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vendredi 25 janvier 2013

Out of Africa

25 janvier, 22:18
Roissy. Une allégresse me traverse à mesure que je laisse mes affaires en soute. Je retrouve la joie de cette plongée dans l'inconnue que je n'avais pas connue depuis de longs mois. C'est rafraîchissant. J'ai l'impression de reprendre là où je me suis arrêté le 30 avril dernier. Même si ce n'est que trois semaines. Mais ça je ne vais pas déjà y penser ! Pour l'heure je sens tout le négatif, toutes les tensions, toutes les emmerdes et toute cette misère se détacher de moi. Je suis neuf et tout m'amuse. Je souris béatement. Pourtant ce n'était pas gagné, je n'ai pas été pris par cette euphorie qui gagne avant le départ car occupé par les préparatifs et le travail. Même si je me suis arrangé pour le faire de la maison de manière à être aux plus près des bagages. Ça a été une course contre la montre toute la journée. Un planning de fou. Mais au final tout s'arrange. Je suis prêt pour l'aventure !
Ayant l'habitude de voyager léger, je ne voulais pas m'encombrer avec un blouson et des choses qui ne me seraient d'aucun recours à destination. Et pour la première fois je transporte une popote et un réchaud vu les endroits où je vais me rendre, au fond des parcs nationaux et au plus profond de la nature. Welcome to the wild ! J'ai donc fait minimaliste : un pantalon ultra léger en toile à même la bête - celui-là même que j'avais pour mon tour du monde, acheté à Guam - un gilet zippé, des Crocs au pied et un chèche autour du cou. Tout ça par des températures indécentes de moins c'est-pas-possible. Ah et j'oubliais : pour ne pas m'encombrer d'une ceinture (car à terme je finis toujours avec le fute qui descend sur les fesses), j'ai pris une ficelle que je me suis nouée à la mode Tom Sawyer. Pourquoi faire plus compliqué ? En plus ça pourra servir pour étendre le linge !



26 janvier, 0:08
Ça y est, on a décollé depuis dix minutes. L'embarquement n'en finissait plus, les gens faisant la queue pendant une bonne heure tandis que j'attendais sagement sur un siège que ça se passe. Pourquoi être comme ce bétail qu'on met sur des tapis roulants pour aller se faire égorger ? Je suis toujours le dernier à monter dans l'avion. Avec une place attribuée je ne vois pas l’intérêt de se précipiter.
Alors que je me trouvais sur la passerelle, j'ai été surpris de voir un avion à deux étages dont le pont supérieur était plus long qu'un Boeing et que je n'arrivais pas à voir en entier à travers le hublot. En regardant sur la gauche, c'est alors que j'ai vu siglé sur la carlingue : A380. C'est une surprise ! Juste quand j'écrivais que je reprenais là où je m'étais arrêté fin avril, voilà que je repars avec le même avion que celui par lequel je suis rentré. Si ce n'est pas un signe du destin....
Je suis content, j'ai une rangée sur le côté de l'appareil sans bloc central sur ma gauche. J'ai à la place un couloir qui permet de passer d'un côté à l'autre de l'avion. J'ai réussi à avoir mon siège couloir fétiche et il n'y a personne à ma droite. En relevant l'accoudoir c'est maintenant grand luxe ! Situé juste 3 rangées derrière la classe première, j'observe ce qui s'y trame. Deux pèlerins seulement occupent l'espace, avec des stewards qui se perdent en courbettes et génuflexions. Là bas, ils se mettent à hauteur du passager pour le servir. En classe économique, c'est autre chose, les PNC comme on les appelle restent bien droits et vous regardent donc de haut depuis votre pauvre fauteuil dans lequel vous êtes bêtement engoncé.
L'A380 est un beau bébé. Il a une caméra située en haut de la queue de l'appareil qui permet de voir ce qui se passe dehors comme si on était perché là haut. Les annonces de sécurité sont enregistrées en multi-langues, les PNC donnant l'impression de n'être là du coup que comme simples serveurs. Au moment du décollage je regardais l'avion sur l'écran. Il allait toujours à la même vitesse malgré cette ligne droite éclairée qui semblait interminable. Je me demandais quand il allait pousser les gaz à fond, pourquoi tardait-il à mettre la poussée ? A ce rythme on allait arriver au bout de la piste... C'est alors que je vis que nous avions quitter terre. On ne sent donc rien, c'est vraiment impressionnant. Pas de bruit de réacteurs, pas d'impression non plus de monter. C'est en regardant les rideaux du couloir qui ne tombaient plus à la verticale qu'on comprend qu'on monte. Ça fait vraiment drôle.
Avec la piste enneigée qui s'éloigne et les lumières qui disparaissent, je me dis que c'en est fini. Je suis autorisé à quitter ce pays de grand froid et de misère. Un demi tour sur soi-même et hop, direction l'Afrique. C'est la première fois que je vais mettre un pied sur ce continent. Ça me fait quelque chose. En plus en salle d'embarquement il y avait un écran qui passait en boucle la météo du monde entier. Demain vous aurez -4 en France. Pour moi, ne vous inquiétez pas, juste un petit 39 degrés ! Ce sera dans 9h30... En attendant, une hôtesse asiatique aux cheveux en pétard est venue me voir pour me demander si j'étais bien qui je suis ! Mon menu spécial végétarien arrive... Je vous laisse, je vais déguster ça avec une sélection de vins fins et un petit apéritif, question de fêter ce moment d'exception. L'Afrique...

1:13
Tout à l'heure je parlais de signe du destin. Un autre qui ne trompe pas: j'ai reçu aujourd'hui un mail de Anne-Laure dont je n'avais plus de nouvelles depuis que j'étais rentré. Mais si, rappelez-vous, la fille que j'avais rencontrée à Koh Tarutao, avec qui j'étais allé à la plage Ao Moale voir Gismo, ce finlandais qui y vivait sur la plage en Robinson... Anne-Laure a la nostalgie de Koh Tarutao et à travers ses écrits et ses impressions, elle m’entraîne vers cette petite flamme que j'avais enfouie quelque part dans mon cœur et qui a resurgi à l'évocation de Koh Tarutao. Moi aussi il faudra que j'y retourne. Cet endroit est purement incroyable. Je pourrais y rester des mois. Je rêve d'y planter à nouveau ma tente au bord de la plage, sous les filaos, suspendant ma serviette entre deux troncs, avant d'aller me baigner, me promener ou goûter à la cuisine préparée par les gardes. C'est un petit paradis...
Parenthèse refermée, je suis aussi très excité d'aller en Afrique du Sud. Ils ont intérêt à se montrer ces bestiaux ! J'y vais tout de même un peu pour eux. En planifiant ce voyage en juin dernier (quand je rentre d'un voyage il faut toujours que je prépare le suivant sinon je déprime!), j'avais hésité avec le Costa Rica. Ce pays m'attire aussi mais après 7 mois de tropiques, j'avais envie de connaître d'autres paysages et de me replonger dans une ambiance un peu australienne... la distance en moins ! Et puis avec les livres que j'ai (dont ma nouvelle bible « les 1001 merveilles de la nature qu'il faut avoir vu dans sa vie »), l'Afrique du Sud tient toujours une imposante partie pour ses richesses naturelles. Je vais vous raconter tout ça ! Mais en attendant je sirote une coupe de champagne. Chose promise....

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