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mardi 27 mai 2014

La péninsule de Sithonia

Une des criques autour de Neos Marmaras
Après la montagne et les lacs, ayant fini le périple prévu et disposant de quelques jours supplémentaires, j'ai décidé de retenter une visite des péninsules d'Halkidiki dont j'avais abandonné l'idée le premier jour. La péninsule de Sithonia est celle du milieu parmi le trident qui s'avance dans la mer Égée, à l'est de Thessalonique. Il faut prendre la direction de la Bulgarie et de la Turquie ! C'est ce qu'il y a d'écrit sur les panneaux. La première péninsule ne vaut à priori pas le coup, voici ce qu'en dit le Lonely Planet :
« Immediately recognisable on maps for its three fingers strectching into the North Aeagan, the Halkidiki peninsula has become all too famous for its tourist sprawl in summertime, when half of Thessaloniki descends for holidays. 
The first finger, Kassandra, has fared worst, filled with unimaginative villas, concrete and trinket shops. The Kassandra peninsula is what happens when Greek urbanites go on vacation and bring their motorcycles, concrete sidewalks and consumerism with them. It's not an oasis of tranquility, but for nightlife it's great. ».
Il va de soi qu'à la lecture de l'article, j'ai directement zappé cette péninsule. Cela s'explique par le fait que c'est la première donc la plus proche de Thessalonique. Car ces péninsules sont en fait comme de vraies îles, ce sont des bras de plus de 50 kilomètres de long qui s'élancent dans la mer. Pour la dernière péninsule, Athos, je ne peux pas m'y rendre.
Elle est toute entière dédiée aux monastères avec le mont Athos en point d'orgue qui la domine de ses 2027 mètres. Pour s'y rendre il faut demander un permis qui est expédié à domicile, en indiquant ses dates. Le permis est valable pour 4 jours maximum et il faut ensuite chercher dans quel monastère passer la nuit. Seuls les hommes sont admis sur la péninsule et il faut porter un pantalon. Comme je n'avais pas de séquence programmée avant de débarquer ici, il m'était donc impossible de prévoir que de tel à tel jour je serais au Mont Athos. C'est trop restrictif et trop difficile à organiser. De plus, pour arriver au cœur des monastères il faut prendre un bateau. Bref, Sithonia m’apparaît comme un bon compromis, afin de finir ce séjour par une note balnéaire.
Toroni
J'ai été agréablement surpris par le paysage en commençant le tour de la péninsule dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Alors que jusque là les paysages ressemblaient plus à ceux de France au printemps, là c’est un pur paysage méditerranéen qui s'offre à moi, avec des pinèdes qui embaument, du maquis odorant et des criques tranquilles aux eaux cristallines. Un avant goût des îles grecques. J'ai donc bien fait d'y être allé. C'est bien simple, depuis que j'y suis, je ne cesse de chanter dans ma tête Mamma Mia d'Abba, en allusion au film du même nom avec Meryl Streep qui se passe sur une île grecque et dont les paysages me rappellent ce que je vois ici, avec ses pinèdes qui descendent au bord de l'eau. 
Sud de la péninsule avant de passer côté Est
C'est un côté un peu Baléares, les îles des Cyclades étant moins vertes, plus arides. Il faudra que je revienne en Grèce tenter l'exploration d'autres îles plus au nord des Cyclades, je suis sûr qu'il y a matière à trouver de petits paradis. Déjà ici c’est très bien. Si on omet quelques villages de vacances où viennent s'agglutiner les touristes sans jamais sortir de leur plage privée. Mais les choses deviennent beaucoup plus intéressantes au sud de Neos Marmaras. Je ne saurai que trop vous conseiller de prendre la route côtière et de continuer ensuite sur une piste caillouteuse défoncée sur des kilomètres. On découvre alors de sublimes criques désertes, de petits ports de pécheurs avec deux ou trois barques, avec en plus en ligne de mire la petite île de Kelifos en arrière plan. 
Kalamitsi
Le nombre de criques est infini. Même si ce n’est pas là qu'on trouve les plus belles plages, c'est assurément mon coin préféré de par son côté sauvage et très nature avec ses forêts de pins qui invitent à s'y prélasser et à y poser sa tente. D'ailleurs certains touristes ont dû comme moi tomber sous le charme de l'endroit car le long de ces criques, on rencontre des campings cars, hollandais pour la plupart, qui ont établi de vrais camps, avec les vélos autour, antenne satellite et tout le tatoin. Grande nouveauté aussi, ils emmènent leur chien et ça, c'est beaucoup moins bien. Il n'y a pas une crique où l'on n'entende pas aboyer. C'est un vrai fléau dans un si bel endroit. 
Petite crique de Kalamitsi avec le Mont Athos au fond
Peut être est-ce pour se protéger, il paraît que les camping caristes rechignent à poster leur engin en pleine nature du fait des cambriolages et des attaques nocturnes de plus en plus nombreuses. C'est un phénomène à priori en plein expansion. En Grèce je ne sais pas mais dans le reste de l'Europe il semblerait qu'ils soient une cible de choix, j’avais vu un reportage là dessus.
Je sais quelle est la plante qui embaume tant le maquis méditerranéen et qui me replonge dans cette chaleureuse ambiance dès que je sens cette odeur. C'est une plante qui forme de petits buissons, aux feuilles légèrement duveteuses et qui collent dès qu'on les touche. Faudra que je me renseigne de ce que c'est c'est. 
On trouve aussi des buissons typiques dont les feuilles rappellent celles des myrtilles. Je crois que c'est la myrte, mais je n'en suis pas très sûr. En haut des rochers qui séparent les criques les unes des autres on trouve parfois de jolies petites chapelles. Il y en avait même une qui disposait d'une fontaine où une femme à poil sous un long T-shirt remplissait des dizaines de bouteille d'eau qui finissaient dans le panier de son vélo tout chemin. Sans doute une hollandaise qui parcourt la péninsule en vélo en se débarrassant du superflu (!), dormant le soir venu au hasard dans des criques. Il n'y a qu'eux pour faire ça. Il y a aussi beaucoup d'allemands mais ceux-ci sont moins nature, ils préfèrent leur confort et on les retrouve moins dans les camping cars mais davantage dans les pensions, les hôtels ou les clubs. C'est ce que j'ai pu remarquer.
La piste caillouteuse s'achève au niveau de la ville de Toroni, longée par une plage où l'on a de l'eau aux chevilles où viennent mourir de petites barques et qui s'achève par un château en ruine qu'on ne peut pas visiter. Il est en restauration, chantier interdit au public. Je m'y suis cassé les dents. Dommage. Ensuite on trouve Porto Koufo nichée au creux d'une baie dont je n'ai rien vu. Puis la route monte dans les hauteurs pour passer côté est de la péninsule. Le paysage change alors radicalement. Les pinèdes disparaissent au profit du maquis. Puis au détour d'un virage c'est le Mont Athos qui fait son apparition, plus loin, un peu masqué par la brume marine. 
Sur la carte les trois péninsules ont l'air très proches l'une de l'autre mais il est des îles des Cyclades qui sont plus rapprochés que ça. C'est ainsi qu'on descend sur Kalamitsi, village sans en être un, constitué de nombreux campings et de tavernes en front de mer rassemblées au même endroit, un peu comme à Sougia en Crète. Il y a la taverne d'un côté, la route (en fait plus une rue piétonne) puis de l'autre côté les tables qui dégringolent jusque sur la plage, les pieds au bord de l'eau. C'est paisible, hors saison il n'y a pas grand monde et les flots de vacanciers qui s’agglutinent dans les campings ne sont pas encore là. Pourtant c'est déjà l'été. Il fait très chaud et la température de l'eau est bonne, comme sur la côte d'Azur en plein été. 
J'ai pris trois bains aujourd’hui ! Ils ont quand même de la chance en Grèce ils ont un été qui dure au moins cinq mois, de mi mai à mi octobre. Et encore peut être au delà, je n'ai jamais poussé plus loin. En France, rappelez moi, c'est quand déjà l'été ? De mi juillet à mi août voire du 1 au 15 août pour les régions les pires ? On ne va pas se plaindre pour autant, les choses pourraient être bien pires. Tiens, prenons les allemands. Qui a envie de passer ses vacances là bas ? En tout cas pas eux, car où que j'aille c'est bien les allemands qui déteignent la palme des plus voyageurs. Et ils ont du envahir toute la Grèce. Ils ont trouvé à Kalamitsi une bonne petite base. Et il n'y a pas que des retraités. 
A la taverne les serveurs se sont mis à l'allemand et conversent avec eux dans la langue de Goethe. Mais l'ambiance authentique et typiquement grecque n'a pas été changée pour autant. Les allemands n'aiment pas retrouver là où ils vont ce qu'ils ont déjà, ils préfèrent le dépaysement. On me prend pour l'un des leurs. C'est pratique qu'ils soient là car quand je déboule à la taverne à 19 heures pour dîner, on ne me regarde pas comme un extra terrestre et je ne suis pas le premier. Au final, pourquoi manger de nuit quand on ne voit plus rien ? C’est plus agréable de dîner en profitant des dernières lueurs du soleil.

