L'arrivée à
Thessalonique de nuit m'aura privé d'un spectacle magique que je ne
découvrirai que le lendemain matin, après avoir passé la nuit dans
la voiture en bord d'une mer que j'ai bien eu du mal à rejoindre, au
niveau d'Epanomi. Thessalonique est située au creux d'un golfe qui
porte le nom de Thermaikos, dominée par le Mont Olympe, montagne des
dieux, sacrée et divine, qui culmine à 2918 mètres avec un sommet
bien enneigé d'où glissent de douces forêts bien touffues vers la
mer. Le long de la côte, la végétation est plutôt tempérée,
bien verte, constituée de châtaigniers, de chênes et de platanes.
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| Le Mont Olympe vu de l'autre côté du golfe |
Les bas côtés des routes n'ont rien à envier à ceux de France en
cette saison, tout aussi opulents et parés d'une multitude de fleurs
avec des coquelicots très hauts qui poussent en se mélangeant à
des fleurs jaunes comme le colza qui s'épanouissent en buisson.
Parfois il faut rouler au milieu de la route tellement la végétation
gagne. En France ils auraient déjà tout coupé, je préfère comme
c'est ici, c’est plus bucolique et ça donne l'impression que la
nature veut digérer ce ruban d'asphalte qui la gène.
J'avais prévu de
commencer mon périple par l'excursion des trois longues péninsules
de Halkidiki que l'on voit très bien sur tout atlas au nord de la
Grèce.
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| Litochoro |
Mais pour l'instant, déçu par des distances bien longues et
une urbanisation poussée, j'ai préféré me rendre de l'autre côté,
ne pouvant résister plus encore à l'appel du mont Olympe. Il y a
des plages de sable agréables au pied du mont, avec de nombreuses
stations balnéaires bordées d'une eau turquoise et prisées des
allemands en saison si j'en juge les panneaux « zimmer »
qui fleurissent dans les villages. Pour l'heure je suis tout seul,
c'est l'avantage de voyager hors saison et en plus j'ai les montagnes
parées de neige, que demander de mieux.
De la côte une petite
route monte à Litochoro, dernier village situé à la sortie de la
gorge d'Enipeas qui descend du mont Olympe.
C'est un village
tranquille où il fait bon vivre. Les habitants se sont réunis en
petits groupes en terrasse et laissent exploser leur gaieté en
chantant spontanément. C'est là que j'ai dîné avant de prendre la
route du mont Olympe qui se termine en cul de sac 10 kilomètres plus
loin, au cœur d'un parc national, le plus ancien de Grèce, fondé
en 1937. Il y a un poste de garde mais à cette heure ci il est
déserté. On trouve juste plus haut un refuge au bord de la route.
Sinon il y en a d'autres plus hauts, ouverts aux randonneurs qui
peuvent effectuer un circuit sur les crêtes du Mont Olympe,
jalonnées de petits refuges. Le sentier de randonnée E4 passe par
là et c’est avec joie que je le retrouve, petit chemin que je
connais bien pour l'avoir emprunté à maintes reprises en Crète.
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| Holy Cave |
La gorge est très
escarpée et la route ne cesse de monter en lacets à travers une
forêt de conifères. Je ne sais pas très bien où je vais bien
pouvoir trouver refuge pour la nuit. Je pensais trouver un chemin où
m'engouffrer pour cacher la voiture mais il n'y a rien d'autre qu'une
route sinueuse sans point d’arrêt autre que ceux pour se garer le
temps de prendre une photo. C'est bien dommage de parcourir une si
belle route que la nuit a fini par engloutir. Je rate tout le
spectacle, n'apercevant la cime de l'Olympe que de temps en temps
avec ses sommets enneigés qui veillent comme un phare. Un peu avant
la fin de la route on trouve une bifurcation qui mène à un
monastère abandonné. C'est là que j'ai passé la nuit, sur le
parking, dans la voiture pour la seconde fois.
Au lever du jour le
spectacle était là rien que pour moi. Un sentier de randonnée
permet de descendre au fond de la gorge pour se rendre à Holy Cave,
en à peine 20 minutes. C'est l'occasion de randonner parmi les
sapins, dans un environnement très alpin et couvert de fleurs
sauvages. Ou trouve le long du torrent de petits bassins où l'on
peut se baigner, bordés de sable de rivière où des campeurs aiment
s'installer l'été si j'en juge les restes de vieux feux de camps.
Il y a une multitude de cascades et on s’attend au détour d'un
virage à croiser un ours brun qui peuple les parcs nationaux du nord
de la Grèce. La nature ici est souveraine.
C'est le paradis des
oiseaux qui célèbrent une nouvelle journée de leurs gazouillis
insouciants. Holy Cave est en fait une chapelle construite sous une
falaise, dans un renfoncement d'où s'écoule un petit ruisseau. Eau
bénite et cierges sont à disposition. Le long du chemin on trouvait
déjà quelques lieux de recueillement, espèces de niches perchées
à hauteur d'homme et garnies d'images pieuses comme on en trouve
partout au bord des routes.
J'ai passé la matinée
dans cet environnement enchanteur, avant de redescendre sur la côte,
décidé à profiter un peu de la plage avant de repartir explorer le
mont Olympe sous un autre profil.
J'ai croisé quelques bus en
descendant. Trop tard pour eux, ils ne verront rien ! Car le
temps en montagne change très vite et les nuages avaient déjà
commencé à passer par dessus les sommets avant de dégringoler sur
les pentes. Le temps d'arriver à Litochoro, le Mont Olympe avait
disparu. Privilège de dormir comme un vagabond, j'ai pu bien en
profiter avant qu'il ne soit trop tard.
