Je suis devenu guide
accrédité de Koh Tarutao. Tout ceux qui viennent à Ao Son me
demandent où se trouve la seconde cascade. Ils veulent tous les
détails, un peu inquiets de ne pas trouver ou de devoir escalader
des portions raides. Je vais finir par afficher un plan pour ne pas
avoir à répéter. Il y a un voilier qui mouille dans la petite baie
devant le restaurant. Le capitaine s’appelle apparemment Gary, si
j'en juge le nom du réseau wifi qui est soudain apparu. Chaque fois
que je vois un voilier ou un catamaran, je regarde si je peux capter
son signal. Car de nos jours tous les marins ont internet à bord. Ce
sont souvent des voyageurs au long cours, jamais au même endroit,
qui égrènent les pays et leurs côtes là où les vents les
poussent. Internet est alors le seul lien qui les relie au monde.
Gary est un américain ou canadien (il parle français avec un accent
américain) qui a son bateau qu'il laisse en Malaisie quand il n'est
pas là. Il doit servir de capitaine car il a avec lui un couple
d'une cinquantaine d'années et un jeune à son bord qui parlent une
autre langue. Ils doivent repartir dans l'après midi pour Langkawi,
après leur balade à la cascade. Ça me rappelle la première fois
en Thaïlande. J'en ai un peu la nostalgie. J'aime le bateau et la
liberté que l'on ressent. C'est la formule idéale pour explorer les
côtes de Thaïlande ou d'autres pays. Pas d'horaire à respecter, on
lève l'ancre quand on veut, on peut dormir dans des baies où
personne ne va, bercé par le roulis et le clapotis sur la coque, le
tout avec sa maison qui suit, certes petite, mais avec tout le
confort nécessaire : cuisine, chambre avec vrai lit, toilettes.
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| Voici la vue qu'il a du bateau |
Tout est exiguë comme dans une caravane mais on s’en moque. C’est
même mieux, on a tout sous la main et quasiment pas de ménage à
faire. Plus jeune j'avais envie de passer le permis bateau. D'abord
le côtier, puis le hauturier qui permet d'aller en haute mer. Mais
ce qui m'intéresse ce ne sont pas les bateaux à moteur mais à
voile. C'est mieux, ça coûte rien en carburant, c'est plus écolo
et ça trace sans bruit de moteur, juste avec les voiles qui claquent
au vent. Je me verrais bien vivre sur un bateau, ça correspond bien
à mon caractère : solitaire mais avec la possibilité de
mouiller dans le port d'une ville quand le manque se fait sentir. Par
contre c’est un gouffre financier. Déjà à l'achat, mais ensuite
avec les frais d'entretien, les droits de port, le carburant. Il faut
être très riche pour s’offrir ce style de vie. Cela restera sans
doute un rêve.
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| Coucou du matin au petit déjeuner |
En fait j'avais dans l'idée de faire ce que beaucoup
de skippers font : offrir leurs services dans une marina
quelques jours par mois, pour renflouer les caisses. Il y a toujours
une demande pour emmener des touristes faire un tour. Et c'est
quelque chose d'universel, qui peut se pratiquer dans tous les pays.
Il y a peu de métiers de rêve comme ça, libres, indépendants et
sans attache. Moniteur de plongée est une autre option. Mais là je
ne suis pas fan, je garde un souvenir douloureux de mon baptême de
plongée aux Maldives.
A part guide des lieux,
je suis aussi connu comme revendeur de cartes SIM. J'ai refilé la
dernière qui me restait. En fait je n'avais pas besoin de plusieurs
cartes. Une seule suffit. C'est du prépayé. Quand on n'a plus de
crédit internet, la carte ne devient pas muette pour autant. On
reçoit encore un peu internet, pour charger son compte avec le
montant de l'offre à laquelle on veut souscrire. Le paiement se fait
par carte bleue.
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| Vue depuis la gargote |
On a le choix entre plein de formules :
internet à la journée avec capacité illimitée ou non, avec appels
inclus ou sans. Et la même chose se décline à la semaine ou au
mois. J'ai pris un mois à 199 bahts avec 1.5Gb d'internet. C’est
peu mais normalement suffisant pour consulter les mails et mettre à
jour le blog. Comme toutes mes photos sont compressées et réduites
de manière à permettre un affichage fluide et à consommer moins de
mémoire sur le site Blogger (la capacité n’est pas illimitée),
je consomme peu de données. Je ne sais pas si la carte SIM sera
encore valide l'an prochain. Sans doute qui si je ne m'en sers pas
pendant plusieurs mois elle devient inactive. En général ça
fonctionne comme ça avec les formules prépayées.
