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| Aurlandfjorden |
Comme j'ai
pu avancer à un rythme plus rapide qu'envisagé, cela me permet un
extra que j'avais au début envisagé comme visite dès le premier
jour : la parc national de Folgefonna. Celui ci se trouve en
dessous de Bergen, c'est à dire à l'opposé des autres endroits que
je voulais voir. Donc cela me faisait faire un petit détour et
allongeait en conséquence mon périple qui avec ses 1700 kilomètres
sur 8 jours m’effrayait un peu. Du coup comme Folgefonna partage la
même particularité qu'avec Jostedalsbreen, à savoir les glaciers,
et que j'avais prévu de visiter ce dernier amplement, j'ai pensé
dans un second temps faire l'impasse sur Folgefonna, tout en le
gardant sous le coude au cas où il me resterait du temps. Et c'est
bien ce qui se passe. Il me reste encore deux jours pleins et si je
le voulais je pourrais déjà être ce soir à Bergen. Mais pour y
faire quoi ?
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| Sognefjorden |
Je préfère continuer à visiter le pays, ses
fjords et glaciers, plutôt que de passer la fin de mon voyage en
ville, quand bien même son vieux quartier sur le port est classé au
patrimoine mondial de l'Unesco. J'y ferai peut être un tour dimanche
matin avant de prendre l'avion. Mais c'est loin d'être certain, la
sortie de Bergen depuis l'aéroport samedi dernier a été un peu
compliquée (je n'ai pas de plan de Bergen et sur la carte ce n'est
que trop approximatif) au point qu'une dame qui me voyait me débattre
sur le bas côté avec ma carte et les feux de détresse s'est
arrêtée à mon niveau pour me guider. Toujours la sympathie
norvégienne. Je n'ai ressenti aucune méfiance ni agressivité
depuis que je suis arrivé. Il m'arrive de m’arrêter en plein
milieu de la route pour un arrêt photo en mettant juste le
clignotant et en bloquant la voie, je n'ai jamais eu aucun coup de
klaxon. Quand les routes sont à une voie, les gens s’arrêtent
pour me laisser passer et me font en plus un grand sourire. Il n'y a
pas à dire, ce pays est différent des autres. Il doit faire bon y
vivre. Mais avec le climat et ses 9 mois d'hiver (et quel hiver!),
c'est trop pour moi.
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| Sognefjorden |
Direction
donc Folgefonna que je n'envisage pas de rejoindre avant demain.
Aujourd'hui je vais prendre mon temps, même s'il y a de la route. La
nuit dernière avec ma bâche je ne me suis même pas rendu compte
qu'il avait plu. C'est en pliant tout ce matin que j'ai vu que la
toile était mouillée ainsi que l'herbe. La tente elle, complètement
au sec, aucune humidité, j'ai dormi comme un loir. Nickel !
J'ai toujours un pincement au cœur de m'arracher à un coin que
j'aime et que je ne reverrai sans doute jamais. J'essaie chaque fois
de vivre le temps présent le plus intensément possible mais il faut
bien le dire, dès qu'un voyage est fini il n'en reste plus rien, que
des souvenirs diffus, des photos sur un ordinateur que l'on ne
regarde plus car elles ne font pas revivre le moment aimé. Alors
pourquoi continuer à voyager ? Justement pour cet instant
présent. Cela ne fait même pas une semaine que je suis arrivé que
j'ai déjà l'impression d'y être depuis un mois.
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| Aurlandfjorden |
Les jours passent
lentement, comparés à la routine du travail. Le temps en voyage
prend une autre tournure. Du moins la première semaine. C'est pour
cela que des séjours courts me conviennent bien. Certains me disent
que cela n'est pas suffisant pour déconnecter. A la lecture de ce
blog vous en pensez quoi ? Ainsi, le retour est toujours vécu
comme une catastrophe, que j'occulte en ayant toujours un projet de
voyage actif à n'importe quel moment. La préparation fait déjà
partie du voyage, on commence à sentir et à imaginer les choses, on
se renseigne, c'est un peu déjà comme si l'on était là bas...
