Je réalise que je parle d'Ao Jak comme du coin où je vais camper mais je n'en ai mis aucune photo. Il faut dire que je n'y vais que pour dormir. J'ai donc fait un saut là bas en pleine journée pour immortaliser mon installation et me promener un peu sur la plage abandonnée. Pour me trouver, il faut prendre le chemin en direction de Ao Pante, le quartier général. Juste après Ao Molae on traverse une mangrove où plein d'oiseaux chantent au petit jour. Chaque matin j'en enregistre un. C'est là où j'avais vu des loutres l'an dernier. Cette année j'ai droit à un varan. Moins gros que celui sur Koh Adang, et plus lent. Il faut dire qu'au lever du jour il est tout engourdi par la fraîcheur de la nuit. Ces bestioles là, comme n'importe quel reptile, ne régulent pas leur température.
Le chemin passe un petit pont qui enjambe le bras de mer qui pénètre dans la mangrove. 200 mètres plus loin sur la gauche on arrive sur une sente de bestioles, un truc qui ressemble à un vrai sentier. Ça permet de rejoindre Ao Jak, mais surtout aux animaux de passer. Ce sont les vaches sauvages qui ont tracé la route. Depuis, je l'ai un peu améliorée car les plantes ont tout colonisé depuis l'an dernier. Il a dû pas mal pleuvoir cette année. Tous les endroits que je connais, aussi bien ici qu'à Koh Adang se sont énormément étoffés. Et puis d'ordinaire février voit la forêt tropicale sèche perdre ses feuilles. C'est très visible sur Ao Molae, où la colline au nord de la baie se pare de couleurs automnale. Pas cette année, elle reste toujours aussi verte.
Les vaches s'en foutent de se cogner dans les branches, de se frotter à plein de trucs, ça a un cuir épais, c'est passe partout et gros sabot. Moi pas. Alors j'ai replié des branches en les coinçant entre elles. Parfois elle se détachent sur mon passage et font catapulte. C'est la double peine. Non seulement on s'égratigne mais en plus on se fait fouetter. C'est là où je me suis installé, à dix mètres du passage des vaches. J'ai un arbuste de l'autre côté qui donne des fleurs roses. C'est très calme. Sauf quand les vaches sauvages passent vers deux heures du matin. Jamais avant, jamais après. Elles ne restent pas, elles ne font que transhumer. Ça a son circuit en tête, ses habitudes. Je les ai enregistrées en pleine nuit. Un meuglement énigmatique. Je me fais petit dans la tente. Pas envie d'être chargé ou piétiner. Elles ne m'ont pas repéré ou alors elles s'en fichent. Dans le clip audio, on en entend deux passer.
Après, c'est l'oiseau de 6 h30 dans son lit du haut qui célèbre le début de la journée en grande pompe. Debout la jungle, il est l'heure de se lever ! Parfois j'ai aussi la visite de la cuisinière du camp mais c'est moins drôle. Ici ils ne savent pas faire trois pas avec leurs jambes.Tout se fait à moto. Pour aller nettoyer les bungalows à 50 mètres ou pour aller à leur maisonnette 200 mètres plus loin, la moto sert de paire de pattes. Alors pour Ao Jak c'est pareil. La cuisinière y va chercher des coquillages. Elle arpente la plage à moto, s'arrête à un endroit et reprend son engin pour explorer un autre coin et ainsi de suite... L'autre jour elle a commencé à 5h30, une heure avant le lever du jour. C'est un peu pénible. Mais bon c'est parce que c'était marée basse à cette heure là, depuis elle recule l'heure de sa venue.
Ça a l'air très facile à pêcher. Un coup de cuillère dans le sable et hop dans le sac. En une demie heure elle en a collecté un plein sac plastique. Ce sont des coques, des genres de vénus qu'elle fait sauter à la poêle avec du curry. Ce n'est pas sur la carte, c'est seulement pour leur consommation personnelle.
