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| Lovatnet |
Je n'avais pas vu hier
mais il y a un camping juste en contrebas de l'hôtel où j'ai
squatté la nuit dernière. Le camping est vaste et un peu spécial,
c'est un parking et il y a comme un parcmètre pour régler
directement. Les emplacements sont situés au bord du torrent et pour
les moins téméraires il y a des cabanes en bois qui font office de
bungalow comme dans tout camping norvégien. La Norvège est le
royaume du camping. Pourtant avec les températures qu'ils ont ça
n'incite pas vraiment à la vie au grand air. Ou alors c’est
justement parce qu'ils ne peuvent sortir que 3 mois par an qu'ils en
profitent pour rester dehors le plus longtemps possible.
Renseignement pris, il est aussi autorisé de faire du camping
sauvage n'importe où, dès lors qu'il n'y a pas de panneau qui
l'interdise. Et je n'en ai pas vu, sauf sur le parking de Flam. Il
aurait fallu oser planter la tente entre les bus...
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| Oldevatnet |
Les campings sont
déserts, ce n'est pas la saison, je crois que le début des
festivités commence début juin. Par contre tout est ouvert à tout
venant. J'y suis allé faire un saut pour laver ma vaisselle d'hier
soir et j'ai été surpris de trouver un local avec micro onde,
gazinière, électricité et eau chaude ! Tout ça pour les
élans et les caribous. Va comprendre quelque chose. Du coup, j'ai
poursuivi l'intrusion du côté des sanitaires pour voir s'il y
aurait pas de douche. Il y en a justement, mais c'est un truc à
pièces. Il faut glisser 10 NOK pour avoir de l'eau chaude. Il était
écrit d'insérer la pièce lentement, ce que je fis. Mais rien ne se
passa. Le truc avait deux voyants, un rouge et un vert mais les deux
étaient éteints. Pendant ce temps là l'eau froide continuait de
couler et comme j'étais à poil à attendre que ça vienne, je
tremblais de plus en plus. Ce n'est pas avec gaîté que l'on se met
tout nu par 5 degrés dehors.
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| Oldevatnet |
Il en va de même pour les toilettes,
mais je vous passerai les détails. Il y a juste des besoins qui
doivent s'exprimer peu importe le temps qu'il fait dehors ! En
attendant, j'avais beau cogner dans la caisse, la pièce était
rendue je ne sais où. De toute façon c'était comme une tirelire,
il n'y avait pas de voie de sortie. Ça s’est donc terminé par des
ablutions au lavabo, en mettant de l'eau partout et salopant le
carrelage tout propre. Sans compter le miroir que je leur ai moucheté
de postillons de pâte à dentifrice. Ils n'ont qu'à avoir un
système qui fonctionne !
Quand je suis sorti de
là, de nombreux bus gorgés de petits vieux arrivaient de plus en
plus pour tenter un aperçu du glacier. Ils peuvent toujours courir,
je ne l'ai pas encore dit, mais le temps est pire que la veille. La
pluie ne s’est toujours pas arrêtée et cerise sur le gâteau les
nuages sont si bas que l'on ne voit plus rien. C’est ce qui
s'appelle se prendre le ciel sur la tête.
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| Vallée de Kjenndal |
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| Lovatnet |
Vous ne verrez donc pas
grand chose de la vallée de Briksdal. On ne peut pas dire que j'ai
amorti le détour de 48 kilomètres aller et retour pour voir un
pauvre glacier entre deux nappes de brume. En revanche, en
redescendant, le spectacle était plus intéressant au niveau du lac
Oldevatnet, avec les cimes tronquées par les nuages, la brume
s'enroulant en volutes autour de chaque détail du paysage et la
surface du lac fumante. L'ambiance était très énigmatique. Plus le
temps est dégueulasse, plus c'est joli. Ça donne un côté profond,
dramatique et mélancolique. Il y a des choses qui rendent mieux sous
la déprime qu'en pleine gaîté. Les fjords norvégiens en font
partie.
Plus je descendais vers
Olden et plus des bus montaient, suivis par des petits trains
touristiques ayant du mal à contenir tous ces passagers arc-boutés
à la rambarde pour prendre des prés jaunes en photo. La ville était
pleine de gens avec parapluies, tous sur le même modèle comme s'ils
avaient ouverts les maisons de retraites.
