Je suis passé en vitesse
de croisière. En plus hier j'ai récupéré mes épingles à linge
et la corde qui va avec. Par contre j'ai subi une attaque de macaque
à l'heure du déjeuner. Je ne les vois jamais, ils devaient m'épier
et guetter le moment où je partirais manger. Ça n'a duré que 30
minutes mais ça a suffi. Ils n'ont pas réussi à ouvrir la cage (je
la cadenasse quand je m'éloigne, au cas où ils trouvent comment
ouvrir la porte) alors ils ont dû passer une main à travers les
barreaux pour extirper tout ce que j'avais de sacs plastiques :
celui où je mets mes chargeurs et un autre où je range mon thé.
Ils ont dû assimiler les sacs plastiques à de la nourriture
potentielle. J'ai retrouvé des confettis tout autour sur le sol.
![]() |
| Koh Adang au fond, où je finirai mon séjour |
Par
chance ils n'ont pas grignoté les fils des chargeurs. Par contre le
sachet de thé a été éventré et il m'en manque un tiers. Tout ce
saccage pour du thé ! Je ne suis pas sûr que cela soit très
nutritif, je ne pensais d'ailleurs pas qu'ils puissent être attirés
par ça. C'est juste des feuilles séchées ; c’est un thé
vert japonais, le plus prisé, du sencha, que j'ai acheté bio en
sachet à Madrid avant de partir, pour une somme rondelette
s'agissant de thé. Mais celui là est la rolls des thé verts et ses
vertus ne sont plus à prouver. Il regorge d'une molécule hautement
anti-oxydante, dont les propriétés restent intactes de par la
méthode de séchage propre à ce thé. C'est pour cela que je l'ai
apporté. Le soleil crée des radicaux libres, alors je me suis dit
qu'un anti-oxydant ce ne se serait pas mal. Apparemment les macaques
approuvent la démarche !
Désormais je garde ce qu'il reste du
thé avec moi, comme mon portefeuille. Le garde qui m'a ramené le
fil à linge m'a vu faire le matin avec ma boule à thé et il est
allé chercher spécialement pour moi une théière, me demandant
juste de la rendre quand je partirai. C'est très gentil de sa part.
Jusqu'à présent je me débrouillais avec des tasses que je
remplissais au fur et à mesure. Pour la cage, j'ai trouvé un filet
de pêche échoué sur la plage, que j'ai mis par dessus et accroché
aux barreaux par du fil de fer. Ces macaques auront ma peau !
Les gens qui étaient là
quand je suis arrivé sont déjà tous repartis. Même les campeurs.
Le séjour moyen est de 3 nuits. On n'est que 4 à rester plus
longtemps, Jean-Pierre et Stefano à Ao Son, l'italien et moi à Ao
Pante.
![]() |
| Pas mal la vue du camping non? |
Pour Ao Molae, si je ne peux pas y aller, je ne me vois pas
rester tout le temps à Ao Pante. Car les long tail boat sont de
retour. Ça m'apprendra à crier victoire trop vite ! Ils
commencent dès 6 heures. Certes c'est toujours plus tard que la
barge barje mais on est loin du calme d'Ao Molae en temps normal. En
plein après midi il y avait une bonne dizaine de barcasses alignées
au débarcadère. Soit au moins le double le soir quand tous les
pêcheurs rentrent dormir... pour mieux repartir de concert avant que
le jour ne se lève. Pourrais-je avoir une île vraiment déserte ?
Ça existe encore ? Loin de toute activité humaine. Il me reste
encore 3 paradis : Hinchinbrook Island en Australie, les Rock
Islands à Palau ou encore le Costa Rica en dormant dans la voiture
loin des habitations. Mais ce n'est pas le même budget.
Sans doute
que l'an prochain j'essaierai une de ces destinations. J'ai aussi des
envies de côte ouest de l'Australie mais l'hiver chez nous
correspond à la saison des pluies. Palau pourquoi pas, mais sans
refaire le trip kayak. J’aimerais me faire déposer sur une des
îles désertes que j'avais bien aimées, avec eau et vivres, pour
une expérience totale de Robinson, et me faire récupérer ensuite.
Mais je ne me vois pas rester deux mois de la sorte coupé de tout et
sans confort, sans fruits ou légumes frais. Et aller si loin pour ne
rester que 10 jours ça ne vaut pas vraiment le coup. Reste le Costa
Rica. En camping sauvage à Playa Prieta au Costa Rica en
atterrissant à Libéria, si cette plage est toujours aussi sauvage ?
Bon, pour l'instant je suis là, profitons !
Confirmation : dans
l'après midi j'ai vu passer la barge avec son remorqueur. Preuve
qu'on n'en est pas au début de la fin. Les sandflies me font aussi
tourner bourrique. J'ai voulu prendre un autre type d'anti-moustique
que le DEET, à base d'Icaridine, censé offrir une protection
meilleure tout en étant moins nocif. De plus j'en ai trouvé dans
une contenance démente : 1 litre ! Ceci pour traiter les
chevaux afin de les laisser en paix. Ça marche bien contre les
moustiques mais les sandflies s'en moquent royalement. Du coup je
suis dévoré. Pour conserver une peau non cloquée et des nuits sans
se gratter, je me trimbale en pantalon tout le temps. J'ai aussi un
T-shirt long très léger mais je ne le supporte pas, il me fait
transpirer. Heureusement j'ai une moustiquaire de hamac.
Je passe
donc mon temps dedans, contemplant le dehors à travers un voile
vert. Ça fait un peu prison et j'ai l'impression d'être dans un
cocon. Ça finit pas faire beaucoup d'inconvénients. Je me dis bien
qu'il faut que j'arrête de focaliser là dessus. Ça marcherait bien
si je n'y restais qu'une semaine mais la perspective de deux mois
dans ces conditions ne m'enthousiasme pas des masses. Il y a pourtant
une solution : Koh Adang. Ce n'est pas si mal que ça. Je vais
peut être couper la poire en deux pour rester là bas un mois. Pas
de sandflies là bas, pas de long tail boat la nuit aussi surprenant
que cela soit avec Koh Lipe juste en face. Et puis il y a moyen de
mettre la tente à l'écart du camping et le hamac caché dans la
jungle. Par contre il y a plus de monde. Rien n’est parfait. Pour
l'instant je compte y séjourner les 10 premiers jours de mars. Ça
va dépendre de l'évolution d'Ao Molae. J'ai toujours espoir d'y
camper.







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