Depuis que je suis arrivé
sur Tarutao, rien ne me manque. Sauf ce soir où j'avais envie
d'olives. C'est arrivé soudainement.
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| Riz ananas |
Pas le pain, ni le fromage ou
encore les laitages. Tout ce qu'on consomme normalement tous les
jours, je ne sais plus ce que c'est. Et ça me va bien. Avant je me
sentais tout le temps gonflé. Là j'ai retrouve un ventre tout plat.
Le régime asiatique me réussit bien. En plus les portions ne sont
pas pantagruéliques mais suffisantes. Comme à chaque fois je ne
prends qu'un plat par repas, je dois être un peu en restriction
calorique. Mais je m'en sens bien mieux. Mes repas n'ont plus ni
gluten ni lactose. Les seuls féculents que j'ai sont amenés par le
riz. Je devrais essayer ce régime au retour. Je suis peut être
intolérant à quelque chose. Au petit déjeuner c'est assiette de
fruits frais (ananas et pastèque) avec le thé vert que j'ai amené.
Au déjeuner, un plat végétarien (omelette et riz, ou riz aux
légumes ou riz à l'ananas) et une assiette de fruits suffisent.
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| Pendant ce temps passe un varan |
Pour le dîner c'est un plat avec du poulet, au choix entre curry
vert, aux noix de cajou, feuilles de basilic piquantes ou sauce aigre
douce avec tomates et ananas, accompagné d'une timbale de riz et
d'une bière. Le tout me revient à 500 bahts la journée, soit 14
euros. C'est mon budget quotidien, hors transports maritimes et coût
du camping (30 bahts la nuit). Soit la vie d'aventurier au grand air
pour moins de 500 euros par mois. Budget pour deux mois, tout compris
vols/camping/transferts/repas : 1500 euros. Avec ça vous avez
droit à quoi en France ? Une pauvre semaine au ski ?
On vit sur Tarutao comme
dans les anciens temps que je n'ai pas connus. La nourriture est
conservée au frais dans de grandes glaciaires hautes comme une benne
à ordure, remplies de glaçons au fond qui tiennent longtemps.
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| La cuisine à l'ancienne |
La
cuisinière passe une demie heure matin et soir à pilonner dans un
mortier des épices et aromates qui lui serviront à confectionner
les plats. Elle y met toute son énergie, assise en tailleur sur un
banc, en s'essuyant le front. On l'entend à des dizaines de mètres
à la ronde. Pour l'électricité ils ont un gros générateur à
mazout derrière les toilettes qu'ils ne branchent que le soir
pendant quelques heures, et encore s'il y a un peu de monde. Le reste
de la journée, grâce à la rivière qui coule à côté, ils ont un
peu d'électricité produite par un petit moulin à eau, suffisant
pour recharger téléphones et allumer deux ampoules. J'ai eu le
malheur un jour de brancher mon ordinateur juste avant qu'il mettent
en route le générateur. La différence de courant a produit un
grésillement dans le chargeur que j'ai de suite retiré alors que
les ampoules vacillaient. J'ai failli faire sauter le camp !
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| Jolie petite écorce nouée d'une liane |
Mais le mal est fait, le chargeur est grillé. Du coup je suis bien
embêté pour charger l'ordinateur. Ça m'a beaucoup préoccupé car
j'aime bien écrire et cela allait signifier la fin. Mais par chance
Akki et Esther ont un chargeur USB qui s'adapte à mon appareil et
qui réussit à le charger assez rapidement. Ils n'en ont pas besoin
dans l'immédiat car ils ont un chargeur solaire qui répond à leurs
besoins. Et comme ils partent vendredi faire un visa run en Malaisie,
ils vont voir si en chemin ils peuvent me trouver un chargeur. Je
suis donc tranquille jusqu'à fin février. Après, sur Koh Adang,
soit j'aurai un nouveau chargeur, soit je devrai me débrouiller avec
celui du téléphone qui ne recharge quasiment pas l'ordinateur en
raison de son faible ampérage. Mais bon, il ne me restera que dix
jours à tenir.
