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samedi 9 novembre 2013

Sydney Harbour


Depuis que je suis à Sydney j'ai mes repères, comme si j'étais parti il y a seulement quelques semaines. Quand je suis sorti de l'aéroport hier, pas besoin de regarder les panneaux ni de lire les plans des lignes de train. Je savais directement où aller et comment. Idem arrivé à Circular Quay pour trouver le chemin de l’auberge de jeunesse. Ce n'est pas très facile car il faut prendre plein de petits passages avec des escaliers car l'auberge est située sur les hauteurs, dans le quartier The Rocks, au niveau du fameux Harbour Bridge. A l'accueil ils ont voulu me distribuer un plan de Sydney, mais je n'en ai pas besoin non plus, je sais me repérer.
Aujourd'hui je comptais me rendre à Bondi Beach, fameuse plage de Sydney de tous les T-shirts et casquettes que comptent les boutiques de souvenirs de la ville. 
A ce sujet, je suis en recherche d'un sweat-shirt qui m'a tapé dans l’œil. Celui qu'une fille portait sur Scamper, le bateau qui nous avait amené aux Whitsundays. C'est un truc unisexe. Après avoir écumé plusieurs boutiques, j'ai fini par trouver la couleur que je cherchais : vert forêt avec des bandes jaunes aux épaules avec marqué Australia devant en lettres jaunes et un écusson à l'effigie du drapeau national. Ce n'est pas pour frimer, mais quitte à porter quelque chose, autant que ce soit quelque chose qui me rappelle un endroit plutôt que de porter des inscriptions à la noix qu'on ne comprend jamais. Par contre c'est une saloperie Made in China, comme tout le reste de ce qui était vendu. Même la caissière était Made in China. 
Mais c’est partout pareil, on ne peut pas y échapper, ils ont le monopole des articles de souvenirs et même les toiles vendues à Montmartre par de prétendus artistes peintres qui font semblant de peindre pendant des heures le jour durant sont faites pas de petites mains chinoises à qui l'on expédie des photos de la capitale. Ainsi va la mondialisation...
Au lieu de Bondi Beach, j'ai finalement choisi un autre endroit, immédiatement accessible depuis le Circular Quay, le quai central où tous les ferrys débarquent pour relier les banlieues au centre ville de Sydney. En plus c’est tout de même plus agréable de prendre un ferry et de bénéficier ainsi d'une croisière autour de Sydney que de s'emmancher dans un métro. 
Rose Bay
Et puis aujourd’hui c'est samedi, alors Bondi risque d'être bondé. J'ai réalisé tardivement, une fois descendu aux quais, que j'avais oublié le maillot de bain à l'auberge. Alors déambuler sur une plage où il faut voir et être vu, en slip, ça ne le fait pas trop ! J'ai donc choisi un ferry pour Watson Bay, une baie qui marque la fin de Sydney Harbour.
Sydney Harbour porte en fait mal son nom, ce n'est pas un port mais un ensemble de bras de mer qui serpentent un peu partout autour de Sydney et le long desquels se trouvent de belles villas les pieds dans l'eau. Ce sont des banlieues résidentielles bien plus agréables que le centre ville avec ses tours modernes et sans charme. Car on ne peut pas dire que Sydney soit très belle. 
Lady Bay
On y vient pour son ambiance, au passage pas si décontractée que ça, grande ville cosmopolite oblige. Il n'y a pas de monuments particuliers à voir. Ville nouvelle plus nouvelle que celles des États-Unis, hormis le pont au dessus de Sydney Harbour et le fameux opéra à l'architecture douteuse, c'est à peu près tout ce qu'il y a à voir. Le reste n'est que grandes avenues de béton où la voiture est reine. En tant que piéton, il faut attendre des heures aux feux avant qu'ils passent au vert et malheur si vous êtes au niveau d'une place et que vous avez deux rues à traverser. Du coup je fais mon rebelle, je traverse au rouge sous l’œil incompris des australiens disciplinés, courant comme un lapin pris dans les phares d'une voiture en me frayant un chemin.
L'entrée de Sydney Harbour sur la mer de Tasmanie
Le ferry avant d'arriver à Watson Bay s'arrête à Rose Bay qui dispose d'un petit îlot vierge autour duquel des voiliers viennent faire un tour ainsi que des espèces d'embarcations monoplace avec une voile pas plus haute qu'un parasol de plage. Pas sûr qu'il faille un permis bateau pour ce genre de navire ! Je suis un peu parti dans la précipitation ce matin, de sorte que je n'ai rien pour déjeuner à part une banane qui est en train de finir en comporte au fond du sac. En fait je comptais trouver tout ce dont j'aurais besoin à Bondi Beach. Mais comme j'ai changé mes plans, à Watson Bay il n'y a rien d'autre que deux ou trois restaurants, aucune supérette. De toute façon je n'ai plus de liquide et le seul distributeur présent prend une commission de plus de 10%. La banane devra donc faire l'affaire, j'ai intérêt à la savourer lentement !
Lady Bay avec Sydney au fond
J'ai bien fait de venir ici, c’est très tranquille et après avoir dépassé Camp Cove, prise d'assaut par les familles, il y a un petit chemin qui mène au phare à l'entrée de Sydney Harbour, le long d'un terrain militaire. Chemin faisant on découvre une belle petite crique, Lady Bay, avec du sable presque blanc, de la végétation tout autour et des rochers de part et d'autre. C'est un petit coin sauvage dans un parc national d'où l'on peut voir au loin Sydney et son pont. Cerise sur le gâteau, c'est une plage naturiste, alors plus de souci avec le maillot que je n'ai pas. Quant au parc national, ils abusent un peu, c'est une bande d'une centaine de mètres coincée entre la mer et la zone militaire et longue de un ou deux kilomètres. En fait je crois qu'en Australie tout coin non construit et qui appartient à l'état est un parc national. Une manière d'empêcher l'urbanisation sans doute. Si nous faisions pareil en France, nous aurions beaucoup de parcs nationaux, à commencer par le bois de Vincennes !
Camp Cove
Lady Bay a un faux air de crique de côte d'azur avec son eau turquoise, ses rochers et quelques palmiers sur le rivage. Il faut dire que Sydney jouit d'un climat presque méditerranéen et alors qu'il serait l'équivalent chez nous d'un 9 mai, il fait très chaud la journée et j'ai même pu me baigner, sans avoir à craindre les méduses. Certes ce n'est pas la température des eaux du Queensland, qui devenaient de plus en plus chaudes au fur et à mesure que je montais au nord, mais ça suffit amplement pour se baigner sans avoir à se forcer. Le plus chaud où je me sois baigné c'est à Cape Tribulation. Il suffit de se promener le long de la plage à la tombée de la nuit pour sentir des émanations de chaleur provenant de la mer. Ce n'est pas pareil ici. Les soirées sont glaciales, dès 17 heures et alors qu'il fait nuit après 20 heures, il faut une petite laine. Heureusement j'ai le gilet que je viens d'acheter. Un achat intelligent. Qui me servira bien dans quelques heures quand je vais débarquer à Paris. Je suppose que là bas ce qui m'attend n'a rien de rose. Mais je ne suis pas triste, je vais juste y faire un saut le temps de valider mon inscription au chômage et d'aller voir mes parents. Avant de reprendre la route...

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