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| Vallée de Kjenndal |
Pourtant il n'y a rien à
faire dans ce trou. C'est alors que je compris la raison de tout ce
remue ménage. Un énorme paquebot de croisière avait jeté l'ancre
ici, dominant le village de ses dizaines d'étages. Les bus et petits
trains faisaient la navette pour amener tout ce beau monde au
glacier. J'ai toujours du mal à réaliser que dans ces montagnes
coule la mer, même si je suis très loin de la pleine mer. Mais les
fjords sont suffisamment profonds pour permettre aux paquebots de
s'aventurer dans les terres comme bon leur semble. Le fait que les
rivages des fjords soient calmes comme un lac avec de l'herbe au
bord, n'aide pas à se rendre compte qu'il s'agit de la mer. Les
norvégiens ont d'ailleurs du souci à se faire le jour où il n'y
aura plus de pétrole. Les routes sont longues à n'en plus finir,
obligeant à faire des détours de plusieurs dizaines de kilomètres
pour contourner les fjords alors que leur largeur est plutôt
étroite.
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| Vallée de Kjenndal |
Je me demande pourquoi ils n'ont pas pensé à faire des
ponts. De plus, la vitesse est limitée partout à 70 km/h alors ça
n'aide pas à avancer. Et il vaut mieux respecter la vitesse limite
car je n'ai jamais autant vu de radars automatiques au kilomètre
qu'ici. Ils en mettent même dans les tunnels, c'est d'autant plus
vicieux qu'on ne les voit pas, tapis dans l'obscurité.
Quelques kilomètres plus
loin on arrive à Loen. De là, une route de 12 km s'enfonce dans la
vallée de Kjenndal. Toute de suite la route file à travers la
forêt, étroite et sauvage, puis longe un lac en le surplombant.
Gare aux voitures qui pourraient surgir en face au détour d'un
tournant. Il n'y a pas la place pour se croiser et il vaut donc mieux
rouler doucement. Par contre je suis tout seul alors je peux
continuer à m'arrêter comme bon me semble.
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| Vallée de Kjenndal |
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| Vallée de Kjenndal et le glacier Kjenndalsbreen |
Les touristes vont dans
l'autre vallée, c'est ce que le Lonely Planet disait. Et c'est vrai.
D'ailleurs, au passage, si vous cherchez un guide de la Norvège
suffisamment documenté sur les fjords, je vous conseille le Lonely
Planet, c'est le plus détaillé, tous les autres survolant
uniquement les endroits essentiels et faisant l'impasse sur les
vallées de Jostedalsbreen. Si vous devez choisir une vallée unique
à visiter sur le parc national, je vous conseille sans hésitation
la vallée de Kjenndal. Je le dis haut et fort, cette vallée est
incontournable et vous raterez votre voyage en Norvège si vous n'y
allez pas. Elle est d'une sauvagerie absolue, avec son lac enchâssé
entre des montagnes abruptes couvertes de forêts de bouleaux et de
sapins. Elle regorge de cascades, de névés et surtout son glacier
au bout est le plus beau de tous ceux que j'ai vus jusqu'à présent
en Norvège, avec sa langue de glace descendant jusqu'au fond de la
vallée pour former un torrent déjà impétueux.
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| Vallée de Kjenndal |
Le paysage qui y
mène ne cesse de surprendre par sa diversité. Les choses commencent
vraiment à devenir différentes et intéressantes passé la
bifurcation sur la gauche pour Bodalsseter qui permet d'atteindre un
autre glacier, celui de Brattebakkbreen. Malheureusement ce chemin,
charmant au demeurant, qui serpente à travers une sapinière,
s'achève rapidement en cul de sac, bloqué par des engins de
débardage. La route elle même semble avoir disparu sous les troncs.
