Pour ma part je fais une petite boucle, la plus jolie. Je m'arrête juste un peu plus haut à une dizaine de minutes de marche en quittant le sentier pour le retrouver dans sa partie descendante, là où se trouve un ravissant bosquet de pins où j'avais pique-niqué il y a 2 jours. Eh bien je réitère. Faut varier les plaisirs. Cette fois je n'ai pas emmené la chaise basse mais le hamac. Il vaut mieux éviter de s'étendre par terre, l'an dernier j'ai bousillé une serviette à cause de la résine qu'il y a un peu partout. Avec le hamac, pas de souci.
Et un bon bouquin pour m'accompagner, très intéressant. Ça s'appelle "L'homme sans argent" et ça parle de l'expérience d'un britannique qui pendant un an a décidé de vivre sans argent. Pour un ex financier le revirement est encore plus marquant. Il décrit comment on peut se débrouiller sans rien dépenser, en changeant évidemment sa façon de vivre et de voir la société. C'est bourré d'humour. Le passage où il veut faire de la farine en moulant du grain mais que ça lui coûte plus d'énergie que celle que va lui apporter le pain au final m'as bien fait rire.
Ou plus sérieusement, ça ouvre les yeux sur les absurdités de notre monde, comme le fait de faire caca dans de l'eau propre, que l'on doit traiter ensuite avec plein de produits chimiques et d'énergie pour ensuite la reboire. C'est vrai que vu comme ça on se demande qui a oser inventer un truc pareil. Élevé là-dedans depuis qu'on est né on n'y pense même pas.
J'attends la fin d'après-midi pour continuer le parcours vers la Montaña Samana. C'est un petit volcan duquel on a une vue incroyable sur le Teide et les îles avoisinantes. C'est un nid d'aigle fantastique, d'où l'on voit la route qui grimpe en lacets au milieu de la lave et des pins. Je peux même voir l'endroit où je bivouaque. C'est ainsi que j'ai remarqué que j'étais en plein dans une coulée de lave.
Je m'amuse comme un fou en prenant plein de photos ou en faisant des vidéos avec ma GoPro. C'est si bon d'être là en short et t-shirt en étant là quasiment à 2000 m. Je cherche un terrain pour faire construire une maison en France et ça me perturbe un peu. Et quand je suis là je réalise que j'aurai jamais une vue comme ça dans un tel calme. Je vis dans 3 mètres carrés mais j'ai tout ce qu'il faut, enfin l'essentiel. Un lit, des rangements, de quoi cuisiner. Pour le reste, tout ce fait dehors. La vie au grand air. Je me sens capable de continuer comme ça pendant longtemps. Tant et si bien je me demande si l'hiver prochain je n'irais pas passer 6 mois aux Antilles avec ma voiture, en la mettant sur un cargo. Ça doit bien être possible, il y a des gens qui partent faire le tour des Amériques en camping-car. Ou si ça ne le fait pas, un road trip en Amérique du Nord combiné États-Unis et Canada. Ce serait géant.
Faudra que je creuse le truc à mon retour. Si retour il y a ! Je suis parti le jour de l'an avec pour but de ne pas vivre en 3e confinement ni aucun autre. Je me tiens informé va savoir pourquoi, et je souris à l'idée que la France va sans doute s'y plonger à nouveau avec délice dans les prochains jours. Bref j'ai bien fait d'être parti!
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