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| Aurlandfjorden |
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| Aurland |
J'ai raté
quelque chose dans mon périple au sein des fjords et des glaciers,
c'est le fjord d'Aurland. C’est mon livre qui me le dit avec sa
photo qui me nargue. Par contre il ne dit pas où c'est situé
exactement. Aussi je m'étais résigné à louper quelque chose de
magnifique, peut être encore plus beau que le Geiranger. Et ce
matin, en regardant des endroits que je pourrais visiter en chemin et
que j'avais squeezé à l'aller, je me suis rendu compte que le fjord
d'Aurland n’est ni plus ni moins que celui qui s'achève à Flam !
Aurland est un village juste avant le fameux tunnel de 25 km et n'est
pas au bord de la route. C’est pour cela que je ne n'avais rien vu
à l'aller. Mais avant, je dois reprendre le ferry sur le Sognefjord,
duquel je reconnais avec émotion l'endroit où je viens de passer la
nuit, là haut, juste en dessous de l'antenne qui trône au sommet
d'une montagne toute enneigée. Si vous prenez le ferry de Laerdals,
ayez une pensée pour moi.
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| Aurlandfjorden |
Pour avoir
le meilleur point de vue sur le fjord d'Aurland, il faut prendre une
petite route qui monte à n'en plus finir vers Skjerdal. Peu avant la
fin vous trouverez un coin pour s'arrêter. Le fjord vu d'ici est
incroyable, il fait partie des plus beaux que j'ai vus. Si je devais
les énumérer je dirais, dans le désordre (ne me demandez pas
lequel je préfère!) : Geirangerfjorden, Sognefjorden et
Aurlandfjorden.
Et la visite n’est pas terminée donc la liste peut encore
s'allonger ! Ce qu'il y a de beau avec le fjord d'Aurland c'est
qu'il est très haut et son passage le plus remarquable n'est visible
que depuis ce point de vue. C'est là qu'il devient vraiment
encaissé. D'ailleurs un must pour ceux qui prennent le train de
Flam, c'est d’enchaîner avec une croisière sur le fjord d'Aurland
et de Naeroy, le premier fjord visité le jour de mon arrivée (celui
de l'avalanche...).
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| Route pour Undredal |
Aurland est aussi un petit village tranquille et
agréable, où les gens prennent leur temps. Je crois que la Norvège
est peu peuplée. Je croise rarement du monde sur les routes, la
majeure partie du temps on a l'impression d'être seul au monde. Je
n'attends jamais où que j'aille et je n'ai croisé aucun feu
routier. Ça c’est le paradis. On allume le contact et on roule
aussi longtemps qu'on le souhaite. Seul hic : bien vérifier sa
vitesse, je l'ai déjà dit. Au fait, je ne sais pas à combien est
la vitesse maxi. Je ne l'ai jamais vue indiquée et le panneau
affichant la vitesse la plus haute est à 70, voilà pourquoi je
pensais que c'était la limite maximale. Mais je constate sur la
route que la majeure partie des personnes me double, camions compris.
Je m'en fiche, j'ai le temps, je profite du paysage ! En plus ce
matin il fait beau, ce qui donne un supplément de bonheur. Ça y
est, me voilà vrai Norvégien, acclimaté comme eux. Je me surprends
à enlever des couches de vêtements et à rouler la vitre ouverte
par 10 degrés dehors. Mais le soleil chauffe bien. Je n'en suis
quand même pas au stade de certains qui vaquent en T-shirt et en
short.
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| Le fjord d'Aurland au niveau d'Undredal |
En
continuant sur la route pour Voss, tout de suite passé le tunnel de
Flam, une route indique vers la droite Undredal. Comme toujours en ce
genre d'occasion, je m'arrête net en catastrophe pour compulser ma
carte afin de prendre une décision. Ça tombe bien car le village
est tout au bord du fjord d'Aurland, dans sa partie étroite. Cela me
permettra sans doute d'avoir un point de vue différent. Je ne dirais
pas qu'Undredal est une destination en soi, mais pour qui a le temps,
c’est agréable de s'y rendre. Il y a un petit ponton en bois sur
le bord du fjord et cela fait du bien de lézarder au soleil en
regardant les mouettes voler au ras de l'eau et les gens faire du
canoë.
