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dimanche 10 janvier 2021

La croisière s'amuse

Il n'y a pas grand monde sur ce grand bateau. Je ne sais pas en cabine, mais en tout cas on doit être une trentaine à tout casser au niveau des sièges. En partant ils avaient poussé la clim à fond qui soufflait sur le crâne. Un truc à se choper la crève et à se voir refuser l'accès aux Canaries parce qu'on a le covid. Du coup je suis allé chercher l'édredon dans ma voiture. Ce qu'il y a de bien c'est qu'ils permettent deux fois par jour pendant une demi-heure de pouvoir accéder à sa voiture, à certains horaires. 
Sur le navire on trouve tout ce qu'il faut : cafétéria, café ouvert tout le temps, une piscine à l'extérieur, une boutique où ils vendent des parfums, de l'alcool et un peu de nourriture. On a même droit à quelques appareils sur le pont pour faire du sport. L'intérieur est un mélange de bois sombres façon wengé, de canapé beige et de parquet miel. Ça donne une touche et une ambiance luxe et épurée. Tout le long des couloirs ils ont accroché de grandes photos artistiques des plus beaux coins des Canaries. On a qu'une envie c'est d'y être déjà pour se plonger dans ce décor. 
La nourriture n'est pas mauvaise et je suis étonné par le rapport qualité-prix. C'est 9,35 € pour chaque repas : entrée, plat, dessert. Il y a chaque fois le choix entre deux entrées et trois plats. pour le petit-déjeuner c'est 4,50 € et avec ça on a un jus d'orange un croissant un pain du bacon des oeufs brouillés et des saucisses. On n'a vraiment pas l'impression d'être au milieu de l'Atlantique. Ah oui j'oubliais il y a aussi le wifi gratuit à bord. 
Les sièges sont disposés dans différents salons avec un siège sur deux de condamné. Ils sont inclinables avec un repose-pied relevable mais les gens préfèrent à juste titre les fauteuils du café. Ce sont des canapés 2 places qui se font face avec une table basse qui les sépare. Il y a certains endroits où les tables basses ne sont pas fixées au sol de sorte qu'on peut rapprocher les deux canapés pour faire un grand carré. 
Pour la question du masque théoriquement faut tout le temps l'avoir mais très rapidement je l'ai laissé tomber dès que j'ai vu qu'il y en avait qu'ils ne le mettaient plus. Et puis une fois allongé à moitié caché sous mon édredon on ne voit plus rien. Je défie quiconque de pouvoir porter un masque pendant 27 heures c'est inhumain. Toute façon le bateau est si vaste qu'il  y a jamais quelqu'un à moins de 10 m. Et vu comme l'air est pulsé là-dedans le risque est faible. Il faut arrêter la psychose et vivre plutôt que de s'empêcher de vivre pour ne pas mourir.
La nuit a été assez mouvementée. Je n'ai pas arrêté de changer de place il y avait toujours un truc qui n'allait pas. Un cabot qui passait de quintes d'aboiements à des glapissement suraigus comme si on lui marchait sur la patte, des babillages, un groupe qui discutait fort en ricanant jusqu'à pas d'heure, un type qui devait recevoir des notifications sur son téléphone toutes les 5 minutes qui duraient une minute d'un espèce de truc affreux de carrousel. Bref les gens n'en ont rien à faire ils se croient tout seul.
14h07 heure des Canaries Lanzarote est en vue. Il me tarde de récupérer ma voiture et d'aller dormir dedans au calme. Je distingue La graciosa au fond, je me sens comme Christophe Colomb qui a navigué dans ces eaux-là c'est le passage obligé pour les Amériques, la dernière terre avant la grande traversée de l'Atlantique...


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