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vendredi 8 mai 2015

Playa de la Cocina

En continuant l'exploration de la côte est, on trouve Playa de la Cocina, tout à l'extrémité de la pointe sud, qui selon mes souvenirs d’espagnol signifie la plage de la cuisine. Allez savoir pourquoi ! Je n'y allumerais pas un réchaud. Les vents ne savent plus dans quelle direction souffler. Il y a un phénomène bien particulier aux Canaries, c'est que quelque soit la côte que vous choisirez vous aurez toujours le vent en pleine poire. Sa direction change selon la côte où on se trouve, c’est une des facéties de la nature. Évidemment si comme moi vous vous trouvez à une pointe, alors là c’est le pompon. Vous avez le vent qui souffle en tout sens, mais pas au même moment. Chacun son tour. 
Le parasol ne sait plus où donner de la tête. Et comme si ça ne suffisait pas, la plage étant encastrée à la base d'un volcan, le vent descend avec force de là haut avant d'être renvoyé par l'océan et les rochers, donnant des bourrasques ascendantes qui vous soulèveraient de terre.
Cela n'empêche pas la plage d'être absolument magnifique avec sa montagne rouge, qui érodée en devient jaune orangé. Et puis avec le vent, tous ceux qui essaient d'y passer la journée ont tôt fait de plier serviette et barda, préférant la plage précédente, Playa Francesa, et ses eaux calmes et lagoneuses. Sauf ceux que le vent attire. En effet, avec ce phénomène les vagues n'en peuvent plus et on pourrait se croire à Hawaï. 
Les côtes de Lanzarote au fond
Cela donne de gros rouleaux qui grossissent déjà bien au large avant de s'écraser avec fracas sur les rochers sombres. Du coup, on trouve quelques planches de body surf avec des gars en combinaison intégrale. Pour la température de l'eau je la trouve bonne. Cela donne à peu près la même chose que sur la côte Aquitaine en plein moi d’août. La température s’est même élevée au cours des derniers jours car je me souviens qu'à Fuerteventura en arrivant je trouvais l'eau trop fraîche pour la baignade. Pourtant la nuit il fait un froid glacial. Dès que le soleil passe de l'autre côté de l'horizon arrive une chape de glace qui vous met la goutte au nez. En fait c'est un effet ressenti à cause du vent car les nuits sont autour de 16 degrés. La journée ça monte à 25 ce qui peut sembler peu mais avec les tropiques pas bien loin, il chauffe fort et on ne peut pas tenir dessous, à moins d'avoir un parasol.


A marée haute la plage est impraticable. Non seulement la mer monte jusqu'aux rochers mais en plus les vagues y déferlent en balayant tout se qui s'y trouve de droite et de gauche avant de repartir dans des vagues contraires qui s'entrechoquent en gerbes. Une vraie machine à laver dans laquelle je ne m'y risquerais pas. A la place j'ai fait comme tous les autres, sur les coups de 4 heures je suis allé voir à Playa Francesa. C'est tactique, c’est l'heure à laquelle les gens plient leur serviette pour rentrer au village. Et puis c'est aussi celle où il n'y a plus aucun bateau. Le catamaran de l'invasion est réapparu aujourd'hui. Il est venu faire un tour à Playa de la Cocina. Mais juste un tour, et de loin, impossible d'y jeter l'ancre au large et de débarquer les gens en annexe. La nature déchaînée a du bon !
Au village c'est la deuxième fois que je retourne à une cafétéria sur le port. Outre le cadre qui me va à ravir, où l'on peut contempler les falaises s'embraser au coucher su soleil avec les mats des voiliers qui dodelinent doucement, j'ai ma place favorite, à côté d'un gros pot de basilic en fleurs qui embaume à lui tout seul mais dont je me plais à caresser les feuilles entre deux doigts pour les renifler après. En plus on y mange bien et les deux serveurs sont très gentils et vous font des blagues que je comprends plus ou moins. Il faut dire que l’espagnol d'ici ne ressemble en rien à ce que je connais. L'accent est un mélange entre le grec et le portugais. Sans doute à cause du Brésil qui n’est plus si loin...

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