Le chemin passe un petit pont qui enjambe le bras de mer qui pénètre dans la mangrove. 200 mètres plus loin sur la gauche on arrive sur une sente de bestioles, un truc qui ressemble à un vrai sentier. Ça permet de rejoindre Ao Jak, mais surtout aux animaux de passer. Ce sont les vaches sauvages qui ont tracé la route. Depuis, je l'ai un peu améliorée car les plantes ont tout colonisé depuis l'an dernier. Il a dû pas mal pleuvoir cette année. Tous les endroits que je connais, aussi bien ici qu'à Koh Adang se sont énormément étoffés. Et puis d'ordinaire février voit la forêt tropicale sèche perdre ses feuilles. C'est très visible sur Ao Molae, où la colline au nord de la baie se pare de couleurs automnale. Pas cette année, elle reste toujours aussi verte.Les vaches s'en foutent de se cogner dans les branches, de se frotter à plein de trucs, ça a un cuir épais, c'est passe partout et gros sabot. Moi pas. Alors j'ai replié des branches en les coinçant entre elles. Parfois elle se détachent sur mon passage et font catapulte. C'est la double peine. Non seulement on s'égratigne mais en plus on se fait fouetter. C'est là où je me suis installé, à dix mètres du passage des vaches. J'ai un arbuste de l'autre côté qui donne des fleurs roses. C'est très calme. Sauf quand les vaches sauvages passent vers deux heures du matin. Jamais avant, jamais après. Elles ne restent pas, elles ne font que transhumer. Ça a son circuit en tête, ses habitudes. Je les ai enregistrées en pleine nuit. Un meuglement énigmatique. Je me fais petit dans la tente. Pas envie d'être chargé ou piétiner. Elles ne m'ont pas repéré ou alors elles s'en fichent. Dans le clip audio, on en entend deux passer.
Après, c'est l'oiseau de 6 h30 dans son lit du haut qui célèbre le début de la journée en grande pompe. Debout la jungle, il est l'heure de se lever ! Parfois j'ai aussi la visite de la cuisinière du camp mais c'est moins drôle. Ici ils ne savent pas faire trois pas avec leurs jambes.Tout se fait à moto. Pour aller nettoyer les bungalows à 50 mètres ou pour aller à leur maisonnette 200 mètres plus loin, la moto sert de paire de pattes. Alors pour Ao Jak c'est pareil. La cuisinière y va chercher des coquillages. Elle arpente la plage à moto, s'arrête à un endroit et reprend son engin pour explorer un autre coin et ainsi de suite... L'autre jour elle a commencé à 5h30, une heure avant le lever du jour. C'est un peu pénible. Mais bon c'est parce que c'était marée basse à cette heure là, depuis elle recule l'heure de sa venue.Ça a l'air très facile à pêcher. Un coup de cuillère dans le sable et hop dans le sac. En une demie heure elle en a collecté un plein sac plastique. Ce sont des coques, des genres de vénus qu'elle fait sauter à la poêle avec du curry. Ce n'est pas sur la carte, c'est seulement pour leur consommation personnelle.
Le bébé macaque que j'avais pris en photo dans les bras de sa maman dans l'épisode « Ils ont volé la caisse » est mort cet après midi. La pauvre mère ne réalise pas encore. Au lieu d'avoir son bébé solidement accroché sous le ventre, elle le tient d'une main, comme un doudou, un polichinelle qui pendouille. Ça fait pitié. Pourtant Dieu sait si les macaques sont exaspérants. Et puis la mère est la plus terrible du camp.
Elle n'a peur de rien, vole d'un culot inégalé, ne se sauve pas. Ce matin elle a réussi à se faufiler dans la cuisine entre deux passages et a volé un ananas entier. Elle a grimpé ensuite dans un arbre, avec le lourd ananas dans une main, le bébé sous le ventre. C'est une acrobate, je ne sais pas comment elle fait. Toujours à sauter et à courir. Je suppose que le bébé n'a pas résisté à ce traitement. Il a dû se cogner quelque part pendant que sa mère se sauvait. Il faut dire qu'en plus on la chasse au lance pierre, comme c'est la plus terrible. Il n'empêche qu'ils m'avaient attendri dans cette scène tranquille d'un matin où la maman allaitait son rejeton, heureuse, immobile, la tête baissée et les yeux clos. J'en garde une image d'un monde qui n'est plus. La jungle a ses drames, c'est la vie et la nature. Le petit est allé rejoindre le paradis des macaques, ou son enfer; avec les macaques j'avoue qu'il y a de quoi hésiter...
Elle n'a peur de rien, vole d'un culot inégalé, ne se sauve pas. Ce matin elle a réussi à se faufiler dans la cuisine entre deux passages et a volé un ananas entier. Elle a grimpé ensuite dans un arbre, avec le lourd ananas dans une main, le bébé sous le ventre. C'est une acrobate, je ne sais pas comment elle fait. Toujours à sauter et à courir. Je suppose que le bébé n'a pas résisté à ce traitement. Il a dû se cogner quelque part pendant que sa mère se sauvait. Il faut dire qu'en plus on la chasse au lance pierre, comme c'est la plus terrible. Il n'empêche qu'ils m'avaient attendri dans cette scène tranquille d'un matin où la maman allaitait son rejeton, heureuse, immobile, la tête baissée et les yeux clos. J'en garde une image d'un monde qui n'est plus. La jungle a ses drames, c'est la vie et la nature. Le petit est allé rejoindre le paradis des macaques, ou son enfer; avec les macaques j'avoue qu'il y a de quoi hésiter...




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