A Kalamitsi il y a une petite crique adorable de l'autre côté vers l'est. Il faut escalader un peu quelques rochers et après on s'y retrouve presque tout seul, hormis quelques naturistes qui ont choisi d'y planter la tente. On trouve aussi quelques tentes inoccupées et des cadavres éventrés que les grecs doivent laisser à demeure d'un été à l'autre. J'avais déjà remarqué ce phénomène sur certaines plages de Crète. Plutôt que de se trimbaler le matériel à chaque fois, ils établissent leur camp qu'ils laissent ensuite à la fin de l'été comme si c'était leur résidence secondaire. Ici ça atteint des sommets. Il y a une baie au nord de Kalamitsi qui pourrait être splendide. 
Le Mont Athos de l'autre côté...
Mais elle est gâchée par un alignement de caravanes décrépies qui longent tout le littoral, au milieu de frigos rouillés. C'est ça les vacances à la grecque. Ils n'ont pas de sous. Ça ne serait pas toléré en France, ici personne ne dit rien. L'avantage est qu'on peut poser sa tente partout, ça n'étonne personne. Je n'ai pas vu les campings d'ici mais à mon avis il ne doit pas y avoir un seul mobile-home. Ce sont les campings à l'ancienne dont le charme à d'ailleurs disparu partout en France, victimes d'une montée en gamme comme on dit, afin de proposer un produit plus cher, donc plus rentable, et qui plaît davantage au français moyen avec une foule d'activités incluses pour divertir les mioches. On est loin du camping...

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