Depuis que je suis à
Sydney j'ai mes repères, comme si j'étais parti il y a seulement
quelques semaines. Quand je suis sorti de l'aéroport hier, pas
besoin de regarder les panneaux ni de lire les plans des lignes de
train. Je savais directement où aller et comment. Idem arrivé à
Circular Quay pour trouver le chemin de l’auberge de jeunesse. Ce
n'est pas très facile car il faut prendre plein de petits passages
avec des escaliers car l'auberge est située sur les hauteurs, dans
le quartier The Rocks, au niveau du fameux Harbour Bridge. A
l'accueil ils ont voulu me distribuer un plan de Sydney, mais je n'en
ai pas besoin non plus, je sais me repérer.
Aujourd'hui je comptais
me rendre à Bondi Beach, fameuse plage de Sydney de tous les
T-shirts et casquettes que comptent les boutiques de souvenirs de la
ville.
A ce sujet, je suis en recherche d'un sweat-shirt qui m'a tapé
dans l’œil. Celui qu'une fille portait sur Scamper, le bateau qui
nous avait amené aux Whitsundays. C'est un truc unisexe. Après
avoir écumé plusieurs boutiques, j'ai fini par trouver la couleur
que je cherchais : vert forêt avec des bandes jaunes aux
épaules avec marqué Australia devant en lettres jaunes et un
écusson à l'effigie du drapeau national. Ce n'est pas pour frimer,
mais quitte à porter quelque chose, autant que ce soit quelque chose
qui me rappelle un endroit plutôt que de porter des inscriptions à
la noix qu'on ne comprend jamais. Par contre c'est une saloperie Made
in China, comme tout le reste de ce qui était vendu. Même la
caissière était Made in China.
Mais c’est partout pareil, on ne
peut pas y échapper, ils ont le monopole des articles de souvenirs
et même les toiles vendues à Montmartre par de prétendus artistes
peintres qui font semblant de peindre pendant des heures le jour
durant sont faites pas de petites mains chinoises à qui l'on expédie
des photos de la capitale. Ainsi va la mondialisation...
Au lieu de Bondi Beach,
j'ai finalement choisi un autre endroit, immédiatement accessible
depuis le Circular Quay, le quai central où tous les ferrys
débarquent pour relier les banlieues au centre ville de Sydney. En
plus c’est tout de même plus agréable de prendre un ferry et de
bénéficier ainsi d'une croisière autour de Sydney que de
s'emmancher dans un métro.
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| Rose Bay |
Et puis aujourd’hui c'est samedi, alors
Bondi risque d'être bondé. J'ai réalisé tardivement, une fois
descendu aux quais, que j'avais oublié le maillot de bain à
l'auberge. Alors déambuler sur une plage où il faut voir et être
vu, en slip, ça ne le fait pas trop ! J'ai donc choisi un ferry
pour Watson Bay, une baie qui marque la fin de Sydney Harbour.
Sydney Harbour porte en
fait mal son nom, ce n'est pas un port mais un ensemble de bras de
mer qui serpentent un peu partout autour de Sydney et le long
desquels se trouvent de belles villas les pieds dans l'eau. Ce sont
des banlieues résidentielles bien plus agréables que le centre
ville avec ses tours modernes et sans charme. Car on ne peut pas dire
que Sydney soit très belle.
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| Lady Bay |
On y vient pour son ambiance, au passage
pas si décontractée que ça, grande ville cosmopolite oblige. Il
n'y a pas de monuments particuliers à voir. Ville nouvelle plus
nouvelle que celles des États-Unis, hormis le pont au dessus de
Sydney Harbour et le fameux opéra à l'architecture douteuse, c'est
à peu près tout ce qu'il y a à voir. Le reste n'est que grandes
avenues de béton où la voiture est reine. En tant que piéton, il
faut attendre des heures aux feux avant qu'ils passent au vert et
malheur si vous êtes au niveau d'une place et que vous avez deux
rues à traverser. Du coup je fais mon rebelle, je traverse au rouge
sous l’œil incompris des australiens disciplinés, courant comme
un lapin pris dans les phares d'une voiture en me frayant un chemin.
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| L'entrée de Sydney Harbour sur la mer de Tasmanie |
Le ferry avant d'arriver
à Watson Bay s'arrête à Rose Bay qui dispose d'un petit îlot
vierge autour duquel des voiliers viennent faire un tour ainsi que
des espèces d'embarcations monoplace avec une voile pas plus haute
qu'un parasol de plage. Pas sûr qu'il faille un permis bateau pour
ce genre de navire ! Je suis un peu parti dans la précipitation
ce matin, de sorte que je n'ai rien pour déjeuner à part une banane
qui est en train de finir en comporte au fond du sac. En fait je
comptais trouver tout ce dont j'aurais besoin à Bondi Beach. Mais
comme j'ai changé mes plans, à Watson Bay il n'y a rien d'autre que
deux ou trois restaurants, aucune supérette. De toute façon je n'ai
plus de liquide et le seul distributeur présent prend une commission
de plus de 10%. La banane devra donc faire l'affaire, j'ai intérêt
à la savourer lentement !
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| Lady Bay avec Sydney au fond |
J'ai bien fait de venir
ici, c’est très tranquille et après avoir dépassé Camp Cove,
prise d'assaut par les familles, il y a un petit chemin qui mène au
phare à l'entrée de Sydney Harbour, le long d'un terrain militaire.
Chemin faisant on découvre une belle petite crique, Lady Bay, avec
du sable presque blanc, de la végétation tout autour et des rochers
de part et d'autre. C'est un petit coin sauvage dans un parc national
d'où l'on peut voir au loin Sydney et son pont. Cerise sur le
gâteau, c'est une plage naturiste, alors plus de souci avec le
maillot que je n'ai pas. Quant au parc national, ils abusent un peu,
c'est une bande d'une centaine de mètres coincée entre la mer et la
zone militaire et longue de un ou deux kilomètres. En fait je crois
qu'en Australie tout coin non construit et qui appartient à l'état
est un parc national. Une manière d'empêcher l'urbanisation sans
doute. Si nous faisions pareil en France, nous aurions beaucoup de
parcs nationaux, à commencer par le bois de Vincennes !
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| Camp Cove |
Lady Bay a un faux air de
crique de côte d'azur avec son eau turquoise, ses rochers et
quelques palmiers sur le rivage. Il faut dire que Sydney jouit d'un
climat presque méditerranéen et alors qu'il serait l'équivalent
chez nous d'un 9 mai, il fait très chaud la journée et j'ai même
pu me baigner, sans avoir à craindre les méduses. Certes ce n'est
pas la température des eaux du Queensland, qui devenaient de plus en
plus chaudes au fur et à mesure que je montais au nord, mais ça
suffit amplement pour se baigner sans avoir à se forcer. Le plus
chaud où je me sois baigné c'est à Cape Tribulation. Il suffit de
se promener le long de la plage à la tombée de la nuit pour sentir
des émanations de chaleur provenant de la mer. Ce n'est pas pareil
ici. Les soirées sont glaciales, dès 17 heures et alors qu'il fait
nuit après 20 heures, il faut une petite laine. Heureusement j'ai le
gilet que je viens d'acheter. Un achat intelligent. Qui me servira
bien dans quelques heures quand je vais débarquer à Paris. Je
suppose que là bas ce qui m'attend n'a rien de rose. Mais je ne suis
pas triste, je vais juste y faire un saut le temps de valider mon
inscription au chômage et d'aller voir mes parents. Avant de
reprendre la route...








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