Sinon
côté programme du jour, rien de spécial à signaler, j'ai pris la
voiture pour remonter un peu la côte est mais c'est celle que j'aime
le moins, il n'y a pas de pinèdes ni d'oliviers. Du coup je me suis
arrêté à Sarti, une station balnéaire longeant une baie de sable
blanc, question de faire quelques courses pour le pique-nique. Suite
à ça je suis retourné à Kalamitsi où j'ai fini sur la même
plage qu'hier. Mais en y arrivant à 10h30, la journée est longue.
Et chaude ! Je m'étais réfugié à un bout de la plage où il
y a comme des piquets de bois et des bâches pour couvrir les tentes
des vacanciers. Il y en avait même une déjà montée, juchée sur
des tréteaux et cachée derrière une bâche.
L'idée est de
chercher de l'ombre mais ça sent le sale plastique chauffé et
pourri, aussi je n'ai mis dessous que mon sac et le pique-nique. Côté
pique-nique, rien de transcendant quand on est dans un pays chaud.
C'est tomate, chips, fruits secs (noix, noisettes), yaourt grec et
sucré avec des baies d'airelles séchées, banane et biscuits. Ça
me permet de tenir ainsi jusqu'au soir. Vous noterez que comme je
connais les endroits où planter la tente je m'octroie le restaurant
le soir, ce qui est plus agréable qu'en journée, où le service
peut demander plus d'une heure, qui est autant de temps pris sur la
journée. Alors que le soir on a le temps...
Sur
la plage en plein soleil impossible de rester allongé, on cuit dans
son jus et assis, ça demande à aller à l'eau toutes les 15
minutes, ce qui n'est pas désagréable en soi. Et avec un soleil au
zénith, il faudrait être fou pour rester comme ça. Les autres ont
des parasols. Aussi je me suis confectionné un truc de fortune, en
suspendant mon paréo à une corde qui passait par là en travers et
en tenant chacune des extrémités par des cannes de longs roseaux
séchés comme des bambous que j'ai utilisées comme des piquets. Ça
a marché un temps mais à chaque rafale de vent ça me retombait
dessus. Au final ça s'est terminé sur un côté du truc bâché, à
la maigre ombre procurée par la structure.
La
plage ça va un temps, c'est joli, l'eau est translucide et turquoise
mais on bout d'un moment on s'y emmerde ! Ça manque d'action,
de crapahutage. Aussi je me suis mis à explorer la garrigue
alentour, grimpant les rochers en m'égratignant les mollets et les
pieds jusqu'au sang, le long d'arbustes tortueux, rabougris et
ingrats, où l'on s’accroche tout le temps, comme pour punir les
chèvres de venir là les brouter à longueur de journée. Mais ça
en vaut la peine, ça permet de découvrir de nouvelles anses, ou
des points de vue différents sur la plage, le village ou le Mont
Athos. En plus aujourd'hui le ciel est plus pur, il n'y a pas le
voile d'hier.
Ce qui rend la vue sur le Mont Athos plus dégagée,
moins dans le bleuté. Et puis il y a un troupeau de biquettes qui
passe, en soufflant et pétant. Je suis allé les voir, mes chères
féta sur patte. Elles n'ont peur de rien, aucun relief ne les
rebute, le vertige ça ne connaît pas !
Après
un dernier bain, j'ai décidé de reprendre la voiture pour terminer
de l'autre côté de l'île, au début de la péninsule, près de
Nikiti où j'avais dormi il y a deux jours en venant des lacs de
Prespa. Le but est de refaire cette côte l'après midi, l'éclairage
différent permettant sans doute de dévoiler des coins qui le matin
ne m'inspiraient pas, plongés à contre jour.
Et puis j'ai le
village de Porto Koufo à visiter, injustement zappé hier. Et il
vaut le détour. Pour son petit port où des bateaux de pécheurs
sont à quai, tout peinturlurés avec des filets de pêche à leurs
pieds. Derrière, les traditionnelles tavernes sont là pour se poser
en profitant du temps qui s'écoule paisiblement.
Je
voulais dîner à Neos Marmaras, la plus grosse ville de Sithonia
avec le coucher de soleil face à moi mais comme toute ville je n'ai
pas trouvé moyen à me garer, c'était plein de ruelles à sens
unique, de panneaux d'interdiction de tourner ici ou là. Je me suis
donc vite extirpé de là, préférant une taverne en bord de plage,
peut être plus attrape touristes mais tellement plus pratique.
![]() |
| Porto Koufo |
En
plus, celle que j'ai choisie derrière la plage d'un hôtel club
avait plein de chèvrefeuilles tout autour qui embaumaient comme
jamais. Je suis allé les sentir entre deux assiettes et jamais je
n'en ai senti avec un parfum si puissant. Leur odeur me rappelait
celle du magnolia, aussi entêtant. Face à moi les derniers
touristes profitaient de la douce tiédeur de la fin d'après midi
pour piquer une dernière tête, pendant qu'un employé du club
faisait le tour de tous les transats pour les ranger ensemble en les
liant avec une chaîne. Pour une fois j'étais le seul à table, tout
le monde vaquant autour, rentrant prendre une douche ou prenant un
petit train pour aller voir le coucher de soleil plus loin.
Mais je
m'en fiche, ça me fait un service plus rapide, ce qui m'a laissé du
temps pour trouver un nouveau coin où passer la nuit, à une
bifurcation de mon chemin que je n'avais pas remarquée la dernière
fois. Aussi, au lieu de dormir sous les oliviers, c’est dans une
belle pinède que j'ai fini, sur un bon tapis d’aiguilles au milieu
des rochers.










Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire