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dimanche 25 mai 2014

Les lacs de Prespa

L'autre côte du lac est en Albanie
Prespa est composé de deux lacs situés tout au nord du pays, à la frontière avec l'Albanie à l'ouest et FYROM au nord. D'ailleurs chaque pays se dispute le lac, la plus grosse partie revenant à FYROM. Pour ceux qui se demandent ce qu'est FYROM, c'est le nom d'un pays qui a voulu en changer et n'a rien trouvé de mieux. Ce sont les initiales de Former Yougoslavia Republic Of Macedonia, la Macédoine quoi. Pourquoi en faire tout un fromage ? A propos de fromage, les grecs font un usage astronomique de la feta. C'est le fromage star qui va avec tout. Il compose les entrées, décliné en salade grecque, en feta au four, frite, dans les nombreuse tourtes aux légumes ainsi que dans les plats de résistance. 
Route pour Kastoria. Au revoir le Pinde!
J'en ai même retrouvé à midi au restaurant fourrée à l'intérieur d'un steak haché. Dans ces conditions au supermarché la plus petite taille qu'on trouve c'est en 250g, à usage unique sans doute alors qu'on trouve des barquettes de 2 kilos. Quand je pense qu'en France c’est dur d'en trouver de la vraie d’appellation contrôlée et quand c'est le cas il faut se contenter de 150 grammes à un prix exorbitant. Ici, les deux kilos de feta, c'est moins de 10 euros ! Je le sais, j'ai fait mes courses à Lidl à Kastoria, sur le passage. Tous les grecs vont à Lidl, c'est l’enseigne qu'on trouve le plus. Il y a quelques Carrefours maigrichons où personne ne va. Crise oblige, tout le monde s'est rabattu sur le hard discount. 
Kastoria
Mais il n'a plus rien de low-cost, c'est très grand, les étalages sont normaux, exit le souvenir que j'avais de magasins entrepôts où il fallait se servir à même les palettes. C'est un supermarché comme un autre, on trouve des fruits et légumes frais, une boulangerie, un rayon boucherie et poissonnerie, tout ce qu'il faut.
Kastoria est une petite ville au bord d'un lac, perchée en haut d'un rocher. Ce doit être un haut lieu de la fourrure car on ne trouve que des show rooms de manteaux de fourrure. Il y a une promenade qui en fait tout le tour avec des petites barques qui mouillent tout du long et des tavernes au bord de l'eau. Ça a un petit côté d'Annecy. Mais sorti de mon Pinde le choc est assez violent. 
Bords de Peghali Prespa
Il y a foule, on circule mal, l'accident est au tournant, tout ce que j'aime. Je me suis emmanché dans la vieille ville pavée aux rues où l'on se demande si la voiture passe en largeur, à la recherche d'un wifi. J'ai fini par capter un signal, sous le balcon d'une maison de quelqu'un qui écoutait la radio à fond. Sitôt le blog mis à jour, je suis reparti d'ici, pressé de me retrouver dans un parc national.
Quand on arrive, le premier lac sur lequel on tombe est Mikri Prespa, le plus petit, qu'il faut contourner pour voir le grand, Meghali Prespa. Ces lacs sont les plus vieux d'Europe, formés il y a plus de 5,5 millions d'années. 
Pour cette raison ils renferment une biodiversité exceptionnelle, comptant 23 espèces de poissons dont 9 sont endémiques ainsi que de nombreuses espèces d'oiseaux qui pullulent, trouvant refuge et épanouissement dans les roseaux, comme les pélicans, hérons et autres oiseaux des marécages. Pour cette raison, les lacs Prespa sont classés parmi les dix premières zones d'habitat humide de Méditerranée. Une des particularités de ces lacs, hormis le fait que chaque pays s'en soit disputé un bout, c'est qu'ils ne sont pas au même niveau, résultat d'un tremblement de terre qui fit baisser le niveau du grand lac. 
Meghali Prespa de la route vers Psarades
Pour éviter que le petit se vide de son contenu les deux lacs furent séparés par une mince bande de terre qui accueille une plage, un hôtel abandonné et une taverne. Peu de personnes viennent ici et même le ministère du tourisme hésite à investir sur la région, de part son éloignement du reste de la Grèce. On ne sait d'ailleurs même pas qu'on a pénétré dans un parc national, il n'y a aucun panneau pour l'indiquer. Ça arrange bien mes affaires, je pourrai poser ma tente où je veux en arguant du fait que je ne savais pas si jamais contrôle il y a. Mais je ne pense pas qu'ils soient très regardants. C'est comme si toute la région avait été livrée à elle même. D'ailleurs on n'a pas trop l'impression d'être en Grèce. 
Psarades
Les maisons sont encore d'un nouveau style, en pierre et au toit orange et cette architecture est la même pour tous les villages du bord du lac, que l'on distingue dans les autres pays. En fait toute la population autour du lac est macédonienne et parle cette langue même si tout est écrit en grec, enfin pour la partie qui nous intéresse.
Je suis arrivé aux lacs pour l'heure du déjeuner, aussi je me suis rendu directement à Psarades, au bord du lac Meghali Prespa, le dernier village de Grèce. C'est là que je me suis assis à la terrasse d'une taverne, la dernière du village, après avoir été sollicité par les autres restaurants à m'asseoir ou à un faire un tour en bateau. 
La première chose qu'on remarque quand on se pose ce sont les oiseaux, des bruits de caquètements qui émanent des roseaux entrecoupés de longs croassements de grenouilles. Il y a aussi une espèce d'hirondelle qui virevolte du lac jusqu'à un petit arbre devant la terrasse, avant de s'emmancher dans un nid construit sous le rebord du toit. Ça m'a donné matière à prendre quelques jolies photos, m’empêchant parfois d'avoir la tête dans mon assiette. Il y a devant la taverne un bassin vitré avec de gros poissons dedans, qui doivent bien faire 1m50 de longueur. Ce sont des carpes. La spécialité culinaire du lac. Les gens se déplacent jusqu'ici rien que pour en manger. Et il y a foule. 
Psarades
