On en découvre tous les
jours ! Après le lagon d'hier qui ne porte pas de nom et ne
figure même pas sur les cartes, j'ai découvert une autre plage
après, Playa Francesa. C'est là où j'avais vu des voiliers au
mouillage. Qui plus est, derrière ma forteresses de flibustier,
j'avais été témoin des allées et venues de touristes pressés. De
quoi attiser ma curiosité. Bien m'en a pris.
Mais avant, retour au
village pour la préparation d'un pique-nique qui n'en finit plus
d'être frugal. Aujourd'hui c'est panne de courant généralisée, à
moins que cela soit comme ça tous les jours et qu'ils ne branchent
le groupe électrogène que le soir venu. Je suis donc rentré dans
une épicerie, ou plutôt dans une caverne devrais-je dire.
J'ai
attendu plusieurs minutes pour que mes yeux s'habituent à
l'obscurité. Pour pas grand chose au final. Ils ne vendent que des
produits de dépannage, des conserves, et autres trucs à faire
cuire. Au rayon frais on trouve quelques pauvres pots de yaourts. Les
fruits se résument à des oranges fripées, des mandarines trop
dures et quelques bananes sur l'étal depuis trop longtemps et qui
restent dans les mains quand on cherche à en trouver de plus
convenables parmi le régime. Il est loin le supermarché Mercadona
où j'avais l'habitude d'aller à Fuerteventura et dont je ressortais
avec des salades prêtes à consommer et un petit pavé de pain frais
aux olives kalamata.
Tant pis, j'ai pris les moins moches des
bananes. Seulement la caissière m'a fait comprendre que ce n'était
pas possible, me montrant d'un air désolé sa balance muette.
Évidemment, sans électricité... Qu'à cela ne tienne, j'ai plus
d'un tour dans mon sac. Curieusement Caleta del Sebo a une
demie-douzaine d'épiceries. Toutes du même acabit. On se demande
bien pourquoi ! Ils feraient mieux d'en faire qu'une avec plus
de choix. L'avantage est qu'on peut en rechercher une autre dotée de
balance à piles. Ah du temps des poids on n'avait pas ce souci !
Ils feraient bien d'y revenir. Tout est un cycle, le système n'était
pas aussi débile que cela.
J'entends déjà les progressistes crier
au scandale en levant les bras au ciel pour me dire : « et
pourquoi pas le boulier tant qu'on y est ? ». Ah le
bonheur des choses simples et indétraquables ! Autre époque,
on préfère le jetable, le Made in China, qu'on devrait rebaptiser
Made in Chia ! Pour la petite histoire j'en suis à mon deuxième
parasol. Le premier n'a survécu que deux jours au vent des Canaries.
Une baleine cassée dès le premier jour suivi par le piquet tordu en
l'enfonçant dans le sable le second. Ça, c'est le progrès !
Caleta del Sebo dispose
d'une école, si j'en juge les cris des mouflets derrière un mur
blanc qui donne l'impression d'une enceinte d'hôpital.
Ils n'ont pas
l'air de beaucoup étudier là dedans ! Même à plusieurs
centaines de mètres de là je les entendais encore. On ne voit
pourtant pas beaucoup de locaux. Les rues sont toujours désertes, à
part aux arrivées des bateaux. Le soir il y a bien une cafétéria
sur le port qui ne désemplit pas. Le lieu de socialisation de l'île,
où la terrasse est plongée dans un brouhaha de préau pendant que
les anciens regardent assis sur un banc, imperturbables comme des
nains de jardin, et que les gamins jouent au ballon sur la mini place
d'à côté en cognant dans les murs. Ce soir c’était match de
foot. Pour cela ils ont rebranché le courant ! Tout le monde
tournait le dos à la mer et au coucher de soleil pour scruter la
télé accrochée au mur.
Les restaurants ont été vidés de leurs
tables pour ne garder que les chaises, alignées en rang comme au
cinéma. De restaurant en restaurant les clameurs se propageaient
comme une vague à chaque but ou coup raté, les gens s’embrassant
ou se prenant la tête entre les mains. Même les touristes, excités
par l’ambiance avaient retourné leurs chaises en terrasse pour
regarder à travers la fenêtre, laissée grande ouverte pour
l'occasion. Tous, sauf moi ! Je préfère le ballet des mouettes
qui s'en foutent royalement...
Playa Francesa est une
plage délicieuse qui vous fera oublier qu'on se trouve en
Atlantique. Ce sont deux anses de sable presque blanc et aux eaux
turquoises d'où l'on jouit d'une vue fabuleuse sur Lanzarote.