Aujourd'hui il y a du
poisson à sécher au soleil, des filets déjà un peu grillés,
disposés sur un tamis. Je croyais qu'ils étaient couverts de petits
moucherons mais c'était des traces de grill. Stefano m'a raconté
comment ils pêchent. Ils ont un grand filet dont ils se servent pour
encercler une zone. Ensuite il n'y a qu'à resserrer le cercle
progressivement jusqu'à joindre les bords pour avoir une pêche
abondante et sans trop d'efforts. Il suffit d’être deux, un de
chaque côté. Au soleil, le poisson sèche si vite qu'il n'a pas le
temps de pourrir. Le soir il était déjà transformé en chips.
Après ils mangent ça comme une friandise.
Entre autres friandises,
j'ai droit à de petits cadeaux maintenant que les rangers ont vu que
j'étais là pour rester. Ils ne parlent toujours pas de langage avec
moi, juste des gestes, comme par exemple une main qu'on tourne sur le
ventre pour demander si j'ai faim.
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| La rivière qui coule à côté... |
Parfois Stefano sert d'interprète.
Il parle thaï. Ceux qui restent longtemps comme Akki conversent avec
les rangers, ils leurs donnent des mots qu'ensuite on écrit sur son
bras avant de les retranscrire sur un carnet. Pour moi c'est trop
compliqué. Leur langue est si différente. Et pour la prononciation,
l’accent fait qu'on a l'impression qu'il ne sort qu'un son, une
longue syllabe dont on ne comprend s'il y a une consonne ou une
voyelle qui traîne là dedans. Déjà qu'ailleurs sur l'île, quand
ils parlent anglais je fais répéter... Il n'y a jamais de dessert à
la carte mais ce soir j'ai eu deux espèces de boules de pâte molle,
façon pâte à modeler. L’intérieur était fourré d'un truc sec
et vert avec un genre d'amande marron au milieu. Au final, ce n'est
pas mauvais, presque pas sucré mais c'est assez bourratif. Comme ils
ont vu que j'avais fini les deux boules, ils sont revenus avec un
cookie fourré à toutes sortes de noix.
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| ... garnie d'un python dans les branches! |
Je le garde pour le petit
déjeuner. Puis avec Stefano j'ai été invité à piocher dans un
sac en plastique un truc bouilli qui ressemblait à ces vers de noix
de coco. Stefano ne voulait pas me dire ce que c'était, je
commençais à m'inquiéter. J'ai demandé si c'était végétal.
C’est une graine. Mais d'un fruit que je n'aime pas. Si ce n’est
que ça, allons-y ! La graine, de la taille d'une noix de pécan,
a une pellicule transparente très épaisse et dure comme du
plastique. L'intérieur est farineux et a goût de châtaigne. Pour
arriver à ce stade, ils doivent faire bouillir les graines pendant
40 minutes. C'est la graine du « jackfruit », un fruit
que j'ai découvert cette année par Mu qui nous avait ramené ça un
jour. Le fruit est jaune, a la couleur et la forme d'une grosse
banane, sauf que ça sent le durian, autrement dit la merde de
chien ! Ou le roquefort si l'on préfère, pour ne pas couper
l'appétit. Ça n'a pas le goût de ce que ça sent, mais ce n'est
pas agréable pour autant. Je peux en manger, mais je n'ai aucun
plaisir. Aussi à ceux qui pensent me faire plaisir en m'en offrant,
je préfère dire que je n'aime pas. Comme ça ils en auront plus
pour eux.
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| La plage d'Ao Son |
Ça fait plus d’une
semaine maintenant que je suis à Ao Son. A force, on finit par se
sentir chez soi. Une certaine routine s'installe, on prend ses
marques, on finit par faire des choses machinalement sans les penser.
Du coup quand le midi les promeneurs débarquent ça me fait tout
drôle, j'ai l'impression d'être envahi. Et quand j'en vois certains
pas discrets, je regarde s'ils n'ont pas un gros sac à dos, de peur
qu'ils ne passent la nuit ici. Mais ils ne font que passer. Comme ce
canadien que j'ai eu deux fois à table. Un canadien anglophone dont
on ne voit pas la différence d'avec un américain. L'accent est le
même, on comprend juste un peu mieux les mots. Il était tout
content d'avoir quelqu'un à qui parler. Il m'est tombé dessus et
n'a pas cessé de me raconter ses aventures. Rendez-vous compte, il
circule en kayak. Il l'a acheté à Koh Lipe, à un réceptif de
location de kayak qui ferme boutique et vend son matériel.