Week-end oblige, les gens ont fait le trajet de Kastoria pour passer dimanche en famille au bord de l'eau. La carpe est servie en filet. Le poisson a un peu une sale gueule et il est énorme. Et puis n'étant déjà pas très poisson à la base, les poissons d'eau douce me répugnent un peu, me donnant le sentiment de stagner dans une eau bourbeuse.
Sur le bord du lac on trouve quelques campings cars et caravanes d'hollandais qui ont établi leur résidence, chaises et tables tournées vers le lac, à l'ombre des arbres. Il y en a un qui a transformé son coffre de voiture en salon, en aménageant le coffre pour en faire une banquette douillette où l'on peut s'asseoir confortablement, les gambettes en dehors du coffre. Bonne idée de transformation. 
A la table juste en face de moi il y avait un couple de vieux retraités en camping car. Ils remontaient en Hollande depuis le Péloponnèse. On a fini ensemble pour une excursion sur le lac, le patron nous faisant un tarif très intéressant si on était trois. Je suis arrivé à ces lacs sans savoir de quoi m'attendre, juste paraceque le guide le recommandait. Et ce que j'ai découvert est d'une richesse extraordinaire. Les retraités sont là depuis quelques jours et ils ont mis la main sur une carte donnée par un centre d'information présent quelque part sur les bords du lac. Ils m'ont donné plein de tuyaux, de trucs à voir. Il y a un île au milieu du petit lac que l'on peut rejoindre par un ponton. 
On y trouve quelques fermes mais surtout des vestiges de vieilles églises en ruine. Dans les villages alentours on trouve aussi des églises richement décorées ; de la voûte aux murs tout l'espace est peint. Ils m'ont donné aussi les meilleurs sites d'observation des oiseaux. Bref, il y en a pour plusieurs jours à tout explorer. Et ce que le patron du restaurant nous offre, ce n'est pas tant de pouvoir admirer les pélicans de près mais surtout la richesse culturelle visible à chaque détour du lac. On trouve des rochets peints, des fresques, des ermitages, sortes de grottes dans lesquelles vivaient des moines et où l'on trouve encore quelques vieilles chapelles abandonnées. C'est incroyable. 
En route pour l'ermitage!
Le plus beau de ces ermitages revient à Panaghia Eleousa, construit au début du XVe siècle. L'endroit est remarquable, enfoncé dans une haute grotte en haut de laquelle se trouve une chapelle dissimulée derrière les arbres. On peut la visiter. Le bateau s'est amarré à un vieux ponton et un escalier récent permet de grimper tout là haut le long de la falaise. C'est dans une baie, la dernière de Grèce. Au delà du virage on passe en Albanie. Ca a l'air tranquille comme ça mais il y a des gardes postés sur une île au milieu du lac qui veillent en permanence avec leurs jumelles. Je vous laise découvrir l'ermitage à travers un panneau d'information situé juste à ses pieds :
Nous y voilà!
“Occupying a site on a plateau 40 metres above the lake and accessible only by water, the church is a small, single-cell structure built in a cavity in the rock. Stone steps, either built or hewn out of the rock face, must have lead part of the way up to it, the final section being a wooden stairway now in very bad repair. The entire area around the church was filled with monks cells, many of which, although now in ruins, may still be seen. The lower part of a protective wall still stands across the mouth of the cave.
The church is particularly impressive, and is the only hermitage to have been preserved in its original form. Its stone foundation rests directly on the rock. 
Après le virage c'est l'Albanie
The apse of the sanctuary is three-sided. Covering the barrel-vaulting of the interior is a peaked-roof with heavy plaster finish. Fine quality lime mortar was used in the masonry, which is reinforced with wooden baulks. The interior walls are entirely covered with painted decoration, while on the outside, the plaster covering the stonework has on the southern, western and part of the eastern facades been overpainted to resemble ornamental brickwork.
The decoration of this hermitage displays, in a departure for this region, repeated references to its builders, an innovation marking a new era in the role of the individual. 
Thus, written in large red letters on the western facade, are two prayers for the builders of the church, while an inscription on the inner face of the lintel over the doorway tells us that three monks, Brothers Savvas, Jacobus and Barlaam, paid for the construction and decoration of the church in the year 1409/10. Another inscription, this one over the window, gives us the name of the hieromonk and painter Ioannikios, the creator of the wall paintings, which have been restored and are preserved in excellent condition. Differences between the upper and lower bands of decoration suggest that two hands were at work here, in all likelihood a master and his pupil. 
The talented and probably elderly master decorated the lower zone in accordance with the high Palaelogan tradition of the 14th-century Macedonian painting, while his young apprentice created expressionistic and naive compositions on the upper band, in the style of the local 15th-century craftsmen.
Particularly interesting among these painted figures are the heads of the warrior saints, the two monks and founders flanking the Virgin and Child, and the representation – rare for the period, of Christ as the Angel of the Great Council, on the vault.

Recent work on the hermitage has included restoring the cohesion and solidity of the foundations by deep pointing and impregnation, plus rebuilding where required on the superstructure, intervention has been limited to filling the cracks, to prevent the seepage of moisture that could freeze and further damage the masonry. The cells and the protecting wall have been reinforced as they stand. The stairway has been faced with stone (except the final section) and a metal handrail has been installed.”

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