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lundi 19 mai 2014

Le Mont Olympe

L'arrivée à Thessalonique de nuit m'aura privé d'un spectacle magique que je ne découvrirai que le lendemain matin, après avoir passé la nuit dans la voiture en bord d'une mer que j'ai bien eu du mal à rejoindre, au niveau d'Epanomi. Thessalonique est située au creux d'un golfe qui porte le nom de Thermaikos, dominée par le Mont Olympe, montagne des dieux, sacrée et divine, qui culmine à 2918 mètres avec un sommet bien enneigé d'où glissent de douces forêts bien touffues vers la mer. Le long de la côte, la végétation est plutôt tempérée, bien verte, constituée de châtaigniers, de chênes et de platanes. 
Le Mont Olympe vu de l'autre côté du golfe
Les bas côtés des routes n'ont rien à envier à ceux de France en cette saison, tout aussi opulents et parés d'une multitude de fleurs avec des coquelicots très hauts qui poussent en se mélangeant à des fleurs jaunes comme le colza qui s'épanouissent en buisson. Parfois il faut rouler au milieu de la route tellement la végétation gagne. En France ils auraient déjà tout coupé, je préfère comme c'est ici, c’est plus bucolique et ça donne l'impression que la nature veut digérer ce ruban d'asphalte qui la gène.
J'avais prévu de commencer mon périple par l'excursion des trois longues péninsules de Halkidiki que l'on voit très bien sur tout atlas au nord de la Grèce. 
Litochoro
Mais pour l'instant, déçu par des distances bien longues et une urbanisation poussée, j'ai préféré me rendre de l'autre côté, ne pouvant résister plus encore à l'appel du mont Olympe. Il y a des plages de sable agréables au pied du mont, avec de nombreuses stations balnéaires bordées d'une eau turquoise et prisées des allemands en saison si j'en juge les panneaux « zimmer » qui fleurissent dans les villages. Pour l'heure je suis tout seul, c'est l'avantage de voyager hors saison et en plus j'ai les montagnes parées de neige, que demander de mieux.
De la côte une petite route monte à Litochoro, dernier village situé à la sortie de la gorge d'Enipeas qui descend du mont Olympe. 
C'est un village tranquille où il fait bon vivre. Les habitants se sont réunis en petits groupes en terrasse et laissent exploser leur gaieté en chantant spontanément. C'est là que j'ai dîné avant de prendre la route du mont Olympe qui se termine en cul de sac 10 kilomètres plus loin, au cœur d'un parc national, le plus ancien de Grèce, fondé en 1937. Il y a un poste de garde mais à cette heure ci il est déserté. On trouve juste plus haut un refuge au bord de la route. Sinon il y en a d'autres plus hauts, ouverts aux randonneurs qui peuvent effectuer un circuit sur les crêtes du Mont Olympe, jalonnées de petits refuges. Le sentier de randonnée E4 passe par là et c’est avec joie que je le retrouve, petit chemin que je connais bien pour l'avoir emprunté à maintes reprises en Crète.
Holy Cave
La gorge est très escarpée et la route ne cesse de monter en lacets à travers une forêt de conifères. Je ne sais pas très bien où je vais bien pouvoir trouver refuge pour la nuit. Je pensais trouver un chemin où m'engouffrer pour cacher la voiture mais il n'y a rien d'autre qu'une route sinueuse sans point d’arrêt autre que ceux pour se garer le temps de prendre une photo. C'est bien dommage de parcourir une si belle route que la nuit a fini par engloutir. Je rate tout le spectacle, n'apercevant la cime de l'Olympe que de temps en temps avec ses sommets enneigés qui veillent comme un phare. Un peu avant la fin de la route on trouve une bifurcation qui mène à un monastère abandonné. C'est là que j'ai passé la nuit, sur le parking, dans la voiture pour la seconde fois.
Au lever du jour le spectacle était là rien que pour moi. Un sentier de randonnée permet de descendre au fond de la gorge pour se rendre à Holy Cave, en à peine 20 minutes. C'est l'occasion de randonner parmi les sapins, dans un environnement très alpin et couvert de fleurs sauvages. Ou trouve le long du torrent de petits bassins où l'on peut se baigner, bordés de sable de rivière où des campeurs aiment s'installer l'été si j'en juge les restes de vieux feux de camps. Il y a une multitude de cascades et on s’attend au détour d'un virage à croiser un ours brun qui peuple les parcs nationaux du nord de la Grèce. La nature ici est souveraine. 
C'est le paradis des oiseaux qui célèbrent une nouvelle journée de leurs gazouillis insouciants. Holy Cave est en fait une chapelle construite sous une falaise, dans un renfoncement d'où s'écoule un petit ruisseau. Eau bénite et cierges sont à disposition. Le long du chemin on trouvait déjà quelques lieux de recueillement, espèces de niches perchées à hauteur d'homme et garnies d'images pieuses comme on en trouve partout au bord des routes.
J'ai passé la matinée dans cet environnement enchanteur, avant de redescendre sur la côte, décidé à profiter un peu de la plage avant de repartir explorer le mont Olympe sous un autre profil. 
J'ai croisé quelques bus en descendant. Trop tard pour eux, ils ne verront rien ! Car le temps en montagne change très vite et les nuages avaient déjà commencé à passer par dessus les sommets avant de dégringoler sur les pentes. Le temps d'arriver à Litochoro, le Mont Olympe avait disparu. Privilège de dormir comme un vagabond, j'ai pu bien en profiter avant qu'il ne soit trop tard.