Seule issue : rebrousser et continuer le chemin principal. Celui
ci se met à grimper au dessus du lac, puis une fois dépassé 2-3
maisons de vacances on se retrouve face à un sens interdit marqué
« fermé l'hiver ». Ben quoi, on est le printemps non,
donc je peux passer. Bon, je suis un peu de mauvaise foi,
officiellement ici c'est toujours l'hiver et le message m'est donc
adressé... Je ne vais pas me laisser pour autant enquiquiner par un
vulgaire panneau. D'autant plus que personne n'est là pour relever
l'infraction...
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| Vallée de Kjenndal |
Malgré tout j'avance
prudemment ; la route est très escarpée, les parois verticales
n'ont de cesse de projeter des cascades sur la route. Tant que ce
n'est que des torrents... J'ai surtout peur des avalanches. Et c'est
peut être bien pourquoi cette route est fermée l'hiver. Je joue
avec le feu. Mais la route est si belle et si envoûtante que je ne
me vois pas rebrousser. Si je dois mourir ici, alors c’est que mon
heure sera venue. En contrebas du parapet un nouveau petit lac
admirable et sinueux se dessine. Vu d'en haut le paysage est à
couper le souffle. On se sent un aigle survolant la forêt. Le rivage
se perd en verts tantôt profonds, tantôt clairs, voire presque
jaunes à certains endroits. La forêt oscille entre le vert couleur
lichen des bouleaux qui commencent tout juste à sortir leurs chatons
et le vert sombre des sapins.
La route finit par
descendre de ce perchoir au niveau de la fin du lac. A cet endroit un
automate demande des piécettes. C'est à son bon cœur, il n'y a pas
de barrière. Peut être que le norvégien est honnête et paye dès
qu'on lui demande même s'il n'y a personne. Je suis pour ma part
plus latin. Et tant pis si je ne joue pas le jeu. Après ce pseudo
péage, la route aborde un paysage inédit, un univers lugubre à la
Tolkien, où tout est mousses, pourritures, terrains détrempés,
arbres déracinés et autres truc vermoulus. Le panneau qui affiche
la direction est lui même illisible tellement qu'il est envahi par
les lichens. Tout est ici tellement humide et gorgé comme une éponge
qu'on a le sentiment que l'on va moisir au premier pied posé à
terre. Évidemment avec le temps toujours aussi brumeux, cela ne fait
que renforcer cette impression.
Je ne me lamenterai au final plus sur
le temps. Il est idéal pour visiter cette vallée. Je ne peux
l'imaginer autrement qu'ainsi et je suis sûr qu'elle serait moins
belle avec des feuilles aux arbres, des prés verts et un rayon de
soleil (en admettant que ça lui arrive). Là je l'ai complètement
en version apocalyptique. C'est la fin du monde et à la fin du monde
tout finit pourri, sous un déluge avec des torrents dévalant les
pentes tous les dix mètres. Dieu que c'est beau !
Soudain un pont de bois
passe de l'autre côté du torrent, permettant de distinguer le
glacier au fond. Espérons que la route continue comme cela au plus
près du glacier. Cela fait déjà de nombreux kilomètres que je me
suis aventuré sur cette route interdite. Je me sens comme au fond
d'un gouffre. Si une avalanche venait à se déclencher, nul doute
qu'elle parviendrait jusqu'en bas. Mais je ne crains pas les
avalanches aujourd'hui. Les pentes sont tellement abruptes qu'elles
n'ont plus de neige.
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| Kjenndalsbreen |
A moins que ce soit parce que les parties les
plus hautes sont au dessus de la ligne des nuages. Parfois j'entends
bien des grondements comme des coups de tonnerre que je reconnais
désormais toute de suite, mais je ne vois rien tomber. Tout doit se
passer plus haut, dans un étage invisible. De cet étage coulent des
multitudes de cascades. Dès qu'on lève les yeux on ne sait plus où
donner de la tête, cela en donne le tournis.
Finalement la route se
termine en chemin au niveau d'un parking avec quelques tables de
pique nique et un bloc de toilettes en bois moussu que la nature a
fait sienne. Un sentier part de là en direction du glacier, passant
au milieu de bouleaux qui sortent d'un tapis de mousses et de
myrtilles. Pas un brin d'herbe ne pousse, même jauni. Ce n'est que
rochers et mousses. Je m'aventure sur le chemin, c'est peut être de
la folie, mais je veux m'approcher du glacier, je me sens comme
happé.
