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mercredi 15 mars 2006

Goa


Goa est un état de l’Inde, sur la côte ouest à 500 km environ au sud de Mumbai. C’est une ancienne colonie Portugaise qui a gardé un patrimoine religieux riche: on y trouve un peu partout de nombreuses églises datant des XVIe et XVIIe siècles. C’est aussi l’état le plus libertaire d’Inde, ce qui lui a valu par le passé d’être un havre de paix pour hippies, dont certains y vivent encore. Cette destination est de nos jours prisée par une jeunesse Anglaise qui y vient pour passer des vacances d’hiver au soleil pour pas cher et déboule par charters entier. Cela évidemment se fait ressentir dans les « stations balnéaires » où vous verrez plus d’occidentaux que d’Indiens. Mais il suffit de s’en éloigner un peu, de marcher le long de ses côtes de sable ininterrompues pour aller à la rencontre des Indiens qui vivent là, de la pêche et de l’air du temps. Ils viendront vers vous, mais jamais pour vous demander de l’argent.  
En fin d’après midi tout le monde se rend sur la plage, pour se promener, se détendre, bavarder ou jouer au cricket. Et on assiste alors à de magnifiques processions de femmes vêtues de saris chatoyants.  
Je me suis rendu à Palolem en Mars 2006. J’avais choisi un hébergement ayurvédique qui semblait être très prometteur, malheureusement après une nuit passé sans dormir en raison de concerts de chiens, j’ai déguerpi dès le lendemain pour prendre des huttes sur la plage, pensant être plus tranquille. Mais ce que je ne savais pas c’est que les chiens pullulent comme des rats, se nourrissant dans les poubelles des restaurants. Le jour, la plage est un défilé permanent de chiens hirsutes, borgnes ou/et pouilleux qui exhibent leurs moignons, pelades et autres plaies suintantes et qui passent leur temps à se gratter frénétiquement à 5 cm de vous !
La nuit c’est l’enfer : quand les Anglais finissent leurs conversations alcoolisées sans fin, les chiens prennent la relève et se prennent pour des loups. Une nuit n’en tenant plus je me suis levé, m’emparant d’une longue perche et courant sur la plage pour les faire fuir.  
Si vous y allez, ne restez pas à Palolem la journée, à moins que vous appréciiez être avec des occidentaux et être harcelés par des marchands ambulants qui cherchent à refiler tout un tas de trucs inutiles : billets de tombola, bijoux, colliers de fleurs... A côté de ça on trouve quand même des femmes qui arpentent les plages avec de grandes corbeilles de fruit juchées sur leur tête. Noix de coco, bananes, mangues (parfois pourries...), pastèques, pour 3 fois rien !  
En revanche, en allant au-delà, après Patnem, les choses deviennent très vite intéressantes, sauvages avec personne en vue. Et après plusieurs heures de marche et après avoir demandé à un pécheur de traverser une rivière sur sa pirogue qui n’a un flotteur que d’un côté, vous arriverez à Galjibaga, une plage immense et complètement déserte, préservée car c’est un site de ponte de tortues. Je l’ai découverte par hasard, explorant la côte de plages en plages… J’en garde un souvenir fabuleux. Malgré la longueur de la marche j’y suis allé 2 fois. En si je devais y retourner, c’est là que je resterais, vivant en Robinson. Certains du reste l’ont faits : tapez Galjibaga dans Google photos, vous verrez !  
J’ai aussi été très ébloui par l’honnêteté des Indiens, même si l’on ressent la pauvreté il n’y a pas de vol. J’ai d’ailleurs une anecdote remarquable : lors de ma deuxième échappée à Galjibaga, au retour je n’avais pas de monnaie pour régler le pécheur qui me demanda 50 roupies (environ 1 euro) une fois arrivés de l’autre côté de la berge. Je lui tendis avec la honte de l’occidental riche un billet de 500. N’ayant pas de monnaie sur lui, il me proposa de retourner de l’autre côté faire le change chez lui pendant que je l’attendrais là. Quand je l’ai vu partir, luttant contre le courant, je compris très vite que je ne reverrais jamais cet argent qui représentait sans doute plus que ce qu’il pourrait gagner en un mois. Mais j’attendis quand même un instant pour voir. Et il revint ! Et avec le compte, qu’il me tendit avec un grand sourire. Très ému par son geste je lui payai le prix de 4 voyages, puisqu’il en avait fait 3 de plus pour me rendre la monnaie. Ainsi sont les Indiens !

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