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dimanche 29 mai 2011

La Gomera


La Gomera est une île espagnole comprise dans l’archipel des Canaries, située au sud ouest de Ténérife. C’est une île toute ronde de 372 km2, peu connue car un peu à l’écart et pas très développée (juste un peu plus de 20 000 habitants). C’est une île volcanique et montagneuse, même si le plus haut sommet n’atteint que 1487 mètres, avec de grands barrancos (canyons) qui découpent ses flancs.
Je me suis rendu à La Gomera au cours de l’été 2011 pour continuer mon exploration des Canaries. Je voulais au sein d’un même voyage visiter les 4 dernières îles qu’il me restait à découvrir mais je n’ai pu voir que La Gomera, La Palma et Grande Canarie, El Hierro étant trop éloignée des autres, mal desservie et très chère par le bateau. Pour ce voyage, l’avion m’a laissé à Ténérife d’où j’ai loué directement une voiture en l’embarquant sur les ferrys. Je trouvais cette formule plus souple que de devoir louer sur chaque île.
La Gomera est absolument étonnante. Elle comporte en son centre un parc magnifique, le Parc national de Garajonay. C’est un royaume de brumes, de mousses, de bruyères hautes comme des arbres. Les paysages sont féériques et ont l’air tout droit sortis de l’imaginaire de Tolkien. Les nuages restent accrochés en permanence aux sommets, donnant un microclimat exceptionnel qui fait le bonheur d’une végétation exubérante, laissant les bords du rivage au soleil. Ici point de plages de sable blond. Il y a d’ailleurs peu de plages. La plus belle reste cependant celle de El Ingles, toute de sable noir avec des montagnes ocres et grenats qui la surplombent. C’est là que je dormais le plus souvent, abrité du vent par des arbustes derrière la plage. Si vous vous y aventurez vous constaterez aussi que d’autres personnes campent par là. Il y a même des tentes à l’année !
L’attrait majeur de la Gomera reste cependant son parc national dont le plus bel endroit à visiter se trouve à Laguna Grande. Ce parc est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco, c’est pour dire. Vous y trouverez les restes d’une forêt primaire qui couvrait jadis toute l’Europe au Tertiaire et qui ne subsiste désormais qu’ici. J’y passais mes journées, hypnotisé par l’ambiance, occupé à prendre des photos au cours de balades où chaque pas dessinait un nouveau tableau. Il faut ouvrir l’œil, un rayon de soleil à travers la brume et c’est une nouvelle scène enchanteresse qui apparait, tout de suite balayée par un brouillard épais pénétrant où les gouttelettes d’eau perlent comme autant de diamants des mousses et feuilles.
J’ai l’immense privilège d’avoir pu visiter cette merveille avant des incendies qui ont ravagé l’île en 2012, détruisant 10% du parc. Gageons que la nature réussira à reprendre ses droits.


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