Cela fait déjà plus de deux heures que je suis hypnotisé
par cette vallée. C'est comme si la glacier m'avait jeté un sort et
m'appelait à lui. Malheureusement le sentier s'arrête à distance
respectable du glacier. Je me sens frustré, j'ai envie d'y arriver à
son pied. C'est alors qu'en scrutant les rochers, je m'aperçois
qu'un autre sentier, non officiel, longe le torrent et remonte au
milieu des mousses, indiqué par des tas de pierres couleur ardoise.
Je ne peux y résister davantage, je m'avance vers ce sentier qui me
conduit directement au glacier. Comme si cela ne suffisait pas, je
m'avance encore plus, à présent hors de tout sentier, longeant le
glacier. Je veux voir le haut d'encore plus près. Comme par magie,
c'est comme si les dieux avaient ouvert le ciel pour moi. Une lueur
divine se met à transformer les couleurs du glacier qui devient
alors bleu au milieu d'un halo de lumière.
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| Lovatnet |
Un rayon de soleil essaye
de traverser, rien que pour m'offrir l'éclat unique de ce glacier.
J'en pleurerais. J'ai conscience du danger d'être contre le
glacier ; si un bloc venait à se détacher plus haut ce serait
la fin. Mais je me sens protégé. Si je suis là ce n'est pas par
hasard, c'est que je devais voir ça. Il n'y a pas de trace
d'avalanche récente ou plus ancienne, que ce glacier qui coule
jusqu'à mes pieds. Ce serait bien comble de malchance si quelque
chose devait se produire maintenant. Ça aura tout loisir d'arriver
une fois que je ne serai plus là... Même si cela fait déjà belle
lurette que j'ai passé la ligne « danger » figurant sur
ma carte. Je suis resté là jusqu'à ce que la batterie de mon
appareil photo flanche. Je n'ai cessé de prendre photos et vidéos
tellement je me sentais partie intégrante de cet univers. J'aurais
voulu en garder l'impression et l'ambiance à jamais. Je fermais les
yeux pour mieux les rouvrir sur cette immensité. Jamais une photo ne
pourra rendre ce que je vis. C'est pourquoi je me devais de m'en
imprégner le plus possible, et tant pis si l'heure tournait. Le
reste attendra...
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| Route 655 pour Orsta |
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| Le lac d'Hornindal |
Quand je suis revenu sur
le parking je me sentais comme ivre, je ne savais plus où j'étais,
quelle jour on était, si j'avais faim ou soif. Comme souvent en ce
genre d'occasion, à l'instar d'hier, je décidai de manger dans la
voiture. Et ce d'autant plus que quelques trouées de ciel bleu
commençaient à faire leur apparition. Il fallait donc en profiter
et j'avais encore de la route pour arriver à Geiranger, lieu de mon
arrêt pour ce soir, au bord du fjord du même nom, vanté comme le
plus beau de tous. J'avais hâte de voir ça sous un rayon de soleil.
Par rapport à ce que je disais tout à l'heure, j'avais raison :
l'ambiance ensorcelante sembla disparaître en même temps que les
nuages se dissipaient, comme si le soleil emmenait au loin cette
atmosphère vénéneuse. A Stryn je fis un arrêt yaourt et bâche.
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| Sur la route entre Hornindal et Sunnylven |
Alors que je tournicotais dans le centre à la recherche d'un signal
internet (info express, il y en a un juste en face de la cafétéria
sur la route 15, nom du réseau : linksys), j'aperçus une
jardinerie. Comme j'ai vu que tout ce qui était bois coupé et
mottes de foin étaient soigneusement protégé sous des bâches, nul
doute que j'allais en trouver une. Bingo, je suis ressorti de là
avec une bâche de 3,6m sur 2,5 mètres. C'était la plus petite de
toutes, et je pense que les dimensions suffiront. J'ai aussi acheté
de la ficelle pour nouer le tout à des branches ou troncs d'arbre
que je trouverai. J'étais tout guilleret à l'idée de ne plus avoir
à me soucier de cette pluie insidieuse.