Ah ces falaises ! Sans elle le spectacle serait moins beau. J'aime les plages où l'on a quelque chose à regarder au loin, autre que l'horizon. L'eau y est très calme. Les habitants de La Graciosa ont d'ailleurs surnommé ce détroit entre les deux îles El Rio. Et si on se lasse de regarder devant soi, on peut toujours regarder derrière. Il y a un beau volcan, Montaña Amarilla, au sommet tout plat, rouge en haut pour tirer vers le beige vers sa base. Il est parcouru de sillons comme autant de vallées de larmes. Je suis sûr qu'il doit y avoir moyen de l'explorer. J'y reviendrai un autre jour, chaque chose en son temps, chaque jour sa découverte.
Pour l'heure je suis tellement bien sur cette plage que je n'ai plus envie de bouger. Malheureusement je ne suis pas le seul à trouver le coin beau. Un énorme catamaran est arrivé sur les coups de 13 heures, déchargeant dans l'autre anse des flots de touristes en faisant des allers et retours de la plage vers le bateau en annexe. En moins de 20 minutes tout le monde avait débarqué, à grand renfort de cris stridents, de gosses en pleine crise de nerfs et de relents de crème solaire. Pourquoi n'y a-t-il que moi pour acheter des crèmes sans parfum ? Évidement, comme un chien qu'on sort de sa niche, les plus téméraires d'entre eux ont osé marcher plus de 100 mètres pour finir dans mon anse, pour plus de quiétude.
Pour eux. Mais pas pour moi. J'ai donc déménagé à plusieurs reprises. Les gens aiment bien se mettre les uns à côté des autres. Ça doit les rassurer. J'ai beau être à poil, ça ne les empêche pas pour autant. Le dernier naturiste a foutu le camp devant cette invasion. Moi je tiens bon. J'étais là avant la masse, ils ne me feront pas remettre le maillot. De toute façon je n'en ai pas. Heureusement à 15 heures la procession a fait chemin inverse et le catamaran a levé l'ancre, disparaissant derrière un cap avec sa musique et ses cris. La marée montante a effacé leurs traces sur le sable et les mouettes ont pu revenir. Signe que la plage était à nouveau à moi...
Ah ces falaises ! Sans elle le spectacle serait moins beau. J'aime les plages où l'on a quelque chose à regarder au loin, autre que l'horizon. L'eau y est très calme. Les habitants de La Graciosa ont d'ailleurs surnommé ce détroit entre les deux îles El Rio. Et si on se lasse de regarder devant soi, on peut toujours regarder derrière. Il y a un beau volcan, Montaña Amarilla, au sommet tout plat, rouge en haut pour tirer vers le beige vers sa base. Il est parcouru de sillons comme autant de vallées de larmes. Je suis sûr qu'il doit y avoir moyen de l'explorer. J'y reviendrai un autre jour, chaque chose en son temps, chaque jour sa découverte.
Pour l'heure je suis tellement bien sur cette plage que je n'ai plus envie de bouger. Malheureusement je ne suis pas le seul à trouver le coin beau. Un énorme catamaran est arrivé sur les coups de 13 heures, déchargeant dans l'autre anse des flots de touristes en faisant des allers et retours de la plage vers le bateau en annexe. En moins de 20 minutes tout le monde avait débarqué, à grand renfort de cris stridents, de gosses en pleine crise de nerfs et de relents de crème solaire. Pourquoi n'y a-t-il que moi pour acheter des crèmes sans parfum ? Évidement, comme un chien qu'on sort de sa niche, les plus téméraires d'entre eux ont osé marcher plus de 100 mètres pour finir dans mon anse, pour plus de quiétude.
Pour eux. Mais pas pour moi. J'ai donc déménagé à plusieurs reprises. Les gens aiment bien se mettre les uns à côté des autres. Ça doit les rassurer. J'ai beau être à poil, ça ne les empêche pas pour autant. Le dernier naturiste a foutu le camp devant cette invasion. Moi je tiens bon. J'étais là avant la masse, ils ne me feront pas remettre le maillot. De toute façon je n'en ai pas. Heureusement à 15 heures la procession a fait chemin inverse et le catamaran a levé l'ancre, disparaissant derrière un cap avec sa musique et ses cris. La marée montante a effacé leurs traces sur le sable et les mouettes ont pu revenir. Signe que la plage était à nouveau à moi...









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