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jeudi 28 novembre 2013

Retour en Afrique


21:44
J'ai quitté Francfort il y a maintenant plus de 1h30. L'avion est à moitié plein, ou à moitié vide, tout dépend comment on voit les choses. Les gens sont tous contents, c'est un ballet de déplacements, les rangées de 4 du milieu d'ordinaire désertées au moment de l'enregistrement en ligne sont prises d'assaut. Les meilleures places si l'on veut pouvoir dormir allongé. J'ai fait un essai, les accoudoirs se relèvent. Hélas, quelqu'un qui m'observait a piqué la rangée à mon niveau avant le décollage, bien conscient que les places allaient être chères par la suite. J'ai donc dû me rabattre sur la rangée de derrière où une femme était déjà là, parlant à son mari de l'autre côté de l'allée. Elle m'a souri, toute contente d'avoir de l'espace autour d'elle. C'est ça de voyager un jeudi soir quand tout le monde travaille. D'ailleurs dans l'avion il y a principalement des retraités, et qui voyagent en majorité tous seuls. Ce n'est pas un hasard. La Namibie doit être l'une des dernières contrées sauvages où l'on a plus de chance de croiser un animal sauvage qu'un humain, du coup ça attire les asociaux.
Vol au dessus du parc national d'Etosha!
Au contrôle de sécurité le personnel m'a accueilli avec le sourire en me disant que j'avais l'air d'un surfeur. Ce doit être mon air décontracté, avec ma ceinture en ficelle et les crocs aux pieds. Je suis un vagabond des airs. Et le stress pour moi c'est fini. Les gens pressés, la cohue, tout ça est un lointain souvenir. Je sors au supermarché avant midi ou entre 14 et 15. C'est là où il y a le moins de monde. Je dégote des billets de trains défiants toute concurrence pour des voyages le mercredi. On attend de moi que je déprime du fait que je sois au chômage. C'est tout le contraire. Je profite de cette liberté retrouvée, c'est un luxe qui n'a pas de prix. Et qui m'a permis hier de croiser un renard dans le bois de Vincennes, tout aussi surpris que moi de croiser une bestiole. Au début je l'avais pris pour un chien car il n'était pas très farouche. Il marchait à pas de croisière et je l'ai suivi le long du chemin qu'il empruntait. Alors qu'il s'était arrêté au détour d'un virage, je me suis accroupi, comme on fait avec les enfants pour qu'ils nous écoutent mieux. J'étais ainsi moins effrayant et je l'ai sifflé. Il est venu vers moi, avançant sa tête pour renifler mon téléphone que j'avais dégainé pour lui tirer le portrait. Il s'attendait à de la nourriture, du coup il est parti, déçu. Malgré tout j'ai réussi à le faire revenir deux fois en le sifflant à nouveau, avant qu'il comprenne que je n'avais rien à lui offrir. C'est la première fois de ma vie que je voyais un renard. Il aura fallu pour cela attendre que je sois au chômage. Pas étonnant, le week-end ces bêtes là doivent rester dans leur tanière en attendant que ça passe.
Lever de soleil sur l'Afrique
Dans l'avion pour Francfort cet après midi il n'y avait que des cols blancs cravatés jusqu'à l'asphyxie qui dégageaient de mauvaises vibrations. Une femme sèche se réjouissait avec une collègue qu'on lui ait accordé deux jours à Noël... Super, ça fait rêver, deux misérables jours. Et pour faire quoi ? Pour souffler avant d'y retourner jusqu'à l'été ? Maintenant que je suis mon propre patron sans entreprise, je gère mon temps comme je l'entends. A ce titre je suis le plus jeune retraité de l'avion. Je suis tout guilleret, le personnel d'Air Namibia vient de m'offrir une deuxième bière, au format 33 cl, une Tafel, une bière de Namibie à la boîte rouge et aux lettres dorées. Sans compter le verre de vin servi avec le repas. Je vais me remettre dans le film. Vol au départ de l'Allemagne oblige, je n'ai le choix qu'entre la langue allemande ou la langue anglaise. Sans sous-titres cela va de soi. Je regarde Pacific Rim, une américaniaiserie fantastique qui fait dans les effets spéciaux, du coup il n'y a pas grand chose à comprendre et ça m'aide bien.

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