Alors que je commençais
à m'embrancher sur la route 15 qui permet d'atteindre Geiranger, un
panneau m'informa que la jonction pour Geiranger était fermée.
Tiens donc.
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| Sur la route d'Orsta |
Un coup d’œil sur la carte me permit de me rendre
compte de mon erreur. Il y avait un tronçon désigné entre deux
fanions rouge, dont la légende dit « route fermée en hiver ».
Eh bien voilà, ça devait arriver. Pourtant j'avais bien étudié la
carte. Une chose est à présent sûre : seules les routes qui
longent les fjords ou restent à fond de vallée sont praticables.
J'ai dû opter pour la solution de repli : faire le grand tour
par Stranda et prendre deux bateaux, ce qui rallonge la distance du
double. Au fait, par rapport à ce que je disais hier, les tunnels
figurent bien sur la carte. Ils sont simplement très discrets,
l'entrée du tunnel est figurée par une parenthèse fermée, tandis
que la fin du tunnel l’est par une parenthèse ouverte. Ainsi il
suffit de repérer ces indications pour en déduire la longueur et la
fréquence des tunnels. Pour ceux qui seraient intéressés par le
même périple que moi, je conseille la carte Norvège Centrale n°2
de Kummerly+Frey au 1:335 000 qui couvre toute la section de Bergen à
Alesund. C’est la seule que j'ai trouvée, les autres coupant la
région au nord de Bergen, de sorte qu'il faut acquérir deux cartes.
Par contre elle n’est pas très pratique à manipuler, elle ne
s'ouvre jamais au bon endroit, se plie toute seule et mal, le papier
est fragile et il y a tout un pan inutile de la section Oslo qui se
déplie comme en accordéon sur les pieds ! En 4 jours de
traitement elle est déjà déchirée en multiples endroits. Je
préfère d'ordinaire les cartes plastifiées mais à défaut...
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| Deux fjords en un : le mythique Geirangerfjorden à droite et le Sunnylvsfjorden à gauche |
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| Geirangerfjorden |
De Stryn à Stranda il
n'y a que 78 km mais j'ai mis 2h30 pour faire cette distance,
m’arrêtant à de nombreux endroits et prenant quelques détours.
La route devient somptueuse avant d'arriver à Hornindal. Elle
traverse une forêt de sapins, pleine de lacs plus ou moins gelés,
bordés de petites maisons de bois rouge, avec pour toile de fond des
montagnes toutes blanches. Le secteur fait très Ouest canadien. Je
ne regrette finalement pas ce petit détour. Hornindal est au bord
d'un lac, très grand, apparemment le plus profond d'Europe à ce
qu'en dit ma carte (sous réserve que je comprenne le norvégien!).
Le lac possède de petites îles toutes boisées et l'eau est si
calme que tout se reflète comme dans un miroir. Photos réussies
assurées, c'est inratable !
La route prend ensuite
son élan pour aller à l'assaut d'un plateau enneigé dont le soleil
illumine les cimes enneigées.
Là encore je me suis arrêté à
plusieurs reprises, au bord de torrents, ou encore à prendre une
autre route prometteuse qui m'éloignait pourtant de ma direction.
C'est ainsi que je me retrouvai sur la route pour Orsta, sans savoir
où cette ville se trouvait. La route s'avançait dans une vallée
ensoleillée, avec des tourbières jaunes des chaque côté et des
marres gelées. Les couleurs étaient magnifiques et j'ai bien dû
faire 5 ou 6 kilomètres de la sorte jusqu'au point d'atteindre un
point parfait pour une photo. C'est alors que je fis demi tour pour
reprendre le cours normal de mon trajet. A Sunnylven, je vis une
pancarte qui indiquait Geiranger par ferry. Pourtant Geiranger est
assez loin de cet endroit et puis il n'y a pas âme qui vive au bout
de ce fjord et je ne vois aucun bateau amarré à quai.
