25 janvier, 22:18
Roissy. Une allégresse
me traverse à mesure que je laisse mes affaires en soute. Je
retrouve la joie de cette plongée dans l'inconnue que je n'avais pas
connue depuis de longs mois. C'est rafraîchissant. J'ai l'impression
de reprendre là où je me suis arrêté le 30 avril dernier. Même
si ce n'est que trois semaines. Mais ça je ne vais pas déjà y
penser ! Pour l'heure je sens tout le négatif, toutes les
tensions, toutes les emmerdes et toute cette misère se détacher de
moi. Je suis neuf et tout m'amuse. Je souris béatement. Pourtant ce
n'était pas gagné, je n'ai pas été pris par cette euphorie qui
gagne avant le départ car occupé par les préparatifs et le
travail. Même si je me suis arrangé pour le faire de la maison de
manière à être aux plus près des bagages. Ça a été une course
contre la montre toute la journée. Un planning de fou. Mais au final
tout s'arrange. Je suis prêt pour l'aventure !
Ayant l'habitude de
voyager léger, je ne voulais pas m'encombrer avec un blouson et des
choses qui ne me seraient d'aucun recours à destination. Et pour la
première fois je transporte une popote et un réchaud vu les
endroits où je vais me rendre, au fond des parcs nationaux et au
plus profond de la nature. Welcome to the wild ! J'ai donc fait
minimaliste : un pantalon ultra léger en toile à même la bête
- celui-là même que j'avais pour mon tour du monde, acheté à Guam
- un gilet zippé, des Crocs au pied et un chèche autour du cou.
Tout ça par des températures indécentes de moins
c'est-pas-possible. Ah et j'oubliais : pour ne pas m'encombrer
d'une ceinture (car à terme je finis toujours avec le fute qui
descend sur les fesses), j'ai pris une ficelle que je me suis nouée
à la mode Tom Sawyer. Pourquoi faire plus compliqué ? En plus
ça pourra servir pour étendre le linge !
26 janvier, 0:08
Ça y est, on a décollé
depuis dix minutes. L'embarquement n'en finissait plus, les gens
faisant la queue pendant une bonne heure tandis que j'attendais
sagement sur un siège que ça se passe. Pourquoi être comme ce
bétail qu'on met sur des tapis roulants pour aller se faire
égorger ? Je suis toujours le dernier à monter dans l'avion.
Avec une place attribuée je ne vois pas l’intérêt de se
précipiter.
Alors que je me trouvais
sur la passerelle, j'ai été surpris de voir un avion à deux étages
dont le pont supérieur était plus long qu'un Boeing et que je
n'arrivais pas à voir en entier à travers le hublot. En regardant
sur la gauche, c'est alors que j'ai vu siglé sur la carlingue :
A380. C'est une surprise ! Juste quand j'écrivais que je
reprenais là où je m'étais arrêté fin avril, voilà que je
repars avec le même avion que celui par lequel je suis rentré. Si
ce n'est pas un signe du destin....
Je suis content, j'ai une
rangée sur le côté de l'appareil sans bloc central sur ma gauche.
J'ai à la place un couloir qui permet de passer d'un côté à
l'autre de l'avion. J'ai réussi à avoir mon siège couloir fétiche
et il n'y a personne à ma droite. En relevant l'accoudoir c'est
maintenant grand luxe ! Situé juste 3 rangées derrière la
classe première, j'observe ce qui s'y trame. Deux pèlerins
seulement occupent l'espace, avec des stewards qui se perdent en
courbettes et génuflexions. Là bas, ils se mettent à hauteur du
passager pour le servir. En classe économique, c'est autre chose,
les PNC comme on les appelle restent bien droits et vous regardent
donc de haut depuis votre pauvre fauteuil dans lequel vous êtes
bêtement engoncé.
L'A380 est un beau bébé.
Il a une caméra située en haut de la queue de l'appareil qui permet
de voir ce qui se passe dehors comme si on était perché là haut.
Les annonces de sécurité sont enregistrées en multi-langues, les
PNC donnant l'impression de n'être là du coup que comme simples
serveurs. Au moment du décollage je regardais l'avion sur l'écran.
Il allait toujours à la même vitesse malgré cette ligne droite
éclairée qui semblait interminable. Je me demandais quand il allait
pousser les gaz à fond, pourquoi tardait-il à mettre la poussée ?
A ce rythme on allait arriver au bout de la piste... C'est alors que
je vis que nous avions quitter terre. On ne sent donc rien, c'est
vraiment impressionnant. Pas de bruit de réacteurs, pas d'impression
non plus de monter. C'est en regardant les rideaux du couloir qui ne
tombaient plus à la verticale qu'on comprend qu'on monte. Ça fait
vraiment drôle.
Avec la piste enneigée
qui s'éloigne et les lumières qui disparaissent, je me dis que c'en
est fini. Je suis autorisé à quitter ce pays de grand froid et de
misère. Un demi tour sur soi-même et hop, direction l'Afrique.
C'est la première fois que je vais mettre un pied sur ce continent.
Ça me fait quelque chose. En plus en salle d'embarquement il y avait
un écran qui passait en boucle la météo du monde entier. Demain
vous aurez -4 en France. Pour moi, ne vous inquiétez pas, juste un
petit 39 degrés ! Ce sera dans 9h30... En attendant, une
hôtesse asiatique aux cheveux en pétard est venue me voir pour me
demander si j'étais bien qui je suis ! Mon menu spécial
végétarien arrive... Je vous laisse, je vais déguster ça avec une
sélection de vins fins et un petit apéritif, question de fêter ce
moment d'exception. L'Afrique...
1:13
Tout à l'heure je
parlais de signe du destin. Un autre qui ne trompe pas: j'ai reçu
aujourd'hui un mail de Anne-Laure dont je n'avais plus de nouvelles
depuis que j'étais rentré. Mais si, rappelez-vous, la fille que
j'avais rencontrée à Koh Tarutao, avec qui j'étais allé à la
plage Ao Moale voir Gismo, ce finlandais qui y vivait sur la plage en
Robinson... Anne-Laure a la nostalgie de Koh Tarutao et à travers
ses écrits et ses impressions, elle m’entraîne vers cette petite
flamme que j'avais enfouie quelque part dans mon cœur et qui a
resurgi à l'évocation de Koh Tarutao. Moi aussi il faudra que j'y
retourne. Cet endroit est purement incroyable. Je pourrais y rester
des mois. Je rêve d'y planter à nouveau ma tente au bord de la
plage, sous les filaos, suspendant ma serviette entre deux troncs,
avant d'aller me baigner, me promener ou goûter à la cuisine
préparée par les gardes. C'est un petit paradis...
Parenthèse refermée, je
suis aussi très excité d'aller en Afrique du Sud. Ils ont intérêt
à se montrer ces bestiaux ! J'y vais tout de même un peu pour
eux. En planifiant ce voyage en juin dernier (quand je rentre d'un
voyage il faut toujours que je prépare le suivant sinon je
déprime!), j'avais hésité avec le Costa Rica. Ce pays m'attire
aussi mais après 7 mois de tropiques, j'avais envie de connaître
d'autres paysages et de me replonger dans une ambiance un peu
australienne... la distance en moins ! Et puis avec les livres
que j'ai (dont ma nouvelle bible « les 1001 merveilles de la
nature qu'il faut avoir vu dans sa vie »), l'Afrique du Sud
tient toujours une imposante partie pour ses richesses naturelles. Je
vais vous raconter tout ça ! Mais en attendant je sirote une
coupe de champagne. Chose promise....




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire