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mardi 16 septembre 2014

Trafics en tout genre

Parfois je me demande si je visite le même pays que ce qui est décrit dans le guide de voyage ou bien que ce que les gens m'en ont raconté. L'hospitalité et la gentillesses des marocains, je n'ai pas trop vu. Ou alors je me focalise sur les sujets qui fâchent. En tout cas c'est un pays de trafics en tout genre. Dans les rues c'est un festival de mines renfrognées, la bouche ouverte à gober les mouches. Aux ronds points des jeunes vous font signe en tendant un trousseau de clef. J'ignore quelle combine se cache sous ce signe. Plus direct, on vous propose du haschich à tout va. On vous taxe de tous côtés. Impossible de se garer sans que surgisse quelqu'un au moment de partir qui vous réclame quelques dirhams prétextant avoir gardé votre voiture. 
Sur la plage, on vous taxe votre bouteille d'eau, quant elle n'est pas piquée tout simplement. Pour se baigner, j'en suis réduit à mettre mon sac au bord de l'eau et à devoir m'en rapprocher, prêt à bondir dessus dès que quelqu'un d'approche de trop près. Des individus louches vaquent nuit et jour dans les endroits les plus improbables et les plus reculés. A croire que personne ne dort. Partout ailleurs dans les autres pays, la nuit venue, les gens restent chez eux ou se rassemblent dans des lieux dédiés. Ici ça s'éparpille, ça furette le moindre coin comme des clebs. On croise presque plus de monde la nuit que le jour. De ce fait, trouver un endroit pour dormir relève du défi impossible. 
Le moindre endroit qui pourrait être idéal partout ailleurs est ici squatté par des gens assis qui téléphonent ou attendent le mauvais coup.
Le coin que j'avais déniché le premier jour, après avoir tournicoté près d'une heure en faisant plusieurs dizaines de kilomètres, était prometteur. J'aurais dû me méfier. Le bord du chemin est bordé d'immondices et de verre cassé, sans compter les plastiques qui font parti du décor et dont on finit par ne plus faire attention. Le chemin s'achève par un bâtiment encerclé de hauts murs avec du barbelé en haut où trois clebs montent la garde derrière une grille. Plus loin on distingue de la lumière à travers des fenêtres. 
Je pensais que c'était un truc militaire ou du style. La première nuit alors que je dînais tranquillement dans la voiture et que la nuit était tombée, une voiture est arrivée en trombe et s'est arrêtée à côté, avec trois types qui discutaient, là, au milieu de nulle part. J'avais été contraint de déménager vers une solution de repli, dans les rues d'un terrain vague destiné à devenir un complexe de villas très étendu. J'étais bien à l'écart, dans le noir, mais cette fois c'était un repère de clebs insomniaques qui se mesuraient les uns aux autres en aboyant à qui mieux mieux. J'avais été contraint de déménager dans l'autre coin où heureusement la voiture avait décampé.
Hier soir, j'ai trouvé un petit coin dans le sable sous des cyprès. Mais à deux heures du matin, des cloches se sont mis à retentir. Des cloches de plusieurs sons, presque une mélodie. Ça a duré des heures, ça s'arrêtait puis ça recommençait et ça a fini par des bruits métalliques d'objets qu'on traîne sur le bitume. Je me suis même demandé s'ils n'étaient pas en train de désosser la voiture. Quant à la nuit dernière, j'ai choisi de dormir à nouveau dans la voiture, mieux isolée des bruits. Et là, à 5 heures du matin, j'ai entendu une forte détonation, comme un coup de feu. Tout de suite après, un pick-up est passé avec des individus debout dans la benne braquant un projecteur sur les bosquets. 
Dès qu'ils ont vu ma voiture ils se sont arrêtés et ont parcouru tout l'intérieur avec leur torche. Ils sont partis puis sont revenus en reculant. Je croyais que mon heure était venue et que j'allais me prendre un coup de pistolet entre les deux yeux ou que j'allais me faire dévaliser. Du coup je suis démasqué. Impossible dans ces conditions de rester là, je vais devoir me mettre en quête d'un nouveau coin. Mais où ? On va me dire, je n'ai qu'à aller à l'hôtel. Mais à Essaouira ils sont chers ou bruyants avec les souks à deux pas. Non le Maroc, à part le climat, la cuisine et les palmiers, il n'y a pas grand chose à sauver. Et leur langue! Ça m'écorche les oreilles, je crois qu'ils ont la plus moche du monde. On dirait qu'ils vont vous cracher un mollard à la figure. 
Je vais sûrement me mettre toute la population à dos si certains me lisent. Mais je ne fais que décrire mon expérience et mon ressenti. D'autres vivront certainement d'autres choses, bien à l'abri dans leurs palaces 5 étoiles avec spa et personnel dévoué. Quant à moi je ne reviendrai pas dans ce pays ni aucun autre pays arabe qui doit être du même acabit. Le plus étonnant c'est le nombre de français qui y viennent pour tourisme ou pour leur retraite. Ça ne parlerait pas français, pas sûr qu'ils viendraient. En tout cas ça m'a guéri des voyages dans le but d'explorer des destinations inconnues. Je vais désormais me contenter des valeurs sûres qui ne déçoivent pas. Quand je pense qu'au moment de réserver je m'étais tâté entre le Maroc ou retourner en Crète... Argh !

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