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| Une des criques autour de Neos Marmaras |
Après
la montagne et les lacs, ayant fini le périple prévu et disposant
de quelques jours supplémentaires, j'ai décidé de retenter une
visite des péninsules d'Halkidiki dont j'avais abandonné l'idée le
premier jour. La péninsule de Sithonia est celle du milieu parmi le
trident qui s'avance dans la mer Égée, à l'est de Thessalonique.
Il faut prendre la direction de la Bulgarie et de la Turquie !
C'est ce qu'il y a d'écrit sur les panneaux. La première péninsule
ne vaut à priori pas le coup, voici ce qu'en dit le Lonely Planet :
« Immediately
recognisable on maps for its three fingers strectching into the North
Aeagan, the Halkidiki peninsula has become all too famous for its
tourist sprawl in summertime, when half of Thessaloniki descends for
holidays.
The first finger, Kassandra, has fared worst, filled with
unimaginative villas, concrete and trinket shops. The Kassandra
peninsula is what happens when Greek urbanites go on vacation and
bring their motorcycles, concrete sidewalks and consumerism with
them. It's not an oasis of tranquility, but for nightlife it's
great. ».
Il
va de soi qu'à la lecture de l'article, j'ai directement zappé
cette péninsule. Cela s'explique par le fait que c'est la première
donc la plus proche de Thessalonique. Car ces péninsules sont en
fait comme de vraies îles, ce sont des bras de plus de 50 kilomètres
de long qui s'élancent dans la mer. Pour la dernière péninsule,
Athos, je ne peux pas m'y rendre.
Elle est toute entière dédiée
aux monastères avec le mont Athos en point d'orgue qui la domine de
ses 2027 mètres. Pour s'y rendre il faut demander un permis qui est
expédié à domicile, en indiquant ses dates. Le permis est valable
pour 4 jours maximum et il faut ensuite chercher dans quel monastère
passer la nuit. Seuls les hommes sont admis sur la péninsule et il
faut porter un pantalon. Comme je n'avais pas de séquence programmée
avant de débarquer ici, il m'était donc impossible de prévoir que
de tel à tel jour je serais au Mont Athos. C'est trop restrictif et
trop difficile à organiser. De plus, pour arriver au cœur des
monastères il faut prendre un bateau. Bref, Sithonia m’apparaît
comme un bon compromis, afin de finir ce séjour par une note
balnéaire.
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| Toroni |
J'ai
été agréablement surpris par le paysage en commençant le tour de
la péninsule dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Alors
que jusque là les paysages ressemblaient plus à ceux de France au
printemps, là c’est un pur paysage méditerranéen qui s'offre à
moi, avec des pinèdes qui embaument, du maquis odorant et des
criques tranquilles aux eaux cristallines. Un avant goût des îles
grecques. J'ai donc bien fait d'y être allé. C'est bien simple,
depuis que j'y suis, je ne cesse de chanter dans ma tête Mamma Mia
d'Abba, en allusion au film du même nom avec Meryl Streep qui se
passe sur une île grecque et dont les paysages me rappellent ce que
je vois ici, avec ses pinèdes qui descendent au bord de l'eau.
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| Sud de la péninsule avant de passer côté Est |
C'est
un côté un peu Baléares, les îles des Cyclades étant moins
vertes, plus arides. Il faudra que je revienne en Grèce tenter
l'exploration d'autres îles plus au nord des Cyclades, je suis sûr
qu'il y a matière à trouver de petits paradis. Déjà ici c’est
très bien. Si on omet quelques villages de vacances où viennent
s'agglutiner les touristes sans jamais sortir de leur plage privée.
Mais les choses deviennent beaucoup plus intéressantes au sud de
Neos Marmaras. Je ne saurai que trop vous conseiller de prendre la
route côtière et de continuer ensuite sur une piste caillouteuse
défoncée sur des kilomètres. On découvre alors de sublimes
criques désertes, de petits ports de pécheurs avec deux ou trois
barques, avec en plus en ligne de mire la petite île de Kelifos en
arrière plan.
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| Kalamitsi |
Le nombre de criques est infini. Même si ce n’est
pas là qu'on trouve les plus belles plages, c'est assurément mon
coin préféré de par son côté sauvage et très nature avec ses
forêts de pins qui invitent à s'y prélasser et à y poser sa
tente. D'ailleurs certains touristes ont dû comme moi tomber sous le
charme de l'endroit car le long de ces criques, on rencontre des
campings cars, hollandais pour la plupart, qui ont établi de vrais
camps, avec les vélos autour, antenne satellite et tout le tatoin.
Grande nouveauté aussi, ils emmènent leur chien et ça, c'est
beaucoup moins bien. Il n'y a pas une crique où l'on n'entende pas
aboyer. C'est un vrai fléau dans un si bel endroit.
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| Petite crique de Kalamitsi avec le Mont Athos au fond |
Peut être est-ce pour se protéger, il paraît que les camping caristes rechignent
à poster leur engin en pleine nature du fait des cambriolages et des
attaques nocturnes de plus en plus nombreuses. C'est un phénomène à
priori en plein expansion. En Grèce je ne sais pas mais dans le
reste de l'Europe il semblerait qu'ils soient une cible de choix,
j’avais vu un reportage là dessus.
