En continuant
l'exploration de la côte est, on trouve Playa de la Cocina, tout à
l'extrémité de la pointe sud, qui selon mes souvenirs d’espagnol
signifie la plage de la cuisine. Allez savoir pourquoi ! Je n'y
allumerais pas un réchaud. Les vents ne savent plus dans quelle
direction souffler. Il y a un phénomène bien particulier aux
Canaries, c'est que quelque soit la côte que vous choisirez vous
aurez toujours le vent en pleine poire. Sa direction change selon la
côte où on se trouve, c’est une des facéties de la nature.
Évidemment si comme moi vous vous trouvez à une pointe, alors là
c’est le pompon. Vous avez le vent qui souffle en tout sens, mais
pas au même moment. Chacun son tour.
Le parasol ne sait plus où
donner de la tête. Et comme si ça ne suffisait pas, la plage étant
encastrée à la base d'un volcan, le vent descend avec force de là
haut avant d'être renvoyé par l'océan et les rochers, donnant des
bourrasques ascendantes qui vous soulèveraient de terre.
Cela n'empêche pas la
plage d'être absolument magnifique avec sa montagne rouge, qui
érodée en devient jaune orangé. Et puis avec le vent, tous ceux
qui essaient d'y passer la journée ont tôt fait de plier serviette
et barda, préférant la plage précédente, Playa Francesa, et ses
eaux calmes et lagoneuses. Sauf ceux que le vent attire. En effet,
avec ce phénomène les vagues n'en peuvent plus et on pourrait se
croire à Hawaï.
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| Les côtes de Lanzarote au fond |
Cela donne de gros rouleaux qui grossissent déjà
bien au large avant de s'écraser avec fracas sur les rochers
sombres. Du coup, on trouve quelques planches de body surf avec des
gars en combinaison intégrale. Pour la température de l'eau je la
trouve bonne. Cela donne à peu près la même chose que sur la côte
Aquitaine en plein moi d’août. La température s’est même
élevée au cours des derniers jours car je me souviens qu'à
Fuerteventura en arrivant je trouvais l'eau trop fraîche pour la
baignade. Pourtant la nuit il fait un froid glacial. Dès que le
soleil passe de l'autre côté de l'horizon arrive une chape de glace
qui vous met la goutte au nez. En fait c'est un effet ressenti à
cause du vent car les nuits sont autour de 16 degrés. La journée ça
monte à 25 ce qui peut sembler peu mais avec les tropiques pas bien
loin, il chauffe fort et on ne peut pas tenir dessous, à moins
d'avoir un parasol.
A marée haute la plage
est impraticable. Non seulement la mer monte jusqu'aux rochers mais
en plus les vagues y déferlent en balayant tout se qui s'y trouve de
droite et de gauche avant de repartir dans des vagues contraires qui
s'entrechoquent en gerbes. Une vraie machine à laver dans laquelle
je ne m'y risquerais pas. A la place j'ai fait comme tous les
autres, sur les coups de 4 heures je suis allé voir à Playa
Francesa. C'est tactique, c’est l'heure à laquelle les gens plient
leur serviette pour rentrer au village. Et puis c'est aussi celle où
il n'y a plus aucun bateau. Le catamaran de l'invasion est réapparu
aujourd'hui. Il est venu faire un tour à Playa de la Cocina. Mais
juste un tour, et de loin, impossible d'y jeter l'ancre au large et
de débarquer les gens en annexe. La nature déchaînée a du bon !
Au village c'est la
deuxième fois que je retourne à une cafétéria sur le port. Outre
le cadre qui me va à ravir, où l'on peut contempler les falaises
s'embraser au coucher su soleil avec les mats des voiliers qui
dodelinent doucement, j'ai ma place favorite, à côté d'un gros pot
de basilic en fleurs qui embaume à lui tout seul mais dont je me
plais à caresser les feuilles entre deux doigts pour les renifler
après. En plus on y mange bien et les deux serveurs sont très
gentils et vous font des blagues que je comprends plus ou moins. Il
faut dire que l’espagnol d'ici ne ressemble en rien à ce que je
connais. L'accent est un mélange entre le grec et le portugais. Sans
doute à cause du Brésil qui n’est plus si loin...






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