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| Gecko au dîner |
Il est
venu de Koh Lipe à la rame. C'est très loin. Il faut compter une
heure par un speedboat qui va très vite, je n'ose imaginer avec une
pagaie. Et puis être comme ça en pleine mer loin de toute côte,
avec le vent qui souffle en tornades depuis quatre jours, il faut en
vouloir. Il s'en est vu d'ailleurs, surtout arrivé à la pointe sud
de Tarutao. Là, en plus du vent, il devait lutter contre des
courants qui voulaient le fracasser contre des rochers acérés. Il a
dormi la nuit dernière à la lagune, dans son hamac. Il a juste un
sac poubelle et un petit sac de plongée étanche. Il sent aussi bon
qu'un SDF peut l'être en plein été. Il parle à bâton rompu à
tous ceux qu'il croise sur son chemin. Il doit être an manque de
contact. La fin de son expédition est pour Pak Bara, la jetée sur
le continent d'où partent tous les bateaux pour Koh Lipe et Koh
Tarutao. Il va passer cette nuit à Ao Pante, avant d'aller explorer
la mangrove et Crocodile Cave. A Pak Bara il compte revendre son
kayak.
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| Le camp le soir avant le coucher du soleil |
Pour un peu je lui aurais bien repris, si j'avais un peu plus
de bahts sur moi et s'il ne prenait pas l'eau. Car dès qu'il y a une
vague ça rentre dedans et il est obligé d’écoper. Je n'ai pas
vu son kayak, mais ce doit être un kayak fermé. Je ne les aime pas
trop. On est engoncé dedans et j'ai toujours peur de rester coincé
à l'intérieur s'il venait à se retourner. Je préfère les kayaks
ouverts avec des trous aux quatre coins pour évacuer l'eau. Il
n'empêche que je l'envie un peu. Avoir un kayak sur Tarutao c’est
ce qu'il y a de mieux pour explorer ses côtes, en s’arrêtant dans
des baies inaccessibles pour y passer la nuit. D'ailleurs j'avais
dans l'idée d'en acheter un gonflable et de l'emmener en avion. Mais
c’est encore 10 kilos de plus à traîner. Matériel de camping ou
kayak, il faut choisir.
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| La baie devant le restaurant, au coucher du soleil |
Il s'avère que la
moustiquaire que j'ai autour du hamac s'avère inefficace contre les
sandflies. Il y en a tellement sur la plage qu’elles ont trouvé la
parade. Je trouvais que ça virevoltait de plus en plus à
l'intérieur et je mettais ça sur le fait que je devais en apporter
de nouvelles avec moi chaque fois que je m'enferme dans le hamac.
Mais ce soir il y en avait beaucoup trop. Elles arrivaient par le
bas, je les voyais par transparence de l'autre côté du hamac sous
mes jambes. J'ai regardé en dessous et là j'ai compris. Je n'ai pas
de trou mais en fait elles sont toutes agglutinées sur la
moustiquaire, par dizaines, comme si c'était un attrape mouches. Et
elles marchent dessus jusqu'à trouver un passage. En fait quand
elles ne volent pas, elles sont si petites qu'elles peuvent passer
par les trous, je les ai vues faire.
Tant qu'elles volent elles ne
peuvent passer mais si elles se posent c’est foutu. Je n'avais pas
pensé à ça. Du coup l'intérieur du hamac est devenu une cage à
sandflies. Je suis sûr que j'en aurais moins sans la moustiquaire.
Je suis obligé d'être couvert des pieds à la tête, avec le
pantalon rentré dans les chaussettes toute la journée. Ça me donne
une dégaine d'enfer. Et ceux qui viennent se balader sur la plage et
qui ne savent pas doivent me prendre pour un cinoque. Mais le fou
n'est pas celui qu'on croit. Cinq jeunes bruyants sont arrivés dans
l'après midi et ont convoité mon coin bien à l'ombre sous ce grand
arbre qui avance sur la plage et qu'on voit de loin. Ils ne m'ont vu
dans le hamac qu'au dernier moment mais ça ne les a pas incité pour
autant à aller plus loin.
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| Vue imprenable quand je me baigne |
Ils ont commencé à mettre leur serviette
à deux mètres. J'ai lancé un œil noir par dessus le rebord du
hamac, en soufflant et pestant « j'y crois pas ! ».
C'est l'effet grégaire, certains adorent se mettre à côté
d'autres personnes. La fille du groupe qui sentait que j'avais pas
l'air très sympathique m'a demandé s'ils pouvaient se mettre là.
J'ai répondu : « la plage fait quatre kilomètres, il y a
des arbres plus loin et je me baigne à poil ! ». Le
dernier argument a fait mouche, ils sont allés plus loin ignorer ces
fesses que je ne saurais voir.


















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