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| Naeroyfjorden |
Avec ce
temps, je me suis décidé à refaire des clichés un peu plus
aguicheurs du Naeroyfjorden. Ça ne me coûte qu'un petit détour et
quitte à revenir sur ses pas, autant en profiter pour améliorer
l'existant.
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| Undredal |
Cela me donne donc une seconde chance. C'est fou comme en
5 jours les choses ont changé. Les feuilles aussi ici sont sorties,
les neiges sur les versants ont fondu et ce n'est pas aujourd'hui
qu'une avalanche risquerait de me tomber dessus, la montagne est
toute sèche. Du coup je suis retourné sur le sentier de
l'avalanche, comme pour conjurer le sort et tirer un pied de nez à
la montagne qui avait voulu m’ensevelir. Certains diront que je
suis fou d'y retourner. Mais aujourd'hui le danger est écarté et
j'ai bien envie de voir les restes de l’avalanche. Je n'ai pas été
déçu, la neige est toujours là, au milieu d'éboulis et de
morceaux de terre. C'est comme si je faisais une autopsie !
Comme à mon
accoutumée, c'est en conduisant que j'ai pique-niqué. Avant de
prendre la route je me coupe un morceau de cheddar que je croque
ensuite dans un morceau de pain, mettant des miettes partout. La
voiture est dans un état !
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| Naeroyfjorden, sous le soleil! |
Entres les brins d'herbes, les
feuilles mortes et maintenant les morceaux d'écorce des branches de
pin que je me trimbale à l'arrière pour soutenir la bâche, il va
falloir que je fasse un peu le ménage sinon ils vont halluciner à
l'agence. Je ne me sers jamais d'une voiture en tant que telle, c'est
aussi mon camping car et tout être très bien rangé. Le coffre a
son compartiment linge, à côté duquel je place les affaires dont
j'ai besoin pour camper, dans la housse de la tente. Par dessus je
mets le sac de couchage. A côté, comme une cloison, je positionne à
la verticale mon matelas de sol, légèrement dégonflé pour pouvoir
le plier, ce qui me lasse un espace pour ranger les provisions et
caler devant une bonbonne d'eau, le réchaud et les gamelles, bien
coincés. Sur le siège arrière, c'est la tente, simplement à demi
pliée de manière à ce que l'humidité s'évacue la journée en
conduisant.
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| Le lac de Granvin |
Enfin vous trouverez sur le siège passager mon petit sac
à dos de jour, avec par dessus les choses triées par ordre
d'usage : d'abord l'ordinateur pour finir par dessus avec les
appareils photos et la bouteille d'eau. Par terre, la poubelle. On
peut dire que j'utilise tout l'espace et les gens doivent être
étonnés de voir un type seul dans une voiture qui ne s'arrête
jamais pour prendre quelqu'un en stop. Où le mettrais-je ? Pour
déjeuner, ma friandise est aussi un mélange de noix de cajous et
d'airelles séchées, succulent !
Mon prochain
arrêt c'est à Ulvik, située aux confins du Hardangerfjorden, un
autre fjord réputé, le plus accessible depuis Bergen. Pour y venir
je vous conseille de bifurquer avant Granvin, au niveau d'un lac,
pour prendre la route sur la gauche, qui s'enfonce dans les montagnes
et traverse de superbes paysages de sapins, de lacs et de neige.
J'adore à chaque fois que je passe par ce genre d'étendues qui
m’évoquent l'idée que je me fais de la Laponie...en plein été !
Il y a un petit chemin à un niveau, non goudronné qui semble sur
la carte parvenir au lac de Solsaevatnet. Mais le chemin se trouve un
moment bloqué par le neige, s'arrêtant au niveau d'un hameau de
maisons nichées en pleines nature. Une fois encore, bien que les
gens soient là vu leur voiture garée, personne n'ouvre une porte ou
ne lève un coin de rideau pour voir qui va là. Pas un chien n’aboie
non plus. Juste le silence et une harmonie que rien ne vient
troubler. C'est vraiment ce qui m'aura marqué des Norvégiens.
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| Le futur pont au dessus du Hardangerfjorden |
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| Cascade dans la vallée Hjolmodalen |
D'Ulvik, il
faut ensuite prendre un ferry, qui vit là ses dernières heures.