Je
sais quelle est la plante qui embaume tant le maquis méditerranéen
et qui me replonge dans cette chaleureuse ambiance dès que je sens
cette odeur. C'est une plante qui forme de petits buissons, aux
feuilles légèrement duveteuses et qui collent dès qu'on les
touche. Faudra que je me renseigne de ce que c'est c'est.
On trouve
aussi des buissons typiques dont les feuilles rappellent celles des
myrtilles. Je crois que c'est la myrte, mais je n'en suis pas très
sûr. En haut des rochers qui séparent les criques les unes des
autres on trouve parfois de jolies petites chapelles. Il y en avait
même une qui disposait d'une fontaine où une femme à poil sous un
long T-shirt remplissait des dizaines de bouteille d'eau qui
finissaient dans le panier de son vélo tout chemin. Sans doute une
hollandaise qui parcourt la péninsule en vélo en se débarrassant
du superflu (!), dormant le soir venu au hasard dans des criques. Il
n'y a qu'eux pour faire ça. Il y a aussi beaucoup d'allemands mais
ceux-ci sont moins nature, ils préfèrent leur confort et on les
retrouve moins dans les camping cars mais davantage dans les
pensions, les hôtels ou les clubs. C'est ce que j'ai pu remarquer.
La
piste caillouteuse s'achève au niveau de la ville de Toroni, longée
par une plage où l'on a de l'eau aux chevilles où viennent mourir
de petites barques et qui s'achève par un château en ruine qu'on ne
peut pas visiter. Il est en restauration, chantier interdit au
public. Je m'y suis cassé les dents. Dommage. Ensuite on trouve
Porto Koufo nichée au creux d'une baie dont je n'ai rien vu. Puis la
route monte dans les hauteurs pour passer côté est de la péninsule.
Le paysage change alors radicalement. Les pinèdes disparaissent au
profit du maquis. Puis au détour d'un virage c'est le Mont Athos qui
fait son apparition, plus loin, un peu masqué par la brume marine.
Sur la carte les trois péninsules ont l'air très proches l'une de
l'autre mais il est des îles des Cyclades qui sont plus rapprochés
que ça. C'est ainsi qu'on descend sur Kalamitsi, village sans en
être un, constitué de nombreux campings et de tavernes en front de
mer rassemblées au même endroit, un peu comme à Sougia en Crète.
Il y a la taverne d'un côté, la route (en fait plus une rue
piétonne) puis de l'autre côté les tables qui dégringolent jusque
sur la plage, les pieds au bord de l'eau. C'est paisible, hors saison
il n'y a pas grand monde et les flots de vacanciers qui s’agglutinent
dans les campings ne sont pas encore là. Pourtant c'est déjà
l'été. Il fait très chaud et la température de l'eau est bonne,
comme sur la côte d'Azur en plein été.
J'ai pris trois bains
aujourd’hui ! Ils ont quand même de la chance en Grèce ils
ont un été qui dure au moins cinq mois, de mi mai à mi octobre. Et
encore peut être au delà, je n'ai jamais poussé plus loin. En
France, rappelez moi, c'est quand déjà l'été ? De mi juillet
à mi août voire du 1 au 15 août pour les régions les pires ?
On ne va pas se plaindre pour autant, les choses pourraient être
bien pires. Tiens, prenons les allemands. Qui a envie de passer ses
vacances là bas ? En tout cas pas eux, car où que j'aille
c'est bien les allemands qui déteignent la palme des plus voyageurs.
Et ils ont du envahir toute la Grèce. Ils ont trouvé à Kalamitsi
une bonne petite base. Et il n'y a pas que des retraités.
A la
taverne les serveurs se sont mis à l'allemand et conversent avec eux
dans la langue de Goethe. Mais l'ambiance authentique et
typiquement grecque n'a pas été changée pour autant. Les allemands
n'aiment pas retrouver là où ils vont ce qu'ils ont déjà, ils
préfèrent le dépaysement. On me prend pour l'un des leurs. C'est
pratique qu'ils soient là car quand je déboule à la taverne à 19
heures pour dîner, on ne me regarde pas comme un extra terrestre et
je ne suis pas le premier. Au final, pourquoi manger de nuit quand on
ne voit plus rien ? C’est plus agréable de dîner en
profitant des dernières lueurs du soleil.
A
Kalamitsi il y a une petite crique adorable de l'autre côté vers
l'est. Il faut escalader un peu quelques rochers et après on s'y
retrouve presque tout seul, hormis quelques naturistes qui ont choisi
d'y planter la tente. On trouve aussi quelques tentes inoccupées et
des cadavres éventrés que les grecs doivent laisser à demeure d'un
été à l'autre. J'avais déjà remarqué ce phénomène sur
certaines plages de Crète. Plutôt que de se trimbaler le matériel
à chaque fois, ils établissent leur camp qu'ils laissent ensuite à
la fin de l'été comme si c'était leur résidence secondaire. Ici
ça atteint des sommets. Il y a une baie au nord de Kalamitsi qui
pourrait être splendide.
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| Le Mont Athos de l'autre côté... |














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