Les formalités pour
entrer en Namibie sont très simples et rapides. Il y a toujours une
carte à griffonner mais ensuite un coup de tampon et c'est bon. A la
mention camping en guise d'adresse en Namibie, la douanière n'a ici
rien trouvé à y redire. Il faut dire que tout le monde fait ça. On
vient en Namibie pour des safaris, le plus souvent en louant des 4x4
avec tente sur le toit. Pour ma part j'ai loué une voiture normale.
Il paraît que c'est suffisant et c'est surtout deux fois moins cher.
En revanche je me suis fait remettre un contrat avec le double du
prix réservé. J'ai alors montré mon papier avec le prix que je
devais payer, comme mentionné sur le site de Hertz. L'employé m'a
dit que le montant était bien bas et a demandé du renfort à un
collègue.
En fait, ils avaient ajouté toutes les assurances
optionnelles que j'ai tôt fait de demander à faire sauter, arguant
du fait que ma carte bleue inclut déjà ces assurances. Par contre,
j'avais déjà signé le contrat et il y a l'empreinte de la carte
bleue. Ils m'ont remis le nouveau avec le bon montant mais n'ont pas
voulu déchirer l'ancien, prétextant de vouloir le garder pour
information. Je suspecte une combine à l'africaine et je ne serais
pas surpris de payer la location deux fois ! Heureusement ils
sont sérieux chez Hertz et je pourrai toujours me faire rembourser
en France si jamais il y avait un litige.
Avant de quitter
l'aéroport, j'ai acquis une clé 3G à l'opérateur local permettant
de connecter mon ordinateur à internet. La procédure que l'employé
m'a décrite est bien compliquée mais il n'y a pas de raison que ça
ne fonctionne pas.
La Namibie n'est pas un pays comme on s'imagine en
Afrique. L'influence de sa voisine l'Afrique du Sud se fait bien
sentir et même si la monnaie n'est pas la même, le taux de change
est de 1 pour 1, question de dire qu'ils ont leur propre monnaie. Les
routes sont bonnes et les bâtiments en bonne conditions. A peine
sorti de l'aéroport, j'ai croisé un groupe de babouins occupé à
fouiner le sol pendant que leur petits jouaient à saute mouton sur
leur dos. On peut dire que ça ne traîne pas pour voir des
bestioles. Tout de suite après ce sont des phacochères qui
broutaient sur le bas côté, à un mètre des voitures. Au début ça
surprend et on croit qu'on va en percuter un mais ils ne sont pas
fous, ils restent sagement sur l'herbe. Au cas où l'un d'entre eux
aurait des tendances suicidaires, je prends quand même soin de
ralentir à leur niveau et de me déporter un peu.
Il y a aussi des
panneaux rigolos avertissant de la présence imminente de rhinocéros
ou de phacochères. Plus loin dans le bush ce sont des autruches que
j'ai aperçues en train de vaquer.
Le paysage est aride mais
il y a quand même de la végétation, composée essentiellement
d'arbustes épineux qui ont l'air mort pour beaucoup tandis que
d'autres récupèrent leurs feuilles dans un vert tendre en raison de
l'arrivée de l'été et des premières pluies. Il y a aussi des
buissons qui forment des boules toutes roses, sans doute couverts de
fleurs. Le sol varie du brun au rouge en passant par l'orange. Je
trouve une grande similitude avec le bush australien. Ce n'est pas
très étonnant nous sommes à la même latitude, au niveau du
tropique du Capricorne.
Ici aussi on trouve des termitières géantes,
mais celles ci sont bien plus hautes et forment des espèces de pics
oranges de près de 5 mètres de haut qui se dressent comme une
tour. Il y en a partout. Tout comme des barrages de police. On roule
à 120 quand tout d'un coup on est prié de ralentir et de s'arrêter.
On doit ensuite faire patte blanche, présenter permis et passeport.
C'est un peu fastidieux à la longue, surtout quand une policière
fait un excès de zèle comme à l'un de ces contrôles. Elle voulait
savoir d'où je venais, où j'allais et combien de temps je restais.
Elle ne veut pas aussi mon CV au passage ? Elle a tiqué sur le
passeport car il y a un tampon d'entrée du territoire avec la date
du jour. C'est normal, lui dis je, je suis arrivé ce matin. Mais ce
qui la trouble est qu'il n'y ait qu'un tampon.
Il n'y a pas celui
avec la date de mon départ, ce qui fait qu'elle ne sait pas quand je
pars et mon passeport est donc dans l'illégalité. Qu'est ce que
c'est que ces salades ? Elle a fumé quoi comme herbe de la
brousse ? Depuis quand on met un tampon de sortie du territoire
à l'arrivée ? Je lui ai alors rétorqué que le tampon de fin
de séjour serait sûrement apposé quand je partirai le 29 décembre.
Elle m'a dit c'est bon et m'a laissé filer. Un expérience un peu
surréaliste...
J'ai cherché du gaz dans
un hypermarché et une station service. Rien, à part du charbon pour
barbecue. J'avais anticipé la chose et j'ai emmené mon réchaud à
bois. Je suis donc sauvé, d'autant plus qu'on trouve plein de petits
arbustes morts qui doivent brûler de peur.
Sur les bas côtés ils
vendent aussi de l'herbe sèche rassemblée en botte. La même que
celle sur le bas côté. Je me demande qui peut bien acheter ça
quand il suffit de s’arrêter et de le faire soi même. Les routes
sont en bon état mais elles sont monotones. En tout cas celle qui va
de Windhoek vers le nord, la B1. Je manque m'endormir à plusieurs
reprises et je dois lutter. Car la nuit dernière n'a été d'aucun
repos, la femme à côté de moi s'est allongée et a pris quasiment
3 sièges, et quand j'ai essayé de faire mon nid en me collant à
ses jambes pour espérer être recroquevillé sur deux sièges, je ne
cessais de me prendre des coups de talon sur les épaules quand elle
bougeait. J'ai fini par déguerpir en prenant deux sièges au fond de
l'avion, plaqués contre les toilettes et avec le personnel de bord
qui ne cessait de parler et de faire du bruit en rangeant et
préparant des trucs constamment.