Il y a un truc bizarre dans le secteur ce sont les autoroutes. En l’occurrence celle qui vient de Thessalonique et descend vers Athènes en longeant la mer. Impossible de l'éviter, il n'y a pas d'autre route en alternative. 
Cette autoroute est une succession de poste de péages. Un euro par ci, deux euros par là... Il n'y a pas de poste pour délivrer un ticket quand on rentre sur l'autoroute. Tout le monde paye la même somme, au niveau de chaque poste de péage. Ainsi, après Litochoro, j'avais fait un saut à Leptokaria pour acheter quelques victuailles avant de rependre l’autoroute vers le sud. Et là, cela faisait à peine un kilomètre que je roulais que j'ai rencontré le poste de péage. C'était le dernier, après c'était route normale. Il a fallu mettre la main au portefeuille pour un misérable kilomètre que j'ai dû payer comme si j'en avais fait des dizaines d'autres. J'ai bien essayé de parlementer avec la guichetière mais elle avait l'air de ne parler que grec. 
En tout cas c'est bien fini, je vais désormais étudier la carte pour éviter tout ce qui est autoroute, même si je dois faire des détours. C'est du racket à l'état pur. Déjà que le litre d'essence flirte avec les deux euros, j'estime payer suffisamment cher sans avoir en plus à devoir rajouter un droit à rouler sur une route à la noix où l'on n'avance même pas plus vite car on est arrêté tout le temps pour payer. C'est la crise ! D'ailleurs en Grèce ils sont fâchés avec les cartes bleues. En Crète personne ne la prend mais ici c'est pire. Aux stations service, il faut payer son essence en cash. Idem au supermarché Carrefour. Plus personne ne veut payer de commissions bancaires. 
Nei Pori
Les gens veulent surtout sans doute se faire un peu d'argent au noir sans avoir à reverser des taxes au gouvernement ou des intérêts à l'Europe. Je ne donne pas cher du système bancaire grec. En attendant j'ai retiré en prévision de grosses liquidités à un point de retrait.
J'ai tourné dans une station balnéaire morte, Nei Pori, à la recherche d'une taverne où déjeuner. Désormais le restaurant c’est le midi. Comme cela j'aurai le temps le soir de trouver un coin où planter la tente sans me faire surprendre par la nuit. Mais la station balnéaire est une station fantôme. Tout est en travaux, les tavernes ont bien toutes des tables dehors mais les tables ne sont pas dressées et il n'y a personne en terrasse, de sorte qu'on se demande si c'est ouvert ou fermé. 
La plage est une succession de parasols et chaises longues vides, la sensation est très étrange. Dans ces conditions, je n'avais plus trop envie d'un après midi plage, d'autant que le temps se gâtait à présent aussi sur la côte et que mon projet d'explorer le mont Olympe sous d'autres coutures tombait à l'eau. On ne voyait plus rien de sa superbe à présent, tout ayant disparu sous les nuages. J'ai revu mes plans, au revoir Mont Olympe (déjà?), direction les Météores, au centre de la Grèce, site incontournable classé au patrimoine de l'Unesco et constitué d'une multitudes de monastères perchés en haut de hauts rochers. Une longue route m'attend.
Afin d'éviter l'autoroute, j'ai pris une petite route de montagne où l'on ne peut pas dépasser les 40 à l'heure entre lacets et nids de poule. C'est ainsi que je suis arrivé à Paleos Pandeleimonas, un petit village perché qui domine un château situé plus bas et offre une vue à tomber sur tout le golfe de Thessalonique. Le village est piétonnier, il faut se garer à l'extérieur. Rien ne me prédestinait à m’arrêter là si ce n'est l'appel du ventre à la vue de panneaux signalant des tavernes. Le hasard fait bien les choses car ce village est particulièrement pittoresque. En saison ce doit être très touristique mais là c’est très paisible. On ne croise que des chats qui se prélassent sur les pierres des murets chauffés par le soleil. 
Les maisons sont toutes en pierre, garnies de terrasses qui surplombent la mer. On passe de l'une à l'autre par un chemin de pierres où les herbes folles poussent entre les pavés. C'est plein de fleurs, de rosiers, de pétunias, géraniums et d'autres plantes en pots. D'une manière générale j'ai remarqué que les grecs aimaient beaucoup les fleurs. Il n'y a pas un jardin, pas un balcon ou terrasse qui ne croule sous les fleurs, les gens n'hésitant pas à se gréver de lumière en accrochant des pots les uns au dessus des autres jusqu'à former parfois de vrais murs végétaux. Et apparemment la nature leur rend bien, tout pousse avec opulence en rendant la vie plus belle. Si jamais vous marchez un jour sur mes traces, vous ne regretterez pas de faire un saut à ce village. Rendez-vous aussi à une taverne qui fait un angle entre deux rues, juste avant le marchant de souvenirs. On y mange très bien. J'y étais tout seul mais on m'a reçu comme un roi, les mets étant servis dans des petites cocottes de terre cuite. Et le pain est servi légèrement grille arrosé d'huile d'olive et parsemé d'aromates. Un délice !

2 commentaires:

  1. Comment se déplacent les voyageurs ? En voiture ? à pied (comme Jérôme KERVIEL qui a fait le trajet Rome Menton à pied ; il croupit maintenant dans une geôle) ?

    Pour les douches es-tu toujours équipé d'un gel douche spécial eau salée ?

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    1. Les voyageurs, euh j'en n'ai pas vu! Pour la douche, un gel douche bio fait l'affaire pour ne pas polluer trop. Ça mousse moins dans l'eau salée mais ça marche bien!

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