Il y a un truc bizarre
dans le secteur ce sont les autoroutes. En l’occurrence celle qui
vient de Thessalonique et descend vers Athènes en longeant la mer.
Impossible de l'éviter, il n'y a pas d'autre route en alternative.
Cette autoroute est une succession de poste de péages. Un euro par
ci, deux euros par là... Il n'y a pas de poste pour délivrer un
ticket quand on rentre sur l'autoroute. Tout le monde paye la même
somme, au niveau de chaque poste de péage. Ainsi, après Litochoro,
j'avais fait un saut à Leptokaria pour acheter quelques victuailles
avant de rependre l’autoroute vers le sud. Et là, cela faisait à
peine un kilomètre que je roulais que j'ai rencontré le poste de
péage. C'était le dernier, après c'était route normale. Il a
fallu mettre la main au portefeuille pour un misérable kilomètre
que j'ai dû payer comme si j'en avais fait des dizaines d'autres.
J'ai bien essayé de parlementer avec la guichetière mais elle avait
l'air de ne parler que grec.
En tout cas c'est bien fini, je vais
désormais étudier la carte pour éviter tout ce qui est autoroute,
même si je dois faire des détours. C'est du racket à l'état pur.
Déjà que le litre d'essence flirte avec les deux euros, j'estime
payer suffisamment cher sans avoir en plus à devoir rajouter un
droit à rouler sur une route à la noix où l'on n'avance même pas
plus vite car on est arrêté tout le temps pour payer. C'est la
crise ! D'ailleurs en Grèce ils sont fâchés avec les cartes
bleues. En Crète personne ne la prend mais ici c'est pire. Aux
stations service, il faut payer son essence en cash. Idem au
supermarché Carrefour. Plus personne ne veut payer de commissions
bancaires.
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| Nei Pori |
Les gens veulent surtout sans doute se faire un peu
d'argent au noir sans avoir à reverser des taxes au gouvernement ou
des intérêts à l'Europe. Je ne donne pas cher du système bancaire
grec. En attendant j'ai retiré en prévision de grosses liquidités
à un point de retrait.
J'ai tourné dans une
station balnéaire morte, Nei Pori, à la recherche d'une taverne où
déjeuner. Désormais le restaurant c’est le midi. Comme cela
j'aurai le temps le soir de trouver un coin où planter la tente sans
me faire surprendre par la nuit. Mais la station balnéaire est une
station fantôme. Tout est en travaux, les tavernes ont bien toutes
des tables dehors mais les tables ne sont pas dressées et il n'y a
personne en terrasse, de sorte qu'on se demande si c'est ouvert ou
fermé.
La plage est une succession de parasols et chaises longues
vides, la sensation est très étrange. Dans ces conditions, je
n'avais plus trop envie d'un après midi plage, d'autant que le temps
se gâtait à présent aussi sur la côte et que mon projet
d'explorer le mont Olympe sous d'autres coutures tombait à l'eau. On
ne voyait plus rien de sa superbe à présent, tout ayant disparu
sous les nuages. J'ai revu mes plans, au revoir Mont Olympe (déjà?),
direction les Météores, au centre de la Grèce, site incontournable
classé au patrimoine de l'Unesco et constitué d'une multitudes de
monastères perchés en haut de hauts rochers. Une longue route
m'attend.
Afin d'éviter
l'autoroute, j'ai pris une petite route de montagne où l'on ne peut
pas dépasser les 40 à l'heure entre lacets et nids de poule. C'est
ainsi que je suis arrivé à Paleos Pandeleimonas, un petit village
perché qui domine un château situé plus bas et offre une vue à
tomber sur tout le golfe de Thessalonique. Le village est piétonnier,
il faut se garer à l'extérieur. Rien ne me prédestinait à
m’arrêter là si ce n'est l'appel du ventre à la vue de panneaux
signalant des tavernes. Le hasard fait bien les choses car ce village
est particulièrement pittoresque. En saison ce doit être très
touristique mais là c’est très paisible. On ne croise que des
chats qui se prélassent sur les pierres des murets chauffés par le
soleil.
Les maisons sont toutes en pierre, garnies de terrasses qui
surplombent la mer. On passe de l'une à l'autre par un chemin de
pierres où les herbes folles poussent entre les pavés. C'est plein
de fleurs, de rosiers, de pétunias, géraniums et d'autres plantes
en pots. D'une manière générale j'ai remarqué que les grecs
aimaient beaucoup les fleurs. Il n'y a pas un jardin, pas un balcon
ou terrasse qui ne croule sous les fleurs, les gens n'hésitant pas à
se gréver de lumière en accrochant des pots les uns au dessus des
autres jusqu'à former parfois de vrais murs végétaux. Et
apparemment la nature leur rend bien, tout pousse avec opulence en
rendant la vie plus belle. Si jamais vous marchez un jour sur mes
traces, vous ne regretterez pas de faire un saut à ce village.
Rendez-vous aussi à une taverne qui fait un angle entre deux rues,
juste avant le marchant de souvenirs. On y mange très bien. J'y
étais tout seul mais on m'a reçu comme un roi, les mets étant
servis dans des petites cocottes de terre cuite. Et le pain est servi
légèrement grille arrosé d'huile d'olive et parsemé d'aromates.
Un délice !














Comment se déplacent les voyageurs ? En voiture ? à pied (comme Jérôme KERVIEL qui a fait le trajet Rome Menton à pied ; il croupit maintenant dans une geôle) ?
RépondreSupprimerPour les douches es-tu toujours équipé d'un gel douche spécial eau salée ?
Les voyageurs, euh j'en n'ai pas vu! Pour la douche, un gel douche bio fait l'affaire pour ne pas polluer trop. Ça mousse moins dans l'eau salée mais ça marche bien!
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