Je n'ai donc qu'une hâte, celle
d'arriver au plus vite au plateau du Waterberg. Mais les distances
sont importantes en Namibie et quand on voit les panneaux qui
indiquent les distances on prend peur alors que sur la carte ça a
l'air tout proche. En plus, voilà que je commence à stresser à
cause de la voiture. J'ai une petite Toyota qui doit avoir un
réservoir mini car les barres de la jauge descendent à vue d’œil.
Et je n'ai plus l'occasion de traverser un village avant d'arriver à
destination. De plus pour arriver au Waterberg il faut faire un
crochet de plusieurs dizaines de kilomètres en quittant la B1. Du
coup j'en suis réduit à scruter la jauge pour savoir combien je
peux parcourir avec une barre.
Au bout d'un moment, il
faut quitter la route pour prendre une piste indiquée pour 52
kilomètres.
Eh bien voilà, nous y sommes. C’est mon baptême. Il
fallait bien que ce moment arrive. Ce ne sera pas ma première piste.
Chez Hertz ils m'ont bien montré où étaient le cric et la roue de
secours, ce n'est pas un hasard. Crever est ma grande peur. Ça
arrive à tout le monde il paraît. J'espère que je passerai entre
les gouttes ! La piste est en bon était, on est juste crispé
sur le volant, à guetter les cailloux sur le sol pour les éviter
mais il n'y en pas beaucoup. C'est plutôt ici une piste de terre
rouge bien plane et je peux rouler à plus de 60 sans encombre. La
conduite est un peu bizarre car on sent de temps en temps que la
voiture nous échappe et qu'elle va là où elle veut comme si le
volant ne répondait plus.
J'ai été agréablement
surpris de voir que j'étais arrivé à bon port quelques kilomètres
à peine plus loin. Les 52 kilomètres indiqués sont en fait ceux
nécessaires pour arriver de l'autre côté du parc.
J'ai réservé
deux nuits en camping à la réception. Pour le reste, on verra plus
tard si je veux rester ou non. Au départ j'avais prévu de passer 4
nuits ici mais cela risque peut être de faire beaucoup. Le camping
est vaste et on peut se mettre où l'on veut. Je me suis mis tout au
fond, de manière à être bien tranquille. Le camping s'inscrit dans
un vaste domaine avec aussi des bungalows tout confort, un restaurant
panoramique et même une piscine qui donne sur les montagnes. Le site
de Waterberg est unique et me rappelle le King's Canyon dans
l'outback australien. Même végétation, même rochers rougeoyants,
même impression d'être dans un far-west américain. Je retrouve
aussi les mêmes odeurs et les mêmes gazouillis. Je sens que je vais
me plaire, en plus ce n'est franchement pas très fréquenté, on
doit être une demie douzaine au camping alors qu'il y a une
trentaine d'emplacements.
Sans avoir pris le temps de monter la
tente, je me suis dirigé vers le pied de la falaise, dans
l'intention d'essayer d'avoir un point de vue sur les montagnes, plan
du domaine en poche.
Il fait très chaud en
Namibie, le soleil brûle comme si l'on était sur un grill. Cela n'a
pas duré très longtemps car à peine j'avais commencé à randonner
que le ciel s'est couvert soudainement. Pour ne pas déroger à la
règle j'ai donc arrêté de marcher. A quoi cela sert-il alors que
j'ai encore demain et les jours suivants pour faire cette randonnée ?
Marcher pour marcher ne rime à rien. Et recommencer demain non plus.
En plus je suis complètement en loque, c’est tout juste si je
tiens sur mes pattes. D'ailleurs je me suis péniblement hissé en
haut d'un rocher pour avoir un panorama intermédiaire et j'ai manqué
tomber en arrière.
![]() |
| T'as de beaux yeux, tu sais? |
Je me suis allongé sur la pierre bien chaude
pour faire un roupillon. Cela ne m'a pas arrangé, après j'étais
encore plus comateux. Cela ne m'a tout de même pas empêché de voir
deux espèces de biches miniatures sans queue que j'avais déjà vues
en Afrique du Sud. Ça a la taille d'un chien et des pattes toutes
maigres comme un lévrier. Elles n'étaient pas très farouches et
j'ai pu les approcher de près. Elles ne m'ont même pas calculé,
tout occupées à brouter les feuilles tendres des rameaux. Ces
arbustes épineux sont en revanche une horreur. Leurs branches mortes
partent en petit débris mais les épines restent. Et elles sont très
dures et suffisamment longues pour transpercer les chaussures, de
sorte que je n'ai eu de cesse de retirer les épines de la semelle,
après avoir dégusté au passage.
Ce soir je me suis fait
un dîner léger. La flemme de ramasser suffisamment de bois pour
faire chauffer une soupe et l'eau du plat principal, je n'ai fait que
le plat. En plus l'eau du camping est un peu maronnasse, ça
n'inspire pas trop confiance alors je l'ai bien fait bouillir. Après
ça je me suis enfourné dans la tente. Il était 20h30. Le premier
jour de tout voyage est toujours un jour à oublier. J'attends donc
le suivant pour mieux profiter, tout en me félicitant au passage
d'avoir déjà vu tant de bêtes. Ça promet !













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