Plus loin il y a un pont en construction, déjà terminé, qui passe
par dessus le fjord. Son ouverture est prévue pour le mois d’août.
Finalement ils ont dû entendre ce que je disais comme quoi j'étais
étonné que personne n'ait pensé à construire des ponts par dessus
les portions les plus étroites des fjords. Comme toujours, le ticket
s'achète avant de monter sur le bateau, par un type qui passe entre
les voitures. Il me demande si j'ai je ne sais quelle carte.
Apparemment elle donne droit à une réduction sur la traversée. Il
faut dire que pour les Norvégiens cela doit vite revenir cher. C’est
à chaque fois entre 65 et 90 NOK pour les traversées d'une dizaine
de minutes (environ 10 euros). La pièce d'une couronne me plaît
beaucoup. On dirait presque un jouet avec sa croix de viking sur une
face avec un trou au milieu. On pourrait en faire un pendentif. Je
devrais d'ailleurs y songer pour la plage...
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| Vallé de Simadalen, à Eidfjord |
J'ai ensuite
voulu me rendre dans la vallée de Hjolmodalen, pour faire une petite
randonnée vers la cascade de Valurfossen décrite dans le « Norway
South : The finest fjord and mountain walks », dans la
collection Rother Walking Guide, qui fait de très bon petits livres
de randonnée avec des photos qui permettent de se rendre compte.
Pour y accéder il faut prendre la direction d'Oslo et après
Eidjford, au bout du lac, prendre une petite route indiquée Hjolmo.
Je ne conseille pourtant pas de s'y rendre. J'ai surnommé le coin la
vallée maudite. C’est une vallée lugubre faite d'arbres nus et de
longues herbes jaunes, sans panorama digne d'intérêt mais surtout
vous ne pourrez pas vous rendre jusqu'à Hjolmo, la route se
transformant rapidement en chemin de terre qui en quelques kilomètres
devient une piste pleine d'ornières et de crevasses créées comme
autant de canyon creusés pas l'écoulement d'eaux de pluie
torrentielles. Impossible pour la voiture de passer par là, j'ai dû
rebrousser chemin. D'ailleurs je n'avais pas fait attention mais au
début de la vallée il y a un grand panneau avec un point
d'exclamation : «Warning : narrow road, sharp curves.
Steap gradient, drive carefully. Only for cars without trailers. ».
J'aurais plutôt dit seulement pour charrues et tracteurs !
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| L'heure du bivouac a sonné! |
Comme
j'étais un peu las de conduire j'ai décidé de m'arrêter et de
chercher un coin pour la nuit. Pas dans cette vallée qui m'aurait
donné des cauchemars, mais autour d'Eidfjord, située au bord du
fjord avec des maisons nichées dans les sapins sur les hauteurs.
J'ai essayé de prospecter un coin par là mais tous les étages sont
pris d'assaut par les maisons et la forêt tout autour ne dispose
d'aucun sentier de promenade dans lequel j'aurais pu m'engouffrer.
Plus bas, il y a une piste qui part depuis le centre du village, de
l'autre côté de la rivière vers le le lac d'Eidfordvaunet en
cheminant à travers la forêt et longeant la rivière. Cela aurait
pu être le point de chute idéal mais le lac était balayé par les
vents. J'ai au final trouvé un bel endroit, tout au bout de la route
qui longe le fjord, après avoir dépassé une centrale électrique,
dans la vallée de Simadalen. La route s'achève par une piste qui
continue encore à courir pendant des kilomètres jusqu'à parvenir
au bout de la vallée, au pied de montagnes et de cascades. Le chemin
est cul de sac, sans doute point de départ de randonnées. D'autres
avant moi ont aussi visiblement campé ici, si j'en juge les restes
calcinés de feu de bois. Il faut dire que l'endroit est parfait avec
son large replat et la première ferme à plusieurs kilomètres.
C’est très sauvage et de temps en temps j'entends ce bruit
caractéristique de la foudre. Je scrute alors immédiatement les
hauteurs prêt à détaler mais je ne vois rien, les avalanches
devant se créer bien plus haut. Je vais donc pouvoir dormir sur mes
deux oreilles...


















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