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| Sunnylvsfjorden |
Comme je n'ai
pas envie d'attendre des heures un hypothétique ferry qui peut être
ne fonctionne que l'été pour permettre aux touristes de faire une
croisière sur le Geirangerfjorden, je me décide à poursuivre vers
Stranda. Sur la route il faut bien ouvrir l’œil sur le fjord qui
commence à faire son apparition. Le plus beau point de vue a lieu
juste avant que l'on passe un tunnel. On est alors face à
l’intersection entre le Geirangerfjorden et le Sunnylvsfjorden qui
continue son chemin vers Stranda. Ah cette Norvège des fjords, c’est
un vrai labyrinthe ! Comme une Venise naturelle dessinée à
l'échelle des géants. C’est incroyable ce que la nature a pu
œuvrer par ici. Je rêvais de Norvège depuis mon enfance, de celle
des fjords qui me fascinaient. Il aura fallu attendre tout ce temps
pour que je me décide. Sans doute Else, mon amie norvégienne, et
les fjords visités en Nouvelle Zélande auront joué pour beaucoup
dans ce passage à l'acte...
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| Stranda |
J'ai été surpris de
voir le gros paquebot de ce matin sortir du Geirangerfjorden. Il
avait dû faire un sacré détour par Alesund pour arriver là. Mais
il file vite. Et par la mer ça va bien plus vite que par la route,
sinueuse. J'ai aussi vu le ferry qui rejoignait Sunnylven. Ça peut
être une excellente solution pour le retour, plutôt que d'avoir à
retourner sur mes pas. Sans compter que je tiendrai là une croisière
sur le fjord par la même occasion. Stranda est une ville moyenne,
comparée à celles que j'ai croisées jusqu'à présent, le plus
souvent très réduites. Elle est située au bord d'un fjord superbe.
On y trouve de belles demeures accrochées aux collines dont les
jardins surplombent tous le Storfjorden qui débouche sur Alesund.
Difficile de trouver un coin pour avoir un panorama à soi. L'endroit
est si remarquable que toutes les maisons se sont achetées la vue
qui dès lors devient interdite pour le visiteur. C’est le propre
des propriétés privées...
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| Le Storfjorden depuis Liabyda |
Curieusement le ferry qui
doit me mener de l'autre côté du fjord, très ensoleillé car situé
du versant où il fait bon, semble absent. Sur le port je suis le
seul à me garer sur la file d'attente. Il y a bien des panneaux
affichant les horaires mais les liaisons et les cas hiver, été,
jours de la semaine, samedi ou dimanche sont tous si nombreux qu'on
n'y comprend plus rien. Je me décide alors à attendre, mettant à
profit l'attente pour aller faire un petit besoin en essayant de me
cacher un peu plus bas sur une plateforme flottante d'amarrage des
voiliers. Évidemment, il a suffit que je commence mon affaire pour
qu'une houle se lève et fasse tanguer la plateforme. Va pisser comme
ça sans tomber à l'eau ! Encore une fois le calme trompeur des
eaux du fjords m'avaient fait oublier qu'on est sur la mer.
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| Un repos bien mérité |
Le ferry a fini par
arriver et nous nous somme retrouvés à 5 voitures pour la
traversée. Cette fois il fait de plus en plus beau et les nuages ont
presque tous disparu, donnant un petit air d'été et de vacances.
Pas étonnant que les nordiques finissent à poil dès le premier
rayon de soleil annonçant l'été qui arrive. Ce doit être si
rare... De l'autre côté du fjord, à Liabygda, qui sonne plus comme
un nom de village crétois qu'autre chose, il était 19 heures et le
temps venu de terminer la course. On ne pouvait pas rêver mieux que
de passer la nuit ici, sur les hauteurs du fjord (des fjords devrais
je dire car on est à un carrefour de 3 fjords dessinant un Y), face
au soleil. C'est ainsi que j'ai trouvé où mettre la tente, en
prenant une petite route qui s'enfonçait dans un petit village et la
forêt, un peu plus en hauteur, à l'endroit exact où ils ont mis un
sigle sur la carte pour alerter d'un panorama. Le lieu n’est rien
d'autre qu'un terrain vague servant de terrain de sport en gravier,
bordé d'une prairie bien plate parfaite pour dormir et garnie de
tables à pique nique. Ce soir je n'aurai pas à me servir de la
bâche, on dirait que c’est fait exprès...
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| Storfjorden |




























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