Le ventre du bateau s'ouvre sur une terre qui semble une autre planète. Lanzarote est une terre de désolation, au paysage lunaire de vieux volcans émoussés. Pas un arbre mais une ambiance quasi mystique. La nature semble avoir été figée, pétrifiée dans une coulée de lave. Lanzarote est une terre sombre qui contraste avec les maisons toutes blanches.
Je suis accueilli avec un 19 degrés. Juste le temps de passer au Lidl acheter quelques courses de frais, à seulement quelques centaines de mètres du port puis de faire le plein et me voilà paré pour l'aventure. Direction l'autre côté de l'île que l'on traverse très facilement il n'y a jamais plus de 10 km d'un côté à l'autre. Ça ne monte pas non plus très haut, on franchit juste une petite colline et hop Famara s'ouvre à moi.
C'est une grande plage sauvage au nord-ouest de l'île, bordée par une grande falaise souvent dans les nuages, point le plus haut de Lanzarote et qui est d'ailleurs un mirador très prisé. Ici les éléments se déchaînent il y a un microclimat très particulier. La plage est très dangereuse on ne compte plus le nombre de morts chaque année et le drapeau rouge y est toujours hissé.
Les surfeurs et kitesurfeurs ne s'y trompent pas c'est un point de ralliement très prisé. Il faut prévoir la combinaison, l'océan en cette période est encore trop frais. En plus en ce moment c'est les quatre saisons on se croirait en Islande. Le temps ne cesse de changer : alternance de rafales de vent et d'averses subites. Il vaut mieux ne pas trop s'éloigner de la voiture pour trouver un abri ça peut arriver très vite sans qu'on ait eu le temps de rien voir venir.
Je suis accueilli par un très bel arc-en-ciel d'ailleurs qui s'épanouit sur la Graciosa. Cette petite île a tout pour elle mais je n'irai pas cette fois. En effet les petits bateaux qui permettent d'y aller ne prennent pas de voiture. C'est une île sans voiture, hors du temps. Comme je ne veux pas laisser ma voiture plusieurs jours sans surveillance avec toutes mes affaires à l'intérieur je ne reste qu'à Lanzarote.
L'arc-en-ciel est un signe. Les vents viennent du Nord-Ouest donc je surveille souvent la Graciosa quand il y a un arc-en-ciel qui se dessine là-bas c'est qu'un grain arrive.
Je me suis mis tout au bout d'un chemin chaotique qui longe la plage et qui contourne Famara qui n'est qu'un complexe de résidences secondaires sécurisé avec des barrières de riches paranoïaques.
Il y a une vingtaine de vans et de camping-cars avec planche et combinaison qui sèchent sur un côté. J'ai pris le dernier coin je n'ai pas de voisin avant 300 mètres, les autres préférant rester plus ou moins ensemble pour se sentir sans doute plus en sécurité.
A cause du temps je n'ai pas l'occasion de faire fonctionner le réchaud et de tout sortir car les averses s'alternent trop fréquemment. C'est pas grave j'ai bien mangé sur le bateau. Je vais rester là un peu, question de me reposer et c'est tellement calme. En plus quand le soleil sort il y a des pointes à 21 degrés. Sinon le jour se couche à 18h30, c'est un peu pénible il faut commencer à manger à 17h30, de sorte que je me demande si je ne vais pas rester à l'heure continentale qui est une heure de plus...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire