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mardi 17 janvier 2017

Macaque attaque

Je suis passé en vitesse de croisière. En plus hier j'ai récupéré mes épingles à linge et la corde qui va avec. Par contre j'ai subi une attaque de macaque à l'heure du déjeuner. Je ne les vois jamais, ils devaient m'épier et guetter le moment où je partirais manger. Ça n'a duré que 30 minutes mais ça a suffi. Ils n'ont pas réussi à ouvrir la cage (je la cadenasse quand je m'éloigne, au cas où ils trouvent comment ouvrir la porte) alors ils ont dû passer une main à travers les barreaux pour extirper tout ce que j'avais de sacs plastiques : celui où je mets mes chargeurs et un autre où je range mon thé. Ils ont dû assimiler les sacs plastiques à de la nourriture potentielle. J'ai retrouvé des confettis tout autour sur le sol. 
Koh Adang au fond, où je finirai mon séjour
Par chance ils n'ont pas grignoté les fils des chargeurs. Par contre le sachet de thé a été éventré et il m'en manque un tiers. Tout ce saccage pour du thé ! Je ne suis pas sûr que cela soit très nutritif, je ne pensais d'ailleurs pas qu'ils puissent être attirés par ça. C'est juste des feuilles séchées ; c’est un thé vert japonais, le plus prisé, du sencha, que j'ai acheté bio en sachet à Madrid avant de partir, pour une somme rondelette s'agissant de thé. Mais celui là est la rolls des thé verts et ses vertus ne sont plus à prouver. Il regorge d'une molécule hautement anti-oxydante, dont les propriétés restent intactes de par la méthode de séchage propre à ce thé. C'est pour cela que je l'ai apporté. Le soleil crée des radicaux libres, alors je me suis dit qu'un anti-oxydant ce ne se serait pas mal. Apparemment les macaques approuvent la démarche !
Désormais je garde ce qu'il reste du thé avec moi, comme mon portefeuille. Le garde qui m'a ramené le fil à linge m'a vu faire le matin avec ma boule à thé et il est allé chercher spécialement pour moi une théière, me demandant juste de la rendre quand je partirai. C'est très gentil de sa part. Jusqu'à présent je me débrouillais avec des tasses que je remplissais au fur et à mesure. Pour la cage, j'ai trouvé un filet de pêche échoué sur la plage, que j'ai mis par dessus et accroché aux barreaux par du fil de fer. Ces macaques auront ma peau !
Les gens qui étaient là quand je suis arrivé sont déjà tous repartis. Même les campeurs. Le séjour moyen est de 3 nuits. On n'est que 4 à rester plus longtemps, Jean-Pierre et Stefano à Ao Son, l'italien et moi à Ao Pante. 
Pas mal la vue du camping non?
Pour Ao Molae, si je ne peux pas y aller, je ne me vois pas rester tout le temps à Ao Pante. Car les long tail boat sont de retour. Ça m'apprendra à crier victoire trop vite ! Ils commencent dès 6 heures. Certes c'est toujours plus tard que la barge barje mais on est loin du calme d'Ao Molae en temps normal. En plein après midi il y avait une bonne dizaine de barcasses alignées au débarcadère. Soit au moins le double le soir quand tous les pêcheurs rentrent dormir... pour mieux repartir de concert avant que le jour ne se lève. Pourrais-je avoir une île vraiment déserte ? Ça existe encore ? Loin de toute activité humaine. Il me reste encore 3 paradis : Hinchinbrook Island en Australie, les Rock Islands à Palau ou encore le Costa Rica en dormant dans la voiture loin des habitations. Mais ce n'est pas le même budget. 
Sans doute que l'an prochain j'essaierai une de ces destinations. J'ai aussi des envies de côte ouest de l'Australie mais l'hiver chez nous correspond à la saison des pluies. Palau pourquoi pas, mais sans refaire le trip kayak. J’aimerais me faire déposer sur une des îles désertes que j'avais bien aimées, avec eau et vivres, pour une expérience totale de Robinson, et me faire récupérer ensuite. Mais je ne me vois pas rester deux mois de la sorte coupé de tout et sans confort, sans fruits ou légumes frais. Et aller si loin pour ne rester que 10 jours ça ne vaut pas vraiment le coup. Reste le Costa Rica. En camping sauvage à Playa Prieta au Costa Rica en atterrissant à Libéria, si cette plage est toujours aussi sauvage ? Bon, pour l'instant je suis là, profitons !
Confirmation : dans l'après midi j'ai vu passer la barge avec son remorqueur. Preuve qu'on n'en est pas au début de la fin. Les sandflies me font aussi tourner bourrique. J'ai voulu prendre un autre type d'anti-moustique que le DEET, à base d'Icaridine, censé offrir une protection meilleure tout en étant moins nocif. De plus j'en ai trouvé dans une contenance démente : 1 litre ! Ceci pour traiter les chevaux afin de les laisser en paix. Ça marche bien contre les moustiques mais les sandflies s'en moquent royalement. Du coup je suis dévoré. Pour conserver une peau non cloquée et des nuits sans se gratter, je me trimbale en pantalon tout le temps. J'ai aussi un T-shirt long très léger mais je ne le supporte pas, il me fait transpirer. Heureusement j'ai une moustiquaire de hamac. 
Je passe donc mon temps dedans, contemplant le dehors à travers un voile vert. Ça fait un peu prison et j'ai l'impression d'être dans un cocon. Ça finit pas faire beaucoup d'inconvénients. Je me dis bien qu'il faut que j'arrête de focaliser là dessus. Ça marcherait bien si je n'y restais qu'une semaine mais la perspective de deux mois dans ces conditions ne m'enthousiasme pas des masses. Il y a pourtant une solution : Koh Adang. Ce n'est pas si mal que ça. Je vais peut être couper la poire en deux pour rester là bas un mois. Pas de sandflies là bas, pas de long tail boat la nuit aussi surprenant que cela soit avec Koh Lipe juste en face. Et puis il y a moyen de mettre la tente à l'écart du camping et le hamac caché dans la jungle. Par contre il y a plus de monde. Rien n’est parfait. Pour l'instant je compte y séjourner les 10 premiers jours de mars. Ça va dépendre de l'évolution d'Ao Molae. J'ai toujours espoir d'y camper.

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