Depuis Maspalomas le plus court est ce qui semble le plus long sur la carte : remonter toute la côte dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Par contre le relief n'est pas accidenté en passant par là et c'est quasiment que de l'autoroute. Pour ce qui est de l'aventure en revanche on repassera.
Je regrette un peu de ne pas être allé dans la pinède de Tamadaba l'autre jour. Elle n'est pas loin du tout d'Agaete et comme le bateau n'est qu'à 14h il me reste la matinée pour essayer de m'y rendre. Mon GPS indique un accès à Tamadaba dans l'autre sens depuis Maspalomas, c'est-à-dire celui des aiguilles d'une montre, en repassant par la route tout en lacets que je n'avais pas forcément envie de refaire, celle de Mogan vers le bled affreux de La Aldea. Mais après une bonne nuit de sommeil je n'ai pas trouvé la route si pénible que ça. En revanche arrivé au dernier col qui permet de descendre sur La Aldea, changement de temps radical. Je passe d'un franc soleil à une purée de pois projetée par un vent violent. En dessous il flotte. Ah ces micro climats des Canaries ! Je suis toujours sidéré par la soudaineté de leur apparition, il n'y a jamais de transition.
Petite déception le GPS m'indique que je suis arrivé à destination alors que je suis en plein milieu d'un tunnel ! Sorti de là, la route est tout en corniche, haut perchée au-dessus de la mer. Je suppose que dans le temps la route devait peut être passer par ailleurs. Mais je pense plutôt que le GPS s'est planté. C'est tellement abrupt que je suis bien arrivé à la pinède de Tamadaba.... mais 1000 mètres plus bas.! J'avais tout de même trouvé un peu bizarre que la forêt soit si proche du rivage alors que les pins des Canaries ne sont pas sur le littoral et poussent à plus de 1000 m d'altitude. Tant pis pour la forêt brûlée de Tamadaba.
Du coup ça m'a fait arriver à Agaete à 9h. Sur la route en corniche très impressionnante il n'y a pas moyen de flâner. Impossible de s'arrêter ne serait-ce que pour prendre une photo. Quand ils ont taillé la route ils ne se sont pas embarrassés de fioritures à faire des parkings pour des miradors. C'est déjà un tel exploit d'avoir tracé une route par là dedans. Je suis arrivé trop tard pour prendre un bateau plus tôt. Il est parti à 8h. Il ne me reste plus qu'à patienter jusqu'à 14h. J'ai trouvé un parking très étrange en terrasse avec des murets tout autour et un espèce de dédale pour y accéder. Il y avait 4 camping-cars, encore en train de dormir. Je ne suis pas resté plus de 5 minutes, c'etait un concert symphonique de coqs et de chiens en freestyle.
Que faire ? La carte affiche une route ornée de vert (comme pour pittoresque) qui part d'Agaete et s'enfonce dans la vallée du même nom pour finir en cul-de-sac... sous la forêt de Tamadaba! Avec un peu de chance il doit y avoir moyen de l'apercevoir.
Le vrai village d'Agaete, pas celui du bateau qui n'est qu'une version nouvelle pour son port, est un vieux village complètement tarabiscoté. Les ruelles sont extrêmement étroites. Et pourtant le village n'est pas dans une vallée spécialement encaissée. C'est comme si le village avait grossi de l'extérieur vers l'intérieur. On s'y perd, c'est plein de rues mal indiquées, à sens unique qu'on est obligées de suivre en se demandant où cela nous mènera à mesure à mesure que ça se rétrécit de plus en plus. On roule au pas pour ne pas y laisser un rétroviseur ou renverser un pot de géranium.
Une fois quitté le village, la vallée devient très belle. Elle se rétrécit nettement et la route prends de la hauteur vers le fond. Un panneau indique qu'il ne faut pas l'emprunter un jour de pluie car elle est très raide et on a vite fait de perdre le contrôle de son véhicule. D'ailleurs comme pour mieux dissuader, il est indiqué que ça se termine en cul de sac. Ce n'est pas ça qui m'arrêtera. En jetant un œil je peux voir qu'elle va encore très loin. En plus les pins commencent à faire leur apparition, ce n'est pas le moment d'en rester là. Je veux juste un petit recoin où je puisse me garer sous les pins et prendre le petit-déjeuner.
Ça tombe bien parce qu'à un moment il y a un parking monoplace devant un mirador. De là on a une vue d'aigle sur le fond de la vallée avec quelques maisons suspendues dans le vide à flanc de montagne. Je ne sais pas comment font les gens qui vivent là pour y aller. C'est impossible qu'une route grimpe là-haut. Ils doivent avoir un âne qui les attend, ce n'est pas possible autrement. C'est un très beau coin pour passer la matinée. Hélas la pluie m'a pas tardé à redoubler d'intensité. Coincé dans la voiture, j'ai trouvé que c'était un peu idiot d'être venu jusque là. Du coup je suis retourné sur le port où il ne pleuvait plus. J'ai picniqué sur la jetée en attendant d'embarquer. C'est là que se termine mon séjour sur Gran Canaria. Retour à Ténérife !
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