirait qu'ils vont vous
cracher un mollard à la figure.
Je vais sûrement me mettre toute la
population à dos si certains me lisent. Mais je ne fais que décrire
mon expérience et mon ressenti. D'autres vivront certainement
d'autres choses, bien à l'abri dans leurs palaces 5 étoiles avec
spa et personnel dévoué. Quant à moi je ne reviendrai pas dans ce
pays ni aucun autre pays arabe qui doit être du même acabit. Le
plus étonnant c'est le nombre de français qui y viennent pour
tourisme ou pour leur retraite. Ça ne parlerait pas français, pas
sûr qu'ils viendraient. En tout cas ça m'a guéri des voyages dans
le but d'explorer des destinations inconnues. Je vais désormais me
contenter des valeurs sûres qui ne déçoivent pas. Quand je pense
qu'au moment de réserver je m'étais tâté entre le Maroc ou
retourner en Crète... Argh !







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