mais le littoral était épargné. Ici c'est une toute autre histoire. Il y a un vent pas possible et il pleut non stop. Aucune visibilité, tout est noyé dans les nuages. La température ne dépasse pas 11 la journée. Impossible de mettre un pied dehors, on essuie averse sur averse. J'ai bien essayé de faire un pas dans le parc national de Garajonay mais j'ai dû abréger la balade au bout de 15 minutes.
Malgré tout la forêt du parc de Garajonay est toujours aussi belle, quel que soit le temps. C'est la laurisilva qui couvre tout le cœur de l'île sur 3984 hectares. C'est la dernière forêt vierge d'Europe, une forêt humide de lauriers et de bruyères hautes comme des arbres qui couvrait l'Europe entière il y a 65 millions d'années. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les arbres sont très serrés, les troncs biscornus couverts de mousse et de lichen. C'est une ambiance de contes très particulière.
Le parc regorge de sentiers de randonnée dans un relief escarpé sillonné de ravins. On trouve de nombreux miradors qui offrent des points de vue à couper le souffle. Sauf qu'entre les nuages et la pluie on ne sait même plus où on est.
Heureusement l'île n'est pas bien grande, 369 km carrés. De forme ronde elle fait grosso modo 50 km de diamètre. Elle culmine quand même à 1487 m au mont Garajonay. Le nom vient d'une légende, celle de Gara et Jonay, deux jeunes amants guanches à qui il était interdit de s'aimer et qui ont décidé de s'y suicider plutôt que de vivre séparés.
A la recherche d'un temps plus clément je descends à Valle Gran Rey, village touristique principal de la Gomera, niché au fond d'un barranco très pittoresque avec ses cultures en terrasses et ses palmiers. On y trouve la meilleure plage de l'île, Playa del Ingles, au pied de falaises, entre rochers et sable noir. Il y a plein de recoins pour s'abriter du vent derrière des murets de galets ou les tamaris. Certains SDF vivent même ici, cachés sous des tamaris très serrés et inextricables.
Même s'il y a progrès sur la côte, le vent est encore trop fort pour envisager quoi que ce soit comme activité. La pluie s'est arrêtée et les nuages semblent être repoussés vers le centre. Je décide donc de remonter faire de jolies photos dans la brume. Seulement à peine là-haut qu'il pleut des cordes. Je passe donc de l'autre côté de l'île, direction Vallehermoso, à la recherche d'une pinède où patienter le temps que ça s'améliore.Seulement voilà mes souvenirs me jouent des tours. Impossible de trouver une forêt de pins sur la Gomera. Pourtant il me semblait en avoir vu. C'est un peu comme l'histoire des lacs de Gran Canaria. C'est ainsi que je me retrouve sur la côte nord à errer. Déjà ce n'est pas très drôle de conduire pour visiter, alors quand il n'y a pas de but c'est encore pire. En plus le temps est encore plus mauvais sur cette côte exposée aux alizés. Je décide donc de remonter dans le parc et de prendre mon mal en patience en restant coincé dans la voiture le temps nécessaire.
En chemin je tombe sur le centre des visiteurs qui a un très joli parc floral tout autour dans lequel je m'attarde. Il y a des fleurs étonnantes, des fougères arborescentes, ça a un côté Nouvelle-Zélande.
En reprenant la route vers le parc j'ai trouvé un coin idéal pour le bivouac derrière une réserve d'eau douce. J'ai passé l'après-midi là, toute façon il y a rien d'autre à faire. J'avais prévu de rester plus d'une semaine à La Gomera mais le temps vient bousculer mes plans. Une fois installés les nuages vont tournicoter autour des reliefs pendant des jours. J'aimerais quand même avoir un jour où le soleil perce pour aller me balader dans le parc national. Après je pourrai rentrer sur Ténérife.
Alors que le printemps pointe sont nez en France et que les températures redeviennent clémentes, les Canaries offrent moind d'attrait. Et après plus de 2 mois ici je finis par éprouver une certaine lassitude. J'ai envie de me poser tranquille chez moi, d'avoir une douche chaude et tout ce qu'il faut. Bref j'ai avancé la date de mon retour sur la péninsule d'une semaine. C'est ce qu'il y a de bien avec le bateau. Un petit message sur WhatsApp et hop c'est fait. Après la Gomera il me restera une semaine sur Ténérife que je compte passer sur les pinèdes autour du Teide, mon coin